‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 186 sur 669 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

NÉAI.A, IDAMORE.

TiCiLA.

liiamore! ali! parlez;

Klaiimrc, csl-ce vous?

IDAXORB.

Néala !... vous tremblez.

Ne craignez plus.

O (lieux!

lOAIüRB.

Que ma voix vous rassure.

nâALA.

Quoi! j'ai percé l’iiorrcur de celte nuit obscure!

Où suis-je, et qu'ai-jc fait? Venez, quittons ces lieux...

IDAIURB.

Vous les avez cbuisls.

SÈAI-A.

Moi!... j'oulragoais les deux!

Venez... Divinités de ce l»ois formidable,

J'é|>argiie à votre oreille un entretien coupable ;

Ne me punissez pas! Où fuir, cl quels cbemins Déroberaient ma bonté aux ringards des humains?

1D.4XORI.

Demeurez, Néala; pouvez-vous craindre encore, Quand vous vous appuyez sur le brasditlamore?

XR.VLA.

.Mes yeux 11*0111 i-encoiilré que présage de deuil :

Du temple, en in*écbappaul , j'avais beurlé le seuil, l>a nainme des trépieds jetait des feux sinistres,

J'ai frémi!... Si quel(|u’uii de nos pieux ministres,

Si mon père...

lUAXORE. ,

Toul dort, bannissez votre cÜroi.

Eb I dorajenl'iis ces dieux que je trahis pour toi?

Va, leur voix empruntait, pour iroubler mon courage, Le muraiiirc des vents cl te bruit du feuillage;

Et quand dans ces rumeatix,qiii m'accu.saieiil tout t»as, Mes voiles arrêtes ralciiiissaieni mes pas ,

(Télail la main des dieux, oui, leur main vengcrc^e. Qui, prèle à la punir, arrêtait leur prêtresse.

lOAXURE.

Kb bien ! retournez donc au pied de votre autel ; Dorlcz-lui vos terreurs; olfrcz à rÉieniel Mes soupirs dédaignés, mes feux en sacrifice ;

Du ciiinc sur moi seul détournez le supplice :

.Mlez, près de l'époux qu'ici vous n*greliez,

* Cherebor d’un autre amour les saintes voluptés. Soyez heureuse : allez.

! fiEAI-A.

] Il est vrai, je t’ofl'ense :

Que puis-je redouter? lu prendrais ma défense.

; Pardonne, je suis faible; et si je l’étais moins ! Mc viendrais-je à la foi remettre sans témoins?

I Aurais-je enfreint les lois (pie j’observais sans peine , I Avant qu'un fol amour m’eu fïl sentir la cbaîiie?

I Aussi le juste ciel, qui veillait sur mes jours.

D'un œil impitoyable a regardé leur cours : i i'iCS purs ravissements, cette divine extase ' l)’une ûme sans remords que la ferveur embrase.

Cette ineOabIc paix que donne la vertu,

, M’ont punie, en fuyant, d'avoir mal combattu ;

; Mais je ne me plains pas , non , je les abandonne ' Pour ce bonheur amer que la crainte empoisonne .

• Pour le voir, le parler, pour entendre la voix,

El j’ai voulu l’cnieudre uiic dernière fois.

tDWORX.

.Vcbève, Néala ; parle , quelle puissance Veut rompre de nos cœurs la secrète alliance?

\ Quelle autre que la mon nous pourrait séparer?

< afcALA.

j Celle que mon enfance apprit à révérer,

I Celle que la nature a commise au grand prétn*.

I IDAXORE.

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