‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 197 sur 669 · LA · texte numérisé non relu

LA

Qu'avez-vous?

IDAXORE.

Si vous saviez...

IVÊAIA.

Eh bi-

lO.WmRE.

Détruirai-je d'un mot mon bonheur cl le sien? Vous m’aimez?

aÊAL.1.

I En ennemi du ciel! un monstre!... Qu’il périsse!

Point de pitié, frappez!

IDAXORE.

F rappez donc votre époux ; Cet ennemi, ce monstre , embrasse vos genoux. Frappez.

t VEAI.A *c ver* la «tntiie «le Br»ina , (Qu'elle efnbrs»^*

Toi qui rentonds, protège la prêtresse; Dieu, fais luire entre nous la foudre vengeresse;

Que ce marbre insensible, ébranlé par mes cris ,

Entre l’impie et moi renverse scs débris.

IDAXORE, A genoux.

Ma vie esl un fardeau ; prenea-la, je l’abhorre :

Mon autilié flélrit, mon amour déshonore,

Mon nom glace d'elTroi.

!^ÊAIA, «an» le regarder.

Les cieux m’en puniront ;

I Mais le tranchant du fer n'aUciiidra pas ton front.

1 Infortune, va-l*en!

Moi, grands dieux! j

IDAXORE.

.Mais d'un amour extrême,

.S.-ms borne, égal au mien? ;

Î^ÉALA. 1

J’en ap|>elle à vous-même. I

IDAXORE.

E’est moi que vous aimez , non le chef des giieri iers, : Non l'éclat de mon rang, mes litres, mes lauriers? Quel que soit l'nbandon où l'avenir me livre,

A CCS biens fugitifs votre amour doit survivre?

:v£ai.a. I

En doutez-vous? |

IDAXORE.

Jamais vous ne les avez plaints (!cs malheureux, privés de l’aspect des humains...

AËAI.A.

Comment?...

iD.VNORE.

Dont la tribu, pro.sci he et vagabomle, Traîne après soi l’iiorrcur cl les mépris du monde?

f(EAI.A.

N'achevez pas : leur nom est funeste, odieux;

Il souillerait l’air pur qu’oii respire en ces lieux.

IDAXORE.

En d’eux... il était las de son .sort misérable... Secouant tout à coup l'opprobre qui l'accable.

Il vient, combat, triomphe: admis dans les cités,

Il profane les murs voiis-méinc lialiités.

XÉ.UA.

\li ! que de son abord votre bras in'afTrancliiîse ;

IDAXORE.

Hélas! dans quelles villes.

Sous quel heureux climat, sur quels bords si fertiles. Où les plaisirs pour moi ne soient sans volupté ,

Le printemps sans parure, un beau jour sans clarté? Vous fuirai-jo aux déserts? mais où fuir ce qu'on aime? Dans quel antre profond me cacher à moi-méme?

Où ne verrai-je plus ces flamlieatix de la nuit.

Dont les feux si souvent à vos pieds m’ont conduit? Par quel clicmin vous fuir? quel rocher, quelle source, Pour me parler de vous, ne suspeudr.i ma course? Beaux lieux, sans m’arrêter comment vous parcourir, Elpuis-jecnla fuyant m'amUer sans mourir?

Fleuve heureux, buis si chers à ma recxmnnissancc.

Je A'ous reverrai donc, mais pleins de son absence!... A travers les rameaux, là, j'observais ses pas :

Là, pour l’enlrelenir, j’aflronlais le trépas;

Là, les heures pour moi s’allongeaient dans l'aUcnte; Ici, je lut donnais ce doux litre d'amante;

Plus loin... ù Néala, quel prix de mes expInUs!

Je leur dus de vous voir pour la première fuis. (/Ouix>nné par vos mains, que j'étais lier de l’élrc! Ah! vous m’aimiez alors, vous iiradiniriez peut-être! Oui, malgré vos mépris, oui, malgré mon malheur, Ce jour allestc encor que j’eus quelque valeur; Quelques dons m’élcvaieiit au-dessus du vulgaire,

Kl j'avais des vertus puisque j’ai pu vous plaire. reai.a.

Ils me furent cruels, ces dangereux trésors,

Dont j'e.\aUnts le prix pour troiiqicr mes i^emords. Pourquoi m'onl-ils caché, sousleui* brillant mensonge, L’abîme inévitable où mon erreur me plonge ?

LE T’AIUA. — ACTE II

Malheur au cœur aimant que leur rliannc s61uii :

C'est par eux qu’à jamais mon bonheur fut délniil.

IhAMORE.

II ne l'est |>as encor; du moins il pcnl reiuiilrc.

La pompe* se prépare, eti bien !... dois-je y paraUre? Col aveu qu'en tremblant j'ai versé dans ton sein,

.Vy laisse plus pour moi qu’iiorreur et que dédain : O'iin amour conGaril il est l'excès sublime ,

Mon seul droit au pardon, mon titre à ton estime.

Je (lisais : il m'est doux de lui livrer mon sort , D'arracher à sa crainte un si pénible effort, grand, si généreux, que jamais avant elle La plus parfaite ardeur n'en laissa de modèle : Donnons-lui ce Iriomplie; honneurs, lauriers, pouvoir, Jetons tout à ses pieds, je veux tout lui devoir!

Je l'ai fait sur la foi de ta sainte promesse,

J'en ai cru ta pitié, j'en ai cru ta tendresse;

Chassé, maudit par toi, j'en crois encor tes pleurs;

Voilà tous mes garants; parle, sont-ils trompeurs?

StALA.

Eh! quel est ton espoir? que d'une àme affermie Taccepte en t'épousant l’exil et rinfamie?... |

Je le veux; mais demain quel sera mon appui,

^ l'ange de la mort m'ap|)cl]c devant lui? ;

Surprise dans les noeuds d'un hymen sacrilège, ^ A ce juge irrité, dis-moi, que répondrai-je? \

Le courroux des humains ne peut m'épouvanter; | Hais le sien, mais pour toi le faut-il affronter? |

Hais faut-il échanger contre des cris funèbres, I

Contre le noir séjour des esprits des ténèbres, |

Contre des châtiments qui prolongent mes maux Au delà de ce monde , au delà des tombeaux.

Celle paix, ces plaisirs, ces iniiocciitcs joies.

Que Dieu garde aux tribus qui marcbeiildansscs voies. Dieu même, et les clarlé.s de ce palais divin Où rayonne un jour pur sans aurore et sans fin? {

IDAMOBE.

Non ; mais je l'y suivrai. Quel forfait m'en exile?

Le sein de l'Étcrnel est aussi notre asile.

Va, CCS mortels si fiers, qui nous ont rejetés, ;

De ce bonlicur en vain nous croient déshérités.

Nous sommes ses enfants. Comme sur leur visage , N'a-i-il pas sur le mître imprimé son image?

De nos jours cl des leurs, qu'il pèse égatemcnl ,

Au même feu céleste il puisa rulimeiit.

Nos sens formés par lui, nos traits, lout est semblable. Ont-ils un œil plus sûr, un bras plus redoutable? Dieudansicur voix plus màlc.vt-il mis d'autres sons? Le soleil, pour eux seuls prodigue de mois.sons, N'échauffc-l-il pour nous que poisons lioinicides?

Si7

Les fruits se sèchent-ils sur nos lèvres avides?

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