‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 256 sur 669 · DARU1.U · texte numérisé non relu

DARU1.U

Non, jamais contre loi je ne veux m’emporter.

IIORTEXSE.

Loin do nous cesdéliats qui irouident les ménages.

PELUIG^E.

Je soutiens...

QORTEXSE.

DARVIUE.

Arrêtez! eh quoi! notre querelle Pour Bonnard cl le duc déjà se renouvelle.

ÜORTEXSE.

Oui, (larlons sans humeur : faut-il , pour aimer l’un , Ouam! raulrc vous sert bien, le trouver ioiporiiin?

DAXVII.IE.

Oh! c’est tout different; l’un a mon âge, cl l’autre...

liORTEXSE.

Eh bleu ! achevez donc.

I daxvili.e.

\ Eh bien ! il a le vôtre.

I Pardonnez ; mon amour est étrange, et je sens I Que le temps, la raison sont des freins iiupiiiss.'uits. Que le cœur d’un vieillard, en proie à celte ivresse.

L’ÉCOLR 1)1^ VIEILLARDS. — ACTE III

Code à tous les lranS|>orls d'une aveugle leiulrcsse. <^uand on aime avec crainte, on aime avec excès. Jeune, ou sent qu’on doit plaire, on est sùrdii succès; Mais vieux, mais amoureux au déclin de sa vie, Possesseur d'un trésor que cliacun nous envie,

On en devient avare, oii le garde des yeux.

(!ommcnl voir col essaim de rivaux odieux,

Parés «le leur l>cl Age cl des cliarmes funestes Dont clmque jour qui fuit nous vole quelques restes, .*^an$ se glacer le cœur par la comparaison ,

Sans voir ses cheveux blancs, sans [)crdre la raison ! Je ne suispasjaloux, mais je sais me connaître.

Celui qui vous arrache, en vous lassant peul-étie,

Un regard, un sourire, un instant d entretien,

Mc semble un ennemi qui me ravit mon bien.

J'aime plus, tout le dit; ma crainte en est le gage ; Maisque nie sert d’aimer, s'il vous plaît davantage?

Je dois trembler, je tremble.... hélas! voilà mou sort; Voilà pourquoi le due roc ch.'igrinc si fort.

1l*olTus«ine ma vue, il me pèse, il me gène.

Je sens (]u'à son aspect je me contiens à peine ;

Je sens qu'un mol amer, qui vient me soulager,

Kn $us|>ens sur ma langue est prêt à me venger.

Je me maudis, j'ai tort ; c'est faiblesse ou délire.

C’est ce qu’il vous plaira; je souffre, cl je désire.

Non pas que votre :iiuour, mais que votre amitié,

Qui connaît mon supplice, eu ait quelque pitié.

B0RTF.S9E.

Que votre modestie à vous-méinc est cruelle!

Croyez qu’avec raison je murmure contre elle.

Ces rivaux, où sont-ils? que produiraient leurs soins? Soyez juste envers vous, et vous les craindrez moins. Kst-il quelr{u'un d’entre eux qu'avec plaisir j'écoule? C’est que de votre éloge il in'entreliciil sans doute, Kt cet air d’intérêt, dont vous êtes jaloux,

N’est qu’un remcrclment du bien qu'on dit de vous. Vous entendre louer me rend licurcuse et lière; MaispounjUüi des grandeurs nous fermer la carriiTC? Laissez un peu d'éclat publier mon iKnilteiir :

De vous, de vos talents, je veux me faire honneur,

Kl vous prouver que, juste autant qu'il est sincère,

(ic n’est pas par devoir que mon cœur vous préfère.

DAXVILI.E.

N’employez pas le duc, cl je consens à tout.

RüRTCXSE.

Voyez donc ce monsieur qu'on reçoit bien partout; Oui, ce premier commis; son crédit peut siilTire ; Mais chez lui, dès ce soir, allez vous faire écrire.

DXXVlUE.

Iloiicnsc, lu le veux?

ilOKTEXSZ.

Non, je ne le veux pas.

Non... mais, je vous en prie.

j D4XV1LLE.

Ah! j’y cours de ce pas...

Kl nonnard que j'attends; je ne sais qui l'arrête;

S'il arrivait!

IIURTEX^E.

Parlez; moi, je lui tiendrai télc :

J(t vais par le collège entamer l'cnlrelien ;

Il ne s'ennuiera pas.

D^XVILLE.

I Je cours et je revicn.

Après une querelle, il est doux de s’enlcmlro.

Kl le débat lini rend l'amilié plus tendre.

IIOUTENSE.

Les;icrifice est fait! En suis-je triste? Oh! non.

11 me coûtait un peu ; mais Danvillc est si Imn !... (Vile fête, à vrai dire, était Ircs-scdiiisaritc.

Dans tous ses agréments je me la représente :

Pour danser c’est à moi «pie le duc eût songé ;

Les daines de la cour en auraient enragé!

Quel plaisir! quel triomphe! .Vufailc’eslhien doimnage! Pour plaire aux deux amis écartons cette image.

Je les verrai contents; si je ris, ils riront,

Kl j'attends mon plaisir de celui qu’ils auront.

ta I>0)IE.<iTIQl E.

lœ duc fait demander si madame est visible.

IIOHTEXSB.

, Oui, qu’il entre. Ah! mon Dieu! voici l’instant terrible!

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