I.a mer baigne les murs de la triste Coron
Coron , nom malheureuv , nom moderne et barbare , Et qui de Colonis détréna le Ix^au nom.
Ces Grecs ont tout perdu ; la langue de Platon, l,a palme des combats , les arts cl leurs merveilles. Tout, jusqu’aux noms divinsquicbarmaientnos oreilles.
Ces murs battus des eaux, à demi renversés Par le choc des boulets que Venise a lancés.
C'est Coron. Le croissant en dépeupla renccinlc; l.e Turc y règne en paix au milieu des tombeaux. Voyci-vous CCS turbans errer sur les créneaux ?
Du profane étendard qui chassa la croix sainte. Voyez-vous, sur les tours, flotter les crins mouvants ? Entendez-vous, de loin, la voix de Tinfidèlc,
(t) Ce récit, «lotit le fond eit véritable, appartient au voyage «le M. Pouqueville. Il c»t «lople et touchant dans «a pro«e, et le lecteur y trouvera peut-être quelque channe , »*il ii'a pat Irt'p pcTtlu tian* mc« ver*.
Qui se mêle au bruit sourd de la mer et des vciitst il veille , et le mousquet dans ses mains étincelle.
An bord de l’horizon le soleil suspendu Itegarde celte plage , autrefois florissante ,
Comme un amant en deuil , qui , pleurant son amante , Cherche encor dans ses traits l’éclat qu’ils ont perdu , Et trouve , après la mort , sa beauté plus touchante. Que cet astre è regret, s’arrache à ses amours!
Que la brise du soir est douce et parfumée!
Que des feux d’un beau jour la mer brille enflammée!... Mais pour un peuple esclave il n’est plus de beaux juurs.
Qu’entcnds-jc? C’est le bruit de deux rames pareilles, Ensemble s'élevant, tombant d’un même cITort,
Qui de leur chute égale ont frappé mes oreilles.
Assis dans un esquif, l’œil tourné vers le bord ,
Un jeune homme, un chrétien , glisse sur l’onde amère. Il remplit dans le temple un humble ministère ;
Ses soins parent l’autel; debout sur les degrés.
Il fait fumer l’encens, répond aux mots sacrés, Et-présenle le vin durant le saint mystère.
Les rames de sa main s’échappent à la fois :
Un luth , qui les remplace, a frémi sous scs doigts.
Il ch.intc... Ainsi chantaient D.xvid cl les prophètes; Ainsi , troublant le cœur des pâles matelots,