SCÈNE II
NÉAI.A, IDAMORE.
TiCiLA.
liiamore! ali! parlez;
Klaiimrc, csl-ce vous?
IDAXORB.
Néala !... vous tremblez.
Ne craignez plus.
O (lieux!
lOAIüRB.
Que ma voix vous rassure.
nâALA.
Quoi! j'ai percé l’iiorrcur de celte nuit obscure!
Où suis-je, et qu'ai-jc fait? Venez, quittons ces lieux...
IDAIURB.
Vous les avez cbuisls.
SÈAI-A.
Moi!... j'oulragoais les deux!
Venez... Divinités de ce l»ois formidable,
J'é|>argiie à votre oreille un entretien coupable ;
Ne me punissez pas! Où fuir, cl quels cbemins Déroberaient ma bonté aux ringards des humains?
1D.4XORI.
Demeurez, Néala; pouvez-vous craindre encore, Quand vous vous appuyez sur le brasditlamore?
XR.VLA.
.Mes yeux 11*0111 i-encoiilré que présage de deuil :
Du temple, en in*écbappaul , j'avais beurlé le seuil, l>a nainme des trépieds jetait des feux sinistres,
J'ai frémi!... Si quel(|u’uii de nos pieux ministres,
Si mon père...
lUAXORE. ,
Toul dort, bannissez votre cÜroi.
Eb I dorajenl'iis ces dieux que je trahis pour toi?
Va, leur voix empruntait, pour iroubler mon courage, Le muraiiirc des vents cl te bruit du feuillage;
Et quand dans ces rumeatix,qiii m'accu.saieiil tout t»as, Mes voiles arrêtes ralciiiissaieni mes pas ,
(Télail la main des dieux, oui, leur main vengcrc^e. Qui, prèle à la punir, arrêtait leur prêtresse.
lOAXURE.
Kb bien ! retournez donc au pied de votre autel ; Dorlcz-lui vos terreurs; olfrcz à rÉieniel Mes soupirs dédaignés, mes feux en sacrifice ;
Du ciiinc sur moi seul détournez le supplice :
.Mlez, près de l'époux qu'ici vous n*greliez,
* Cherebor d’un autre amour les saintes voluptés. Soyez heureuse : allez.
! fiEAI-A.
] Il est vrai, je t’ofl'ense :
Que puis-je redouter? lu prendrais ma défense.
; Pardonne, je suis faible; et si je l’étais moins ! Mc viendrais-je à la foi remettre sans témoins?
I Aurais-je enfreint les lois (pie j’observais sans peine , I Avant qu'un fol amour m’eu fïl sentir la cbaîiie?
I Aussi le juste ciel, qui veillait sur mes jours.
D'un œil impitoyable a regardé leur cours : i i'iCS purs ravissements, cette divine extase ' l)’une ûme sans remords que la ferveur embrase.
Cette ineOabIc paix que donne la vertu,
, M’ont punie, en fuyant, d'avoir mal combattu ;
; Mais je ne me plains pas , non , je les abandonne ' Pour ce bonheur amer que la crainte empoisonne .
• Pour le voir, le parler, pour entendre la voix,
El j’ai voulu l’cnieudre uiic dernière fois.
tDWORX.
.Vcbève, Néala ; parle , quelle puissance Veut rompre de nos cœurs la secrète alliance?
\ Quelle autre que la mon nous pourrait séparer?
< afcALA.
j Celle que mon enfance apprit à révérer,
I Celle que la nature a commise au grand prétn*.
I IDAXORE.