SCÈNE III
i.Es pRÉciüESTS, AKh'B.VR, Biu*es portant le feu sacré et les pre'mices; deux d'entre eux sont armes de haches.
AX£BAR,üii bautdet degrCsdu temple.
Si quelque .ludacieux ,
Uclranclié par la loi du commerce des cicus,
Viciil chercher leur courroux jusqu'en ce saiicluairc , Que du proranalcur la mort soit le salaire.
Il dcicend aur le «levant de la acenc.
Flambeaux de nos conseils, préires qui m’entendez; Vous, bras du Dieu vivant, vous, qui nous défendez, (iuerriers ; et vous aussi , dont l’active industrie Fuit couler rabondancc au scinde la patrie;
Peuple entier, qui présente à la divinité liC simulacre humain de sa triple unité;
Voici l'instant venu qu'une auguste alliance Doit d’un héros pieux couronner la vaillance.
Draina dans nos périls suscita ce guerrier, l^otir couvrir scs élus comme d’un bouclier.
Contre ce jeune bras, vainqueur par nos prières,
Le.s chrétiens ont brisé leur phalanges altières ;
Il les a chassés tous, eux et les ennemis
Que les sables voisins dans nos champs ont vomis.
Qu’il soit récompensé par delà scs mérites :
Lesdieux dans leurs bienfaits gardent-ils des limites? Sur les livres de vie il m'a juré sa fui De prendre mes conseils |K>ur lumière et pour loi. Peuple , de son serment restez dépositaire.
Mes enfants, approchez : d'un double ministère Akébar revêtu |>our bénir vos destins,
(iuiimic {>èrc et pontife clend sur vous ses iiiain.s. iduinore et aunt A genoux : tout le momie te v^.>lcrnt’.
ciioiaii.
Je dois te refuser, hélas! cl ne le [mis. n..i - . i pri m « «
, ’ . * . . . I PuisiM^-l-il d Aki-bnr prolonger la carm*re
( .ontre ton (htvoùmcnl ma gloire en vain s indigne , | O noMt* hymen . doul la solennité
LE PARIA. — ACTE IV
Unit la (rilm laintu à la Iribu (;uerrièrf^ ,
Et le courage h la beauté !
AKiB\R.
Astre brillant dos jours au penclianl de la course. Et toi, du liant des cioux d'où s’écoule ta source, Gange, roi de ccs bords , divinités des cliainps, Brama , l'espoir du juste et l’eirroi des luéclianis . Assistez à lu fête où ma voix vous convie...
IDAMURE
L'est lui!
SÊAI A.
Je tremble 1
AKt;OAR.
O fureur criniiiicllo î
SCÈINli V.
SCÈ-\E IV.
LES PRÉCÉDEKTS, ZARES.
LES pnÉcÉoE.MS, EMPSAEL.
EJIPSAEI.
Arrêtez... Qu'ai-je vu? la force m’est ravie..
AKÉSAR.
l'arlez.
EVPSAEL.
Un Paria s'est glissé parmi nous.
akEbar.
Qu'cnlcnds-jc?
Quel est-il ?
ALVAR
Mon ami ! j
lUAMORB. I
Mon père ! I
:st\LA.
akEbar.
.Mon é|H)Ux !
EHP9ABL. I
Dans les flots qui l)uigiicnt ccUe enceinte, j Pour les libations je plongeais l'urne stiinle. I
En vieillard sc préàeule, il s'arréle et pâlit , S'approcJic, apprend par moi que l'hymen s'necomplil. Soudain son œil s'égare; il pousse un cri fuiouclie : '
Ix; nom de sa tribu s'échappe de sa bouche.
Il se roule à mes pieds. Je recule, en fuyant Loin du contact impur de son hras supjdiuiii.
Etendu sur la terre, il la trempait de larmes ;
Il deinamiuit la mort... J
lOAXURE. I
Eli liien ?
