‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 325 sur 669 · I.aissci-moi ilirc... On nous a séparés · texte numérisé non relu

I.aissci-moi ilirc... On nous a séparés

De changer dans ralisencc on nous crojail capalilcs , Mais peul-on désunir deux amants véritables!

BtVTRIX , ban.

Quoi!

ALPnOVSE.

Ba». liant.

Laissez-moi parler... Non, loujoiirs pluscoiisiaiils Nos feux oni triomphé de l'absence cl du temps.

Que deux cœurs éprouvés par tant de sacrifices Soient aux pieds de raiilel unis sous vos auspices.

Vous ne sauriez former un nœud mieux assorti,

Plus doux, plus heureux...

Bf.ATRlX.

Mais...

AivnoxsE.

Haut, i B^'alHx.

Vous avez consenti.

Votre main fut i moi , je la réclame encore De vous, de Son Altesse; et ce bien (pic j’implore, Qu’un autre a mal connu, qu'il n'a pas luériié,

Doit cire enfin le prix de ma fidélité.

A AurCIltf.

Madame , aceordez-moi la faveur que j’espère ,

El l’obtenir de vous me la rendra plus ebère.

AlRtl IE. A BCxtril.

Vous donnez votre aveu?

DËATRIX.

Mon sort est dans vos mains :

J'attends pour obéir vos ordres souverains.

AIRÉUE.

Mes ordres! quel respect!

BË.VTRIX.

Je saurai m'y souincUrc.

AtRËLlE.

Le comte, en me quittant, ira vous les Iransinourc.

OOalrix tort.

SCÈ.NE Vil.

AlUÉl.lE, ALPHONSE.

AirRËI.IE.

Vous l’aimez ?

ALPHOXSE.

Oui, madame, oui, je l’aime, et je vois Qu’il ne nous est donné d'aimer bien qu’une fois.

Un premier scnlimcui, quoi qu'on dise et qu’on tasse, (iravé dans notre cœur jamais ne s’en efface.

I Trop ému de ma joie, en rentrant dans les nœuds ' De celle A qui d'abord j’avais offert mes vœux ,

I Je peins mal mes lransi>orts ;maiscomblcz notre envie. Madame , et vous ferez le bonheur de ma vie.

AlBÊLIE.

Vous l’aimez?

AlPHOVSE.

El... pourquoi... ne l’aimcrais-jc pas?

Une autre peut encor réunir plus d’appas,

Un charrae plus puissant cl plus irrésistible:

Mais la comtesse est hcHe, elle est bonne cl sensible, M’écoule sans dédain, cl n'a pas refust* l/liommagc qu’à sa place une autre eiU méprisé. aibelib.

Je ne combattrai point un projet qui m’étonne;

Vous recherchez sa main?... Eh bien ! je vous la donne.

I Mais avant que ces nœuds soient par moi consacrés,

! Écoutez ma demande cl vous y répondrez.

Digne de vos aïeux, dont l’antique vaillance ! Vous rapproche du Irène autant que la naissance,

I Ainsi que de leur rang, vous avez hérité i De leur noble franchise cl de leur loyauté.

’ Au nom de Beatrix , dont le sort m’intéresse ,

Cest à leur dc.sccndanl , à vous , que je m’adresse ;

! Alphonse d’Avella, l’aimcz-vous?

ALPIIOXSE.

Mais... je croi...

I Je .s<;ns... .Vh ! quel empire avez-vous pris sur moi?

I Non ! je ne l’aime pas! je n’aime rien , madame ! i Ou plutôt, puisqu'enfm il faut ouvrir mon àme.

Ma folie est au comble, cl j'aime une beauté I Que j’inventais sans croire à sa réalité ;

I Qui, mobile à l’excès, indulgente ou sévère ,

I Charme, irrite à la fois, enchante et Ucses(œrc.

! J’aime un objet qu’en vain je voudrais définir;

J’aime ce que jamais je ne dois obtenir;

J’aime qui me dédaigne, et se fait une joie

Des fureurs, des tourments où mon Ame est en proie;

J'aime ce que je liais, ce que je dois haïr,

Vous! vous-même, cl je doute en osant me trahir,

I Quand je cède à vos pieds au transport qui m’entraîne, ! SI je ressens pour vous plus d’amour que de haine.

