‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 294 sur 669 · I.A l’IUM’.i;.SSE AimÉME. — ACTE II · texte numérisé non relu

I.A l’IUM’.i;.SSE AimÉME. — ACTE II

ALPUO?(SK, avec cbatetir.

Madniiic, ù son pays on doit tout immoler!

Non; je n'immole rien : pourquoi vous le celer? Hélas! il faut aimer pour faire un sacrifice;

Mais plus fier, plus heureux, quel qu'en fiUlc supplice,

Je l'offrirnis cneoi'e au devoir tout-puissant

Qui dispose à son gré de mon cœur, de mon sang,

V vos iioMes aïeux, à votre auguste i>èrc,

\ vous surtout, madame, à vous que je révère,

■V vous qu'avec lrans|>ort je...

AVB£L1E,co levant.

Vous aimez vos rois :

Ot amour m'est connu ; j’y compte cl je vous crois. Dans de tels sentiments persévérez sans cesse ;

Je vois qu'on m'a trompée et j’en gémis.

ALPII05SE.

Princesse!

At'llÊI.IC.

Tout juger de trop bas ou tout voir de trop haut,

Des sujets et des rois c'est là le grand dtifaiil :

(jnice aux details nombreux , aux nouvelles tumièivs, Que j’ai reçus de vous sur l’état des frontières,

Je juge vos travaux, je conçois mieux vos plans,

El rends justice entière ù vos soins vigilants.

Restez auprès de moi, la cour vous est si ciière!

C'est un défaut pourtant dans un homme de guerre : Je l’excuse. Adieu, comte... Ab! j'avais oublié.

Il faudra des régents cultiver l'amitié.

Que votre oncle vous voie et qu'il vous félicite...

A notre promenade aussi je vous invite.

Si ce délassoinoiU a )>our vous quelque attrait :

Mais n'y venez qu'autani que cela vous plairait.

En serez-vous?

M.'idamo!

.VI BELIE.

Adieu doue.

SCÈMi IV.

'aumïonse.

C’est un ange.

Do fierté, de douceur, adorable mélange!

Que son regard royal a de charme cld’éelal!

Et puis quelle aptitude aux aflâires d'État!

Discuter sur un fait purement militaire!

Cet esprit , à lui seul, vaut tout un ministère.

C'est par amour du bien que j'en suis amoureux; Sous son gouvernement que nous serons lieuroux !...

3it

Je bravais son jmuvoîr; je voulais m’y soustraire , Tenir à mes projets : j'ai fait tout le contraire.

I J’ai tort, mille fois tort, ma rai.son me ledit;

I Mais quoi ! mon traître cœur tout bas s’en applaudit , S’humilie avec joie, et, vaincu par ses charmes. Trouve un plaisir d’esclave à lui rendre les armes, j C'en est fait!

SCÈ^E V,

Le me n’ALBAM), ALPHONSE.

t'X nt lSSIEB , annonçant.

Sa Grandeur, le régent dn trésor!

^ Al.rHOXSE.

.Mon oncle! Un plan nouveau le préoccupe encor :

I II |>araU lounnculé d'un calcul de nuance.

AI.BAX(>,*ann voir .Viptioiuc,

1 Je ne pourrai jamais établir la balance :

I C’cslloujoiirsmonécueil; les emprunts sont cbarmanls. Hormis les intérêts et les reiiiboursenicnts.

Pour assaillir Pa'stum c'est ma ressource unique; Mais quel projet ! projet d'utilité publique,

IVojet dont le pays se trouvera liés-bien!...

I ALPIItiXSE.

El puis vous aurez là, mon oncle, un fort licaii bien.

j ALIAXO.

Qui! vous ici, monsieur?

Al.rilOV9E.

Par quel onlre?

Moi-niémc.

AlBAXO.

Eb! mais, de grâce,

D'abord que mon oncle m'embrasse.

ALBAVO.

Répondez, s'il vous plaît.

ALPIIO.XSE.

A quoi !*on oc courroux?

Par l’ordre des régents : eb quoi ! rignorlez-voiis?

! ALC.VVO.

j Monsieur, quaiuIongouvcriic,on sait tout : maismaiéic ! Roulait iin grand dessein qu’au passage on arrête, j Mc prendre à rimprovisle, et venir se heurter I Contre un calcul naissant que j’allais enfanter!

{ ALPflUVSE.

Je reconnais mes torts.

ALBAXO.

C’est trop heureux. J’augure

l.A PniNCESSE AURÉUE. - ACTE II.

Que vous faites en cour une triste figure.

On vous a mal re^ti?

ALpnu?(SE.

Moi! mon oncle; un accueil Qui d'un régent lui-roéme cfit satisfait l'orgueil !

Une grAce achevée! une bonté louchante!...

AIDAVO, avec lOkdrCMO.

Ah! cher comte, tant mieux : voire honheurm'cnchanle. i

A1.PBOV5E.

Des éloges sans nombre! et je dois ajouter Qu'on invite mon oncle à inc féliciter.

ALDAXO , lut Acrranl la main

ALPBOVSE.

Düurvivrc avec mon nom il faut des revenus,

El les miens jusqu'ici ne me sont pas connus.

Al-BArU).

Je me meilrni pour toi l'esprit à la torture ;

Je te promets...

AI.PROVSE.

Vos fonds?

ALBAXO.

Non : quelque sinécure.

ALPHONSE

A moi?

Du meilleur de mon cœur, ce cher neveu 1 Mon frère ! M'engagea si souvent à te servir de père!...

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