I .\ü! c’est lui
I XÉAIA
1 C’est mon père et mon souveruiii inaiire.
Le Cange, où du soleil brillaient les derniers feux,
^ Uecevait eu tribut mon offrande et mes vœux ;
I Sans fixer mes esprits ejui les suivaient à peine,
; .Mes lèvres iimrmui’aieni une prière vainc,
' Et dans ce trouble heureux dont j'aimais l’abandon ! .Mêlaient aux mots sacrés tes areux et ton iioni.
I Le grand prêtre parui;jc pâlis, insensée,
{ Comme s'il eût pu lire au fond de ma pensif !
« Néala, m<Mlii-il, apprenez par ma voix ; » Qu'un oracle du Gange a révoqué son (rboix. i * Avant qu’à ses autels le serment vous engage,
' I il veut vous alfrancliir d’un éternel veuvage, j » A riiymen d’un mortel il vous cède aiijourd'liut.
. t Quand ce mortel viendra, vous quitterez |>otii' lui • » Ca;l asile de paix duiil l'ombre et le silence » Des conseils corrupteurs gardaient votre iiinotX'uce. * Hecevez cet époux avec un cœur pieux,
I (k>imnc le don d’un i)orc cl le présent des cicui. *
IDAXORE.
Eiiqiioi! dans mon orgueil, quoi! dati.sma folle aud.ict*, IViais j.doux d'un dieu dont j’usurpais la place ;
LB PARU. — ACTE I
ih)
Morlel, je mlndignais qa'un dieu fiU mon rival,
Et d'un homme aujourd'hui je ne suis plus legal!
Et ce dieu, lui livrant mon amante ravie,
Lui transporte d'un mot mon lK>nhcur et ma vie!
Tu ne m'appartiens plus , tu veux nTuhaiidoimcr, Dans le fond d'un sérail ils vont l'emprisonner!
Non! quel est cet époux? est-il prince ou bramine?
Oh! qu'il a dd vanter son illustre origine!
Quel est son rang, son nom? où le faut-il chef cher? Quel temple ou quel palais peut encor le cacher?
}ftALA.
Calmez-vous , je l'ignore ; hélas! je crains mon {htc ; Je ne sais point braver sa majesté sévère.
Par un soin curieux je pourrais l'outrager ;
J'écoute, je réponds, et n'ose interroger.
IB.ilORB.
Alors c'est donc à moi d'écarter le nuage Où se cache des dieux celte invisible image.
Il s'arroge une part dans leur divinité;
Il voit comme un néant la faible humanité ;
11 se trouble à l’éclat de sa grandeur suprême ;
U s'impose, il s'adore, il a foi dans lui-même.
Tirai le détromper.
KtALA.
Parlez plus bas ; les vents Peut-être à son oreille ont poilé vos accents.
IDAIORE.
Cesi mon vœu, mon espoir! ch bien, qu'il se présente, Qu'il vienne de mes bras arracher mon amante !
Déjà contre le mien son pouvoir s'est Iieurié :
Il CTut, dans ses complots contre ma liberté,
Me trouver à ses dons une vertu facile ,
Ou briser mon orgueil comme un roseau fragile ;
J'ai repoussé les dons que présentait sa main,
El son joug s’est rompu contre ce front d'airain.
ntALA.
Quel triomphe pour vous! quelle vertu sublime, D'insulter aux objets d'un culte légitime! r>e la nature au moins n'outragez pas les lois.
Pariez, si votre père eût réclamé ses droits, Auriez-vous méconnu sa voix auguste cl clière?
S'il respirait encore...
IDAIOBS.
Il vil! ail! je l’espère!
11 vit!... De quel malheur viens-tu m'éïKiuvantcr! Excuse des transports que je n'ai pu dompter. J'ignore l'art trompeur, inventé dans les villes, D'endialncr à son gré ses passions dociles.
Les lois, les vains égards, les devoirs convenus,
M'ont chargé de liens jusqu'alors inconnus.
Jeté, farouche encore,;! travers ces entraves,
Je frémis sous leur poids, léger |M>ur des esclaves.
Oui , jusque dans tes fers ton amant .1 porté Des monts qui l'ont nourri la sauvage âpreté.
Si lu me connaissais, si jamais ma naissance...
Ah! je dois respecter la juste obéissance ; l^oursuis , aiïrancliis-lüi d'un sacrilège amour.
7IÊALA.
Qui que lu sois, mon coeur est à lui &uis retour.
IBAIORB.
Sais-tu, fille d’un brame, à qui ton coeur se donne?
7IZAI.A.
Le trùne de Delhi que la gloire environne,
Dût-il de mes splendeurs rendre les rois jaloux,
Un désert avec toi m'aurait semble plus doux. lovnoRc.
I Un désert! ah ! qu'cnïemis-je? ah vierge infortuné»',
' Dans le fond des dései*ts pourquoi ii'cs-lu pas née. Ou pourquoi les destins, contre nous irrités,
• Ne m'ont-ils pas fait naître an milieu des cités?
I C'est trop me déguiser sous l'éclat qui l’abuse,
! A lrom|>er plus longtemps ma 6erté se refuse ;
I Connais-moi tout entier...
I sKala.
j Idamorc, écoulez :
Ou s'avance vers nous à pas précipités;
C’en est fuit ! sauvez-moi.
lOAUOBB.
Quel mortel las de vivre.
Te voyant sous ma ganie, osera le poursuivre.
, V^iens... .Mais c'est un ami, c'est un guerrier chrétien i .A qui j’ai révélé mon secret cl le lien,
! Qui veillait sur les jours.