OEL1U5E
Lebrun , pour un arlislc, esi un nom trop commun ; )c m*apiM.‘llc Bclrosc.
Eh bien ! Belrose |>as$e,
Te souviciu-il, mon cher , qu'autrefuis dans la classe Tu lo mêlais déjà de déclamalton ?
Ton instinel l'y porlail.
BELROSE.
Dis ma voealion.
To voilà doue acteur : c'est un métier fort triste.
DELROSE.
Eu nous parlant, vois-lu, le mol propre est arlislc. GRANVILLE.
Ariisto si tu veux; si bien que ton appui Beut m'impalroniscr dans la lrou{>c aujourd'hui.
BELROSE.
Tu le feras chasser avec ignominie :
La troupe! eh! d’où viens-tu? Dis donc la compagnie.
A tout propos, morbleu! veux-tu me contrôler?...
Je n’ai qu’à dire un mot, mon citer, tu vas trembler.
BELROSE.
Quel est ce mot terrible ?
Écoule : on vous menace D un coup d autorité dont le seul bruit vous glace.
OELROSE.éloniiÿ.
C est vrai : Paris vers nous détache un ins|>ccleiir Qui doit porter dans l'ombre un mil observateur,
JjI pour \engcr les droits de l’art en décadence I* oudroyer nos talents dans sa coiTCS[)ondanee. Serais-tu par hasard...
Oui ; chut !
liELROSE, avec eirilâion.
le )(' revoi ,
I (^'t excellent antil va, je )>ensais à lui :
I En lisant Ion billet j’ai )>lcuré de tendresse.
I GRANVILLE
: Je le crois ; sois prudent.
! BSLRUSE , tm.
I J’approuve ton adresse-
Je puis te découvrir d’effroyables abus,
Si tu veux à Paris protéger mes débuts.
Soit; mais tu vas tout dire.
j BELROSE.
1 Ali! qu'à cela ne tienne.
I GRANVILLE,! part.
Voyons s'il pousse loin la charité chrétienne.
I BELROSE.
Tous les emplois sont nuis, hors celui des valclsi.
Que tu tiens?
BELROSE.
’ J'ose dire avec quelque succè.s.
Nos affafres vont mal ; parmi nous.comineà Home, j Alors pour dictateur on choisit un grand homme; El Floridorc élu dans ce besoin urgent ,
Est chef d'un comité qu’on nomme dirigeaiii. lïe ccconseil des cinq ton serviteur est inciiibrc ,
I El gouverne l'état d'avril jusqu’en .septembre. Floridorc a du sens, des lumières, du goût;
Il a tout, il sait tout , il se vante de tout.
Fièrement retranché dans sa froide importance,
11 vous (>arle toujours à dix pieds de distance, .\rrangc son maintien , calcule un geste, un mol : Voilà son beau côté; du reste , c'csl un sol.
Ce débul-là promet.
BELROSE.
Oh! pour madame Estelle...
Je ne la connais pas.
BELROSE.
La chose est naturelle ;
Elle obtint par faveur un congé de deux mois I Qu'un arrêt du conseil prorogea jusqu'à trois, i Elle rentre ce soir : soubrette du lliêàlre .
Elle aspire aux bravos du parterre idolâtre.
C'est ])cu : vive en intrigue et coquette à l’excès, Elle aime tous les arts , poursuit tous les succès. Protège les auteurs , arrange les querelles.
Rend visite aux journaux pour les pièces nouvelles. Dans scs brusques écarts désolant vingt rivaux, Idlc ehcrche un êimiix et par monts et par vaux.
LES COMÉDIENS. — ACTE I
Son aiilamnc s'approche, et Lisette a la rage I
De couvrird’un contrat les péchés du bel :lgc. I
(iRAIIVILLE
Fort bien.
BCLIOSE.
Plus d*nn hymen fui par elle cbaiiché ;
Mais pour un mil de femme est-il rien de caché ? ;
Poe dame Blinval, notre grande coquclie.
Déjoue incessaromcnl les projets de Lisette , - 1
Ft donne aux trahisons un tour original |
Qu on n a pas pu prévoir dans le code pénal !
Son esprit inrentif par instinct $c fatigue i
\ réver aux moyens d’éventer une intrigue.
F.lle épousa Blinval à dix-sept ans au plus. •
II était jeune alors : à regrets superflus ! ;
Ce jeune et )>cau Rodrigue est aujourd'hui don Diègiio: ' Aux hoiincursdu soufliet son :\ge le relègue. '
Ces tranquilles époux , d’un commun sentiment,
Fn SC voyant toujours vivent séparément :
Ils ne se parlent plus depuis leur mariage ;
Aussi dit-on partout qu’ils font très-bon ménage.
UR\SVI1.U.
Ft que dit-on de toi?
BBLROSE.