EXAMEN CRITIQUE DES COMÉDIENS
jeune actrice , qui arrive des Grandes-Indes
pour é|H>user sa parente , ou pour lui remettre au moins la part qui lui revient dans rhéritage d'un oncle mort en laissant une grande fortune. Ce cousin rencontre le comique de la troupe ou de la compagnie , qu'il a connu au collège; il apprend que sa cousine a embrassé la carrière théâtrale; il veut la connaître sans en être connu, cl il imagine , pour être admis dans l'intérieur des coulisses , de donner à entendre qu'il est un inspecteur des théâtres , qu'on attend de Paris, et qui doit , dit-on , se présenter sous un nom supposé. De plus, le comique le transforme en auteur, lui donne un rouleau de papier blanc , qui est humblement présenté au président du comité, lequel, â la recommandation de son camarade , promet sa protection h cetlc œuvre nouvelle. Il s'engage même à lire le prétendu manuscrit; il soutient bientôt qu'il Ta lu en effet, et il s'épuise en éloges sur la pièce de l'auteur inconnu, qiiira invité à dinerpour le lendemain.
D'une autre part se trouve un jeune lord auquel le hasard a procuré la connaissance d'une baronne, veuve et séduisante, dont il s'est subitement épris et qu'il veut épouser. Cetlc liaronne est une soubrette que l'Anglais reconnaît çn la voyant sur la scène.
Il fbut encore ajouter à ces divers personnages une actrice , qui cherche h pénétrer toutes les intrigues de coulisses ; son mari , le père noble , qui est venu débuter à Paris , qui s’y est fait siffler parce qu'il est mauvais acteur , et qui prétend qu'on ne l'a maltraité qu'à cause de ses opinions ; et enfin le tuteur de l'a mou reuse, lequel joue les utilités et distribue les billets de location.
Tous ces personnages ont chacun une teinte particulière , parfois originale et comique. Au moment de représenter la pièce du jeune auteur, une nouvelle intrigue la fait encore retarder. La coquette ne veut plus de son rôle parce qu'il n'est pas aussi brillant que celui de l’amoureuse , et le jeune premier refuse le sien parce qu'il y est question de cheveux gris. Cependant , après cent autres difficultés, l'aventure du manuscrit en blanc, que monsieur l'inspecteur menace de publier, rend le vieux jeune premier plus docile; les autres acteurs cèdent aussi , et la pièce est jouée enfin et reçoit le plus brillant
SU
I accueil. Mous sommes Ici au dénoûmcnl ; selon Tusage ,
I tout s’éclaircit : t'épouseur britannique est furieux d’avoir été pris pour dupe; le cousin des Grandes-Indes j renonce à la main de sa cousine , qui se trouve riche do deux cent mille francs, et les deux amants sont unis. Cette jeune personne est un modèle de décence et de vertu; mais l'auteur a mistant d'adressedans la peinture de ce caractère neuf au théâtre, qu'il a paru naturel.
I Les Comédiens brillent surtout par la vivacité du I dialogue , par les (rails nombreux dont il est semé , et par une foule de détails comiques. Plus d'un poêle re- ; nommé se ferait honneur des pensées remarquables , des I vers heureux qui abondent dans la pièce de M. Delavigne.
^ dont le front , st jeune encore , est déjà couronné de pal- I mes académiques et de lauriers noblement cueillis dans le domaine de Molière et de Corneille.
Il y a déjà plus de cinq ans que tes Comédiens ont été ' représentés pour la première fois à Paris; depuis celte j épo<|ue, ils oui couru les départements, et partout l'ou- : vrage a été applaudi , bien qu'il y ait une sorte de spécia- ; lilé dans les mœurs et les travers des |>ersonnages que l’auteur a mis en scène. On peut dire qu'en vieillissant la (dèce voit augmenter son succès et l'estime qu'on lui I poKc. H est digne de remarque que le dernier vers des Comédiens exprime le vœu de voir un jour assis au rang des quarante immortels le jeune poète que M. Casimir Delavigne a peint avec tant de talent, de charme et de naturel. Après avoir fait le tour de l’Europe .
Que dan* un bon ratUeuil II donne .i »on retour.
dit Beirose, en parlant de Victor. M. Delavigne a réalisé cette espèce de prédiction. On peut dire qu'il a forcé les ' portes de l'Académie; il vient d'èlrc appelé au fauteuil I qu'il souhaitait à son personnage; mais au lieu d'y dor- I mir, qu'il y veille au contraire, qu'il y médite , qu'il y I trouve des inspirations , et la littérature française comp- I tera quelques chefs-d'œuvre de plus. La France a droit j d'en attendre d'un poète à qui elle doit les Messéxiexxes,
: LES VfcPaXS 51CILICXXES , l.ErAKU,et L'ËcüLI DES vieii- I LARDS.
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