‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 255 sur 669 · I.a raison qui s'emporte a le sort de l'erreur · texte numérisé non relu

I.a raison qui s'emporte a le sort de l'erreur

Ma justice à vos yeux tiendrait de la vengeance ;

; Je me punirai seul, et c'est par votre absence.

I Goûtez un plaisir pur, puisqu’il sera permis;

‘ Allez au bal , allez, et soyons bons amis ; i Voulez-vous?

BOHTENSE.

I Mais...

I Allez seule avec votre mère...

Elle a dû, comme vous, me trouver bien stHcrc; Contre deux ennemis je n'avais pas beau jeu; Avez-vous dit de moi lieaucoiip de mal ?

HüETENSE.

1 Un i>cu.

Vous n'en penserez plus, et cela me console.

I S’il a pu m’écliappcr un ordre, une parole,

Un regard qui vous blesse, il faut tout oublier.

J'ai mon excuse aussi : Bonnard est singulier,

I D’accord; mais quand, d'un ton qu’il iiemérilailgiière, I Sur des travers légers vous lui faisiez la guerre, j C’était à riiisianl même, où malgré son effroi,

' En me rendant service , il s'exposait [»our moi.

I UORTENSE.

< Comment?

C’est un secret.

BOBTENSE.

C’est un secret? AIi! dites,

Dites, j'oublierai tout.

i;ÉCOI-F, DES VIEILLAUDS. — ACTE III.

DA!fVlLLE.

Ces Lrillanfs parasites

Que ma (ahic nourrit h vous conter des riens.

Vivent à mes dépens, et lui m'oidige aux siens.

Mon fds dans ses calculs a manqué de sagesse' ; J’aurais dü le prévoir; n)ais tout à ma tendresse, Laissant sa jeune lélc agir à l’abandon ,

Pour vous j’ai compromis sa Ibrlunc et mon nom. Sans argent, gnke à vous, Hortense, que scrail-ce, Si Bonnard n’eiH prêté... peut-être sur sa caisse?

De tous les receveurs, Bonnard le plus craintif, Bonnard dont sur ce point l'Iionneur est si rétif,

D’un courage héroïque a vaincu son scrupule,

11 a sauvé mon fils!... est-il si ridicule?

UORTESSE.

Non, non, de mes amis aucun n’eiU fait cela;

Plus que tous leurs discours j’admire ce irait-là. n n’est pas de hou mot qui vaille un bon office;

Mais votre femme aussi peut faire un sacrifice.

Ce bal, où sous vos yeux je dansais en espoir.

Ce bal, il fut huit jours mon rêve chaque soir.

Huit jours, à mon réveil, ma première pensée ;

Eh bien ! je n’irais pas , quand j’y serais forcée !

Cen est fait, votre ami lui sera préféré.

Vous aurez ce courage, est-il vrai?

liOETEVSE.

Je l'aurai.

Adieu tous mes projets, je reste sans murniiire ,

El pour monsieur Bonnard je garde ma parure.

Je reste avec plaisir. Tout à l’heure à vos yeux | J'étais bien, n’esl-ce pas ? Maintenant je suis mieux , ' J’en suis sûre. \

D.VXULI.F,.

Les raccommodements ont bien leurs avantages.

• UORTBVSE.

Mon ami!

DVXVIILE.

Chère IIorlcii.se!

nOHTEI'iSP..

Au fond, convcncz-cn , Vousdéfcndoz Bonnard en zélé partisan ,

El vous avez raison, puisqu’il vous rend service; Mais vous traitez le duc avec moins de justice.

D.VXVIUE.

Pour moi, je me crois juste et juste au dernier |M>iui.

H0RTEX5E.

Moi, je crois entrevoir que vous ne l’êtes point.

DAXVILLE.

C’est qu'à vingt ans, Hortense, on juge à la légère.

nORTEXSB.

C’est que plus lard, Banville, on est par trop sévère.

DAXVII.IE.

Vous pourriez vous tromper.

UORTEIV.SE.

Je puis avoir raison.

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