I.a raison qui s'emporte a le sort de l'erreur
Ma justice à vos yeux tiendrait de la vengeance ;
; Je me punirai seul, et c'est par votre absence.
I Goûtez un plaisir pur, puisqu’il sera permis;
‘ Allez au bal , allez, et soyons bons amis ; i Voulez-vous?
BOHTENSE.
I Mais...
I Allez seule avec votre mère...
Elle a dû, comme vous, me trouver bien stHcrc; Contre deux ennemis je n'avais pas beau jeu; Avez-vous dit de moi lieaucoiip de mal ?
HüETENSE.
1 Un i>cu.
Vous n'en penserez plus, et cela me console.
I S’il a pu m’écliappcr un ordre, une parole,
Un regard qui vous blesse, il faut tout oublier.
J'ai mon excuse aussi : Bonnard est singulier,
I D’accord; mais quand, d'un ton qu’il iiemérilailgiière, I Sur des travers légers vous lui faisiez la guerre, j C’était à riiisianl même, où malgré son effroi,
' En me rendant service , il s'exposait [»our moi.
I UORTENSE.
< Comment?
C’est un secret.
BOBTENSE.
C’est un secret? AIi! dites,
Dites, j'oublierai tout.
i;ÉCOI-F, DES VIEILLAUDS. — ACTE III.
DA!fVlLLE.
Ces Lrillanfs parasites
Que ma (ahic nourrit h vous conter des riens.
Vivent à mes dépens, et lui m'oidige aux siens.
Mon fds dans ses calculs a manqué de sagesse' ; J’aurais dü le prévoir; n)ais tout à ma tendresse, Laissant sa jeune lélc agir à l’abandon ,
Pour vous j’ai compromis sa Ibrlunc et mon nom. Sans argent, gnke à vous, Hortense, que scrail-ce, Si Bonnard n’eiH prêté... peut-être sur sa caisse?
De tous les receveurs, Bonnard le plus craintif, Bonnard dont sur ce point l'Iionneur est si rétif,
D’un courage héroïque a vaincu son scrupule,
11 a sauvé mon fils!... est-il si ridicule?
UORTESSE.
Non, non, de mes amis aucun n’eiU fait cela;
Plus que tous leurs discours j’admire ce irait-là. n n’est pas de hou mot qui vaille un bon office;
Mais votre femme aussi peut faire un sacrifice.
Ce bal, où sous vos yeux je dansais en espoir.
Ce bal, il fut huit jours mon rêve chaque soir.
Huit jours, à mon réveil, ma première pensée ;
Eh bien ! je n’irais pas , quand j’y serais forcée !
Cen est fait, votre ami lui sera préféré.
Vous aurez ce courage, est-il vrai?
liOETEVSE.
Je l'aurai.
Adieu tous mes projets, je reste sans murniiire ,
El pour monsieur Bonnard je garde ma parure.
Je reste avec plaisir. Tout à l’heure à vos yeux | J'étais bien, n’esl-ce pas ? Maintenant je suis mieux , ' J’en suis sûre. \
D.VXULI.F,.
Les raccommodements ont bien leurs avantages.
• UORTBVSE.
Mon ami!
DVXVIILE.
Chère IIorlcii.se!
nOHTEI'iSP..
Au fond, convcncz-cn , Vousdéfcndoz Bonnard en zélé partisan ,
El vous avez raison, puisqu’il vous rend service; Mais vous traitez le duc avec moins de justice.
D.VXVIUE.
Pour moi, je me crois juste et juste au dernier |M>iui.
H0RTEX5E.
Moi, je crois entrevoir que vous ne l’êtes point.
DAXVILLE.
C’est qu'à vingt ans, Hortense, on juge à la légère.
nORTEXSB.
C’est que plus lard, Banville, on est par trop sévère.
DAXVII.IE.
Vous pourriez vous tromper.
UORTEIV.SE.
Je puis avoir raison.