I..C ridicule enfin ? Jugez du sacrifice
^ Un ridicule ici fait plus de tort qu'un vice.
I Dites, frivole objet, que je in'cn veux d'aimer,
I Pur quels défauts Sassane a-t-il pu vous cbarmci ? Est-ce l'ambition qui trouble votre tète?
Eh bien î il ne faut pas dédaigner ma conquête :
Vers les honneurs aussi je me fraie un chemin ;
I Un rhume quelquefois mcll'fllal dans ma main ;
Le pins noble malade a scs jours de faiblesse :
C’est moi qui règne alors, même sur la princesse. be.atrix.
Ne vous y fiez pas ; qiioiqii'cn minorité Elle défend les droits de son autorité.
. .\sscmblage imposant de grâce et de noblesse ,
' Bonne avec fernicié , naïve avec finesse,
^ La princesse Aurélie aux honneurs qu'on lui rend .V (li'oil par son esprit bien plus (pie par son r.'ing. Elle sait op}>oser la ruse à rarlificc,
Calculer mûrement ce qu’on croit un caprice. Tolérer nos défauts afin de s'en servir;
Sans faiblesse apparente elle sait à ravir, j Nous cachant ses secrets et devinant les nôtres, j Tourner à son profit les faiblesses des autres.
; Enfin je la crois femme à jouer à la fois Et sa cour de jusitcc, et ce conseil des Trois Où siège des régents la sagesse profonde,
El vous, son mi deciii, qui jouez tout le monde.
PÛI.IÇASTRO.
El moi, je vous réponds que je la sais par cœur.
J'ai pris sur sa jeunesse un ascendant vainqueur;
Mais c'est sans la flatter: tout le monde l'admire;
I Quand la vérité fiailc, il faut |M)urlaut In dire.
I .Souvent à son avis je me rends sans clTui'l; j Mais quand elle a raison, puis-je lui donner tort?
I Le matin au palais, où mon devoir m'appelle,
I Grave ou g.ai tour à tour, je cause cl j'.apprcnds d’elle, ' Je lis dans scs regards où penche son désir,
; Et, donnant un confit, je prépare un plaisir;
Mais c’est pour sa sauté : d'après notre maxime, i Iæ plaisir sans excès est le meilleur r('*gime.
- Son goût change parfois, et je sai.s l'observer :
C'est un art innoctMit; un jour, à son lever, i L'ardeur de gouverner dans sa tétc fermente;
LA PRINCESSE AURÉLIE. - ACTE 1
Je (Us : Cesl un beau feu qu’il faut qu’on alimente :
Kt ce serait pitié, quand nos jours sont comptés, D'abaisser des riens ces hautes facultés.
Une affaire l'cnnuic, et j'ose lui défendre D'accabler son esprit du soin qu'elle va prendre. 1/écoIe de Salerne a dit en bon latin :
Qui veut marcher longtemps sc repose en chemin. Celle candeur lui plaît : son ennui sc dissipe ;
Jusqu'à parler afl;iire alors je m’émancipe ;
Kllecnrit, moi de même, et je suis écoulé.
Jugez démon pouvoir à sa majorité,
Si la fortune veut que pour vous je recueille L'héritage vacant de quelque portefeuille!
O fortune des cours, ce sont là de tes jeux !
Le ciel du ministère est changeant, orageux «
Kt dans ces régions au mouvement sujettes,
Pour une étoile fixe on a vu cent planètes.
Ah ! que le cercle tourne , et je puis quelque jour Poindre, monter, briller, me lixer à mon tour. Ingrate! et vous offrant une illustre alliance.
Vous couvrir des rayons de ma toiiic>piiissanre!
ISt&TRIX.
Un médecin ministre !
POIICASTRO.
Kh bien?
rtwRix.
f)n vous verrait
Signer une orvlonnancc en rendant un décret!
FOI ICASTBO.
Mais si révcnemenl enfin vous persuailc ,
Vous direz...
UËATRIV
Que l'Klal, docteur, est bien malade.
POLICASTHU.
Kt je vous servirais !
bXatrix.
Oui , vous êtes si bon !
Alphonse au grand lever viendra dans ce salon ; Hcsicz, il faut rnticndre. Ilélas! qu’il m’intéresse! ^ion, vous ne savez pas jusqu'où va sa tendresse ;
Pour flatter ses douleurs, vous }>ouvcz me blâmer; C'est un pauvre malade enfin qu’il faut câliner. Employez ces grands mols,ccs pliras(‘s, ces formules, Dont la sulcnnité trompe les moins crédules :
Soyez bien éloqueiU : parlez comme les joui*s Où nous vous écoutons, quand vous ouvrez un cours; Car ces jonrs-là, docteur, vous êtes adniirable.
Et vos raisonnements ont l'air si raisonnable!
POUCASTRU.
Mais.,.
BÊVTRIX, sorlADt.
I.a princesse ailcnd, je cours à mon devoir. Parlez, priez, blâmez : vous avez plein pouvoir.
I SCKNE II.