‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 251 sur 669 · U01TES8B · texte numérisé non relu

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Revenons à ce bal, et jugez mieux la chose.

I Ce n'est pas un plaisir qu'ici je vous propose ;

I Mais c’est une démarclic , et voyez le grand ma!

' De passer pour affaire une heure ou deux au bal.

Il faut faire sa cour : voilà comme on prospère ;

Mais vous , de vous placer vraiment je désespère.

Eh! ne me placez pas, madame, laissez-moi ,

Heureux avec la foule, y vieillir sans emploi.

J'y suislibre; il vaut mieux, receveur des ptusmince.s,

! Touclier ses revenus que ceux de dix provinces;

Et je ne veux pas, moi, pour me hausser d'un cran , Vendre ma liberté cent mille écus par an.

BOITEXSE.

Eh bien ! comme au spectacle , allez à celle fêle:

Pour moi, là , voulez-vous? Venez, j'en perds la tète : j Que d'objets, que de gens inconnus jusqu'alors!

^ Tous les ambassadeurs, des maréchaux , des lords. Des artistes, la fleur de la littérature,

I Des femmes! Quel éclat, quel goût dans leur parure! Dieu! les beaux diamants !... Et c’est ce soir, j’irai , Oui, j'irai, nous irons, monsieur... ou j'en mourrai.

DASVILLE.

Non, vous n’en mourrez pas, et vous verrez, ma chère. Qu'on peut avec Bonnard , bien qu'il ne danse guère. Passer le soir galment, sans façon, sans apprêts. Souper même au besoin , et vi>TC encor apres.

HOBTEXSE.

} Voulez-vous sans pitié chagriner votre Horlense?

Me tiendrez-vous rigueur?... Eb ! quelle est mon oflense? Moi, qui n'ai fait qu'un vœu , celui de vons revoir,

I Kaiit-ü en arrivant me mettre au désespoir?

Avec monsieur Bonnard ai-je été trop méchanic? Jamais je ne veux l'ctrc ; il me plaît, il m'enchatiic. Je l’aime, il m'aimera, je lui ferai ma cour;

^ Mais]^sce soir, oh non! plus tard, un autre jour. Demain... c'est arrangé, vous acceptez l'échange:

L’ÉCOLE DES VIEILLARDS. - ACTE II

DanTille, mon ami, mon cher dpoux, mon ange, Soyci bon, grâce, allons, cédez...

DAHVILLS, avec cirort.

Non, je ne puis.

UORTKRSEf en pleurant.

Que je suis malheureuse ! 6 ciel! que je le suis!

UASVlLLB.aUCnUri.

Elle pleure, ah! mon Dieu!

BoaTKSSE, bon d'elle-memc.

‘ ‘ C'est un acte arbitraire ;

C’est une tyrannie, et je dois m’y soustraire.

Je me révolte enfin ; vous croyez sans raison Dans votre hôtel désert me garder en prison ;

Non : avec votre ami vous serez seul â tahic ;

Non, non : je le déteste, il m’est insupportable; Mais eutre deux époux le pouvoir est égal.

Restez , monsieur, ma mère est invitée au bal ;

Une fille est au mieux sous l'aile de sa mère ,

El j’irai malgré vous au bal du ministère.

Et j'irai de bonne heure, et j’en reviendrai lard ,

El je ne verrai pas votre monsieur Bonnard ,

El vous ne pourrez pas m'enterrer toute vive Dans l’ennuyeux souper d’un si triste convive. axnviLLB, en fureur.

Vous irez , dites-vous, malgré moi vous irez?

Je vous le défends.

Buarisse.

Bon !

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