LSIHAEI.. I
J’elais sans armes. i
De liens à ma voix les brames l'ont chargé. [
Il ré.sisCaii en vain. Par vous interrogé.
Qu'il révèle à rinstaiit <jncl noir dessein l’amène.
Et qu'au pied de l'autel souillé par son haleine,
Sons ta haclio des dieux tout son sang répandu Rende à nos feux sacrés l'éelat qu'ils ont |>erdu.
Il vient ! i
ZARÈS
Où me conduisez-vous? quelle pitié cruelle Mc refuse la mort que je venais chercher?
Que vois-je? et quel secret voulez-vous m'arracher? J'ai tout dit : je suis seul; je n'ai point de complice. Je suis seul. D'uii coupable ordonnez le supplice.
AKEBAR.
Par un prompt châtiment éluufléz donc scs cris;
.Vu fer qui leur est dù livrez scs jours prusciils.
ID.VXURE.
Ah ! barbare !...
nÉALA , qui l'arrête.
Idamore !...
ALVAR
O loi , le digne organe Du dieu de ccs climats, dont ta puissance émane, L'esprit de vérité, de son sein dc.scendu ,
Sur tous tes jugements fui par lui répandu;
Un meurtre en ternirait le sacré caractère.
Quel que suit ce vieillard, il est homme et ton frère.
AKEEAR.
Lui!
ALVAR
Ne l'immole pas dans ce séjour de paix.
Que les plus vils troupeaux n’ensanglantent jamais. Voudrai.s-ln le venger? non, j’cii crois la grande âme. Contre lui par la voix c’est l’Étal qui réclame. Pontife, à la rigueur je suis loin d’insulter:
La loi fùl-ellc injuste, il la faut rcs|)cctcr;
Mais songe à ses vieux ans. épargne sa déiiienee ; l'on tiruil le plus divin n‘esl-il pas la clémenee? REaLA, Umîacmcnt.
(irâce!
IDAMUHE.
I’aiiiuimc7.-lui.
AKÊUMI, InJIsof.
Vous .niissi , mes ciifaiils !
Non, l'r.iinic/,, je l'ordonne.
IOA'lü«E.
Kl ji' vous If iléfcnds.
LK PAIUA. ~ ACTE IV
VkÊBAE.
Qu'il meure !
IDAlORK , «levant Zar^a.
Immolez (loue le lils avec le |ière.
AKÉIDAR.
Qu’as-lu üUY
IDAIORE.
Oui, le sang que poursuit la colère, C'esl le mien , c'est celui que pour loi j’ai versé.
Qu’on l'épargne à sa source , où les ans l'ont glacé.
Le mien vous sauva tous, que l.a main le répande,
11 est pour les autels une plus digne offrande. nÊALA. Elle tombe dan* le« braa des prêtresses.
8outenez>moi !
ZiULs.
J'ai seul mérité le trépas.
lÜAlUÜE.
AhI mon père!
zabEs.
Guerrier, je ne te couuais pas.
IUA10RE.
C’est mon père ! c’est lui ! croyez-cn ses alarmes,
La pâleur de son front , ses yeuz noyés de larmes , Ses bras que malgré lui je force à se rouvrir. .
Il m’embrasse, frappez, c'est à moi de mourir !
AKÉDAR , aux prêtrcMOs.
Dérobez à leurs yeuz celte jeune victime.
Uo entraîne Nêala.
Kllc n'a pas nourri d'ardeur illégitime.
Ma tille est innocente; oui, peuple, elle ignorait Quel elTroyable hymen mon erreur consacrait.
Mais loi... d'un noircourroiii tout mon cœurse soulève! Tu n’es donc... se peut-il?... ah ! misérable !
IDARORE.
Aclièvc.
Oui , je suis paria , je le suis ; mais l'Étal Ne dut sa liberté qu'à mon noble alleiilat.
Je descendis des monts; vos tribus dispersées A l'approche du joug s’étaient déjà baissées.
