SCÈNE IL
DANVIIXE, MADAME SINCLAIR.
MADARE SnCLAIR.
N'avais-jc pas raison ,
Quand je vous ai prédit , cl mille fois pour une, Qu’ici vous attendaient les honneurs, la fortune? Receveur général! le bc.au litre! et je peux Vous saluer enfin de ce litre pompeux!
DAaVH.LE.
Ma femme vicndra-l-clle?
MADAME SINCLAIR
Ah ! quel trésor, mon gendre !
DAXVIUE.
Oui, j’ai depuis hier des grâces à lui rendre.
MADAME SI.ACLAIR.
Vous m’en devez aussi.
DAXAIILE.
Vous aurez votre tour.
Ma femme doit savoir que je suis de retour.
Je veux lui |^arlc^ seul: csl-cllc enfin visible?
MADAME SINCLAIR
Non, mon cher.
UAXVIUE.
t iommoni non ?
SCÉ>E III.
DxVNVILLE, MADAME SINCLAIR, BONN.VRD.
BORTARD, en üchor».
Danville! où le trouver? Danville!
Danvillc î
Eh! qu’as-lu donc pour crier aussi fort ,
Bonnard ?
BOXSARD.
(æ que j’ai? Dieu!
DAXVILIE.
D’oô te vient ce transport?
OOSXARD.
] Ce que j’ai ?
DATVm.E.
Voyons, parle.
I RUVNARD.
Il faut que je l'cmhr.issi*.
11 ne parlera pas.
BONNARD
Et ta place, la place!
Ah! que je suis content !
I/ÉCOLE \)¥^ VIEILLAUDS. - ACTE V.
SADAVE AITfCLAIR. A tlanvllle.
Soyez ilonc plus joyeu\.
DASVII.LE.
Mais tous CCS Imtils sont faux.
BUMSARD.
Non, non, jen crois mes yeux.
Tu ne peux récuser ccl oracle suprême ,
Ix; Moniteur, Danville, est la vérité même.
Ali! lu n’es pas nommé? regarde, lis,
DAXMUE
On n'en doutera plus.
BOXXARD.
O ciel' 1
Parbleu, c’est officiel! !
Et d'autant plus heureux tpie, tremblant pour ma place, J'oppose ton crédit au coup qui la menace; |
Car tous tes beaux senncnls, quand on en vient au fait, , Sont , comme tes soupers, de grands mots sans cfTei. Mon afl*aire avec toi prend un tour fort sinistre :
J'ai su qu'on en parlait hier chez le ministre.
BANVILLE. I
A mAdanie Siuctair. '
Voilà le dernier coup! Comment!
MADAME SINCLAIR
Sans contredit : i
Il Ta dit à saTemme, Hortense me l'a dit, |
Moi, je l'ai dit au bal : le tout pour votre gloire. |
DANVIILE. I
Exposer un ami!
MADAME SINCLAIR. j
Non, je ne puis le croire. I
Vn mol d’Hortensc au duc, cl tout est arrangé. |
BONNARD, avec Joie. |
Ah!
DANVU.LE.
L’on t'abuse ici sur le crédit que j’ai ;
Je n’en ai pas, Uonnard.
MADAME SINCLAIR
Monsieur, venez me prendre; | Avec vous chez le duc c’est moi qui veux descendre. ! Tout à l'heure en son nom je vais vous présenter.
Eh ! madame ! |
BONNARD
Mon cher, permels^moi d'accepter. ^
Péparc au moius le mal que tu viens de me faire. |
DANVILLE, A part. I
Maudit respect humain qui me force à me taire ! ;
DELAVIGNB.
BONNARD, A mail.imp Stn«:lalr.
J'ai deux mots à lui dire et vous m’excuserez.
Deux mots, et je vous suis.
MADAME SINCLAIR
Monsieur, quand vous voudrez.
SCÈiNE IV.
D.VNMLI.E, BONNAIID.
BONNARD
Tu sauras, mon ami, que ton lionhciir m’cnrliante !
Je m’en fais une image agréable cl touchante;
D’un désir tout nouveau je me sens embrasé.
J’en rêve... Je t’ai dit qu'on m'avait proposé Cnc jeune personne aimable cl fort joli' ...
El de te marier le ferais la folie?
BONNARD
Du ton que lu prends là je suis émerveillé ,
N’cst-cc pas toi, mon cher, qui me las conseillé?
Te marier. Bonnard!
BONNARD
Vois, dans un ministère.
Supprime-t-on quelqu’un, c’est un célibataire.
I/CS pères de famille ont un litre éloquent.
Qui plaide en leur faveur dès qu'un poste est vacant , Les défend dans leur place; eh bien! je me marie, Pour me trouver enfin dans leur categorie.
.V ion âge !
CONNARD.
De grâce, es-tu moins vieux que moi?
DANVIUB.
Oh! moi, c’est antre chose, eulends-iii bien ; mais toi. Je le vois en victime aller an sacrifice,
Tu cours tête baissée au fond du précipice.
Quand tu vas l’y jeter, je dois te retenir.
Hé! sais-tu, malheureux, sais-tu quel avenir Te punirait un jour d'une telle incartade?
Celle i<léc, à tou âge, est d'un cerveau itiulade :
Mon Dieu! qu’un vieux garçon connaît mal son bonheur! Kiiis d'un nœud inégal le charme sulmrncur.
C'est unir par contrat la raison au délire.
Et l'amour qu'on éprouve au dégoût qu'on inspire. Prendre une jeune femme à soixante ans passés,
Pour mourir de chagrin , vois-tu, c'en est assez.
11 faut rester garçon, il faut que tu me croies.
Ou l'abîme l'allond, tu le perds, lu te noies,
Tu n’en reviendras pas.
VJ
i.'fxou: OKS vn:iLL\r\i)s. — \m: \.
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UO>5AIUI.
Tou ellrui me confond :
Kl que fais-je, après toul?ceqiic lueii d’aulrcs font, que tu fis lui-inêiiic.