‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 132 sur 669 · OEL1U5E · texte numérisé non relu

OEL1U5E

Lebrun , pour un arlislc, esi un nom trop commun ; )c m*apiM.‘llc Bclrosc.

Eh bien ! Belrose |>as$e,

Te souviciu-il, mon cher , qu'autrefuis dans la classe Tu lo mêlais déjà de déclamalton ?

Ton instinel l'y porlail.

BELROSE.

Dis ma voealion.

To voilà doue acteur : c'est un métier fort triste.

DELROSE.

Eu nous parlant, vois-lu, le mol propre est arlislc. GRANVILLE.

Ariisto si tu veux; si bien que ton appui Beut m'impalroniscr dans la lrou{>c aujourd'hui.

BELROSE.

Tu le feras chasser avec ignominie :

La troupe! eh! d’où viens-tu? Dis donc la compagnie.

A tout propos, morbleu! veux-tu me contrôler?...

Je n’ai qu’à dire un mot, mon citer, tu vas trembler.

BELROSE.

Quel est ce mot terrible ?

Écoule : on vous menace D un coup d autorité dont le seul bruit vous glace.

OELROSE.éloniiÿ.

C est vrai : Paris vers nous détache un ins|>ccleiir Qui doit porter dans l'ombre un mil observateur,

JjI pour \engcr les droits de l’art en décadence I* oudroyer nos talents dans sa coiTCS[)ondanee. Serais-tu par hasard...

Oui ; chut !

liELROSE, avec eirilâion.

le )(' revoi ,

I (^'t excellent antil va, je )>ensais à lui :

I En lisant Ion billet j’ai )>lcuré de tendresse.

I GRANVILLE

: Je le crois ; sois prudent.

! BSLRUSE , tm.

I J’approuve ton adresse-

Je puis te découvrir d’effroyables abus,

Si tu veux à Paris protéger mes débuts.

Soit; mais tu vas tout dire.

j BELROSE.

1 Ali! qu'à cela ne tienne.

I GRANVILLE,! part.

Voyons s'il pousse loin la charité chrétienne.

I BELROSE.

Tous les emplois sont nuis, hors celui des valclsi.

Que tu tiens?

BELROSE.

’ J'ose dire avec quelque succè.s.

Nos affafres vont mal ; parmi nous.comineà Home, j Alors pour dictateur on choisit un grand homme; El Floridorc élu dans ce besoin urgent ,

Est chef d'un comité qu’on nomme dirigeaiii. lïe ccconseil des cinq ton serviteur est inciiibrc ,

I El gouverne l'état d'avril jusqu’en .septembre. Floridorc a du sens, des lumières, du goût;

Il a tout, il sait tout , il se vante de tout.

Fièrement retranché dans sa froide importance,

11 vous (>arle toujours à dix pieds de distance, .\rrangc son maintien , calcule un geste, un mol : Voilà son beau côté; du reste , c'csl un sol.

Ce débul-là promet.

BELROSE.

Oh! pour madame Estelle...

Je ne la connais pas.

BELROSE.

La chose est naturelle ;

Elle obtint par faveur un congé de deux mois I Qu'un arrêt du conseil prorogea jusqu'à trois, i Elle rentre ce soir : soubrette du lliêàlre .

Elle aspire aux bravos du parterre idolâtre.

C'est ])cu : vive en intrigue et coquette à l’excès, Elle aime tous les arts , poursuit tous les succès. Protège les auteurs , arrange les querelles.

Rend visite aux journaux pour les pièces nouvelles. Dans scs brusques écarts désolant vingt rivaux, Idlc ehcrche un êimiix et par monts et par vaux.

LES COMÉDIENS. — ACTE I

Son aiilamnc s'approche, et Lisette a la rage I

De couvrird’un contrat les péchés du bel :lgc. I

(iRAIIVILLE

Fort bien.

BCLIOSE.

Plus d*nn hymen fui par elle cbaiiché ;

Mais pour un mil de femme est-il rien de caché ? ;

Poe dame Blinval, notre grande coquclie.

Déjoue incessaromcnl les projets de Lisette , - 1

Ft donne aux trahisons un tour original |

Qu on n a pas pu prévoir dans le code pénal !

Son esprit inrentif par instinct $c fatigue i

\ réver aux moyens d’éventer une intrigue.

F.lle épousa Blinval à dix-sept ans au plus. •

II était jeune alors : à regrets superflus ! ;

Ce jeune et )>cau Rodrigue est aujourd'hui don Diègiio: ' Aux hoiincursdu soufliet son :\ge le relègue. '

Ces tranquilles époux , d’un commun sentiment,

Fn SC voyant toujours vivent séparément :

Ils ne se parlent plus depuis leur mariage ;

Aussi dit-on partout qu’ils font très-bon ménage.

UR\SVI1.U.

Ft que dit-on de toi?

BBLROSE.

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