Je l'écartai moi seul , qui seul restai del)oul.
La mort entre elle et loi m’a rencontré partout, Peuple : loin des cites, des enfants cl des femmes,
Je détournais le fer, je rcqmussais les flammes;
Mon front, plus que vous tous des chrétiens redouté, Leur renvoyait rcITroi qu'ils avaient apporté,
Quand ces brames si tiers, que. je courais Jéfendre, Cachés au fond du temple et courbés sous la cendre, liiiploraui un appui qu’ils n'osaient vous oflrir. Priaient, tremblaient pour vous cl vous iuissaiciil|>érir!
AkECAK.
Tu rcnlends, et la foudre à les pieds assoupie ,
Ne se réveille pas pour dévorer l’impie ,
* Brama ; c’est donc à nous de venger les affronts ;
Ton silence est unordre, cl nous obéirons... Défenseurs de l'Étal, loin de moi la pensée D’immoler votre chef à ma gloire olfenséc!
■ Trop pesant pour moi seul , ce droit de le juger M'impose un soin cruel que je veux i>artnger.
I De vos sages vieillards que le conseil prononce,
! Kt puisse à l'indulgence incliner leur réponse.
I Décidons aujourd'hui si d'éclaUanls exploits I Placent un révolté hors du pouvoir des luis, i Ou doivent sur sa tète appeler un supplice ; Honteux et solennel , fameux par sa justice ,
; Terrible, et tel enfin qu'il puisse épouvanlei I Quiconque a vu la faute et voudrait rimiter.
ALVAR,aux nucrrlm.
I Vous, dont je l'ai connu l’amour cl le modèle,
; N’u-t-il plus dansvos rangs un compagnon fidèle?
, ZARÈS
^ Serez-vous de nos maux d'insensibles témoins?...
! Quoi! vous restez muets ?
i IDAXORE.
{ Je n'atlcndais pas moins.
I Mais tout ingrats qu’ils sont, tourmentés par ma gloire, Ils en voudraient en vain secouer la mémoire ;
I A Zarc-«.
j File pèse sur eux. lU vous respecteront.
Kl pour les contenir mes regards sufliront.
Leur crainte survivra : pour leur amour, qu'importe? I II est juste qu'il meure où ma puissance est morte. Sortons.
ALVAl.
Alvardu moins uc vous trahira pas.
SCÉiNE VI.
I AKÉBAU, Glerriers, Brames, Peuple.
AKÊBAR.
Dans ces bois profanés qu’on retienne leurs pas.
, D’un cercle impénétrable entourez ces perfides;
Qu'ils y restent captifs.
l'DC partie Uc» brame» et «le» guerrier» »ulTcnl iJamoro. i Mais de leurs chairs livides
Si les oiseaux du ciel se repaissent demain , Bramincs, levez-vous, et, la flamme à la main,
I Renouvelez les airs, consumez le feuillage Qui les couvre à regret d’un sacrilège ombrage ,
Et ({UC tous les chemins, par vous purifiés,
I Perdent jusqu’à la trace où s'impriment leurs pieds.
LE PAIIIA. — ACTE IW
fill
Vous , guerriers , connaissez quel liorrible anatlièmc Doit suivre la révolte et punir le blasphème.
Frémis! chef ou soUlal^ qui que lu sois^ frémi ' ,
Si, rarret prononcé, tu plains nos ennemis :
Je dévoue n Icxil ta tête criminelle;
Va, fuis, l’humanité te rejette loin d’elle.
Fuis, j’attache à (es pas l'abandon cl l'effrui;
Le foyer paternel n'a plus de feux pour loi,
L'autel plus de refuge: abominable, immonde,
Va, sois maudit comme eux, sois errant dans le monde Jusqu'.iu jour où de Dieu l'ange exierniinaieur Tapporlera tremblant devant ton créateur.
Pour tomber, au sortir de ses mains redoutables.
Dans les gouffres ardents qu'il réserve aux coupables.