I ACRÉLIE.

Qu’avez-vous déclaré? Vous, comte, à mes genoux!

ALPU07ISE.

Je me perds , je le sais , mais j’y reste ; il m’est doux , C'est un plaisir amer qui va jusqu’à l’ivresse ,

; D'oser vous répéter l’aveu de ma tendresse ,

I De voiis dire en dépit du respect, du devoir, Qu’clouffer cet amour passe votre pouvoir.

5iO

I,A miNCESSE AURÉLIE. — ACTE IV.

Dcmandcz-moi |)lulùl, vous serez oWic,

O'anéanlir mes sens cl mon coeur cl ma vie :

Oui , ce cœur , mieux vamirail ccnl fois ranéunlir Que de le condamner Ane plus rien sciilir.

Al KClIE.

Alplionse, levez -vous.

ALPIIOX9E , en 6C relevant.

Alphonse! 6 ciel! Alphonse!...

Ah ! madame! ce nom que votre voix prononce,

Votre cœur le dément ; mais le charme est détruit.

Je repousse l'appût qui tongicmps m'a séduit...

Qu ai-je dit? Je me trouble, cl crains votre présence Je fuis, soyez heureuse; une prompte vcngc.ancc Punira l'insensé qui vient de vous braver,

Kl la mort est partout |K>ur qui veut la trouver.

Al'RÉLIE.

Comte!

ALPHONSE, revenant.

Vous me plaindrez; sans doute on vous adore! Mais avec celle ardeur, ce feu qui me dévore,

Ke dévouement de l'Âme, avec cet abandon T>c mes vœux, de mon sort, de toute ma raison , Jamais I D'un peuple entier fdi-on idolâtrée ,

Deux fois â CCI excès on n'est pas adorée.

ACRtUB.

Avant la fin du jour ne quittez point ces lieux

AIPUONSE.

OÙ votre hymen m'apprête un spectacle odieux î Kl vous m'imposeriez ce deroier sacrifice!

Non , c'en est trop, je pars et finis mon supplice.

ACEÉLIE.

A paru A AlphODJC.

Commcnl le reicnir? Usez-vous résislcr?

AlPHOnSE.

Conlrc un ordre barbare on doil se révollci .

ACEtUE.

Un snjcl le |ieul-il ?

AUPnomE.

Ail ! j'ai cessé de l'clrc ,

Je me suis affranchi ; je redeviens mon maître.

AVEÉLIE.

Éicouicz-moi du moins.

ALPDOnSB , qui ft'éloisne.

Vos dangereux aceenls

Auraient pour m'arrêter des charmes trop puissants. aceSue.

Songez qu'à demeurer j'ai droit de vous contraindre.

ALPnOSSE.

Vous?

Al'EtLie.

Craignez...

AirnoESE.

Je vous perds, je n'aiplus rien à craindre. Adieu, madame, adieu!

Il iVlancc pour «orilr.

AURÉLIE, appcIanL

Duc de Sorrentc , à moi !

Le (lue entre avec de» garde».

Assurez-vous du comte : obéissez.

ALPHOSSE.

Eh quoi I

Vous!... je suis confondu.

AUEZLIE, au duc.

Faites ce que j'ordonne.

Iæ comte est prisonnier : veillez sur sa personne . Observez tousses pas; je le veux, j'ai pari.!;

Il suflil.

ALPnOXSE.

Je comprends que je sois exilé;

Mais prisonnier d'ÉtatInon, cet acte arbitraire N'est pas digne de vous.

Il aorl avec Ica garde..

AI'RBlib, aourlanl.

Et pourtant commcnl faire?

Voyez  quels excès on porte un souverain !

Mais s'il lient à partir, il le pourra demain.

ACTK ClINgillÈMü.

l n Irûnc élevé de quelques degrés est préparé sur un dos e^tés de la scène. Les courtlsnns forment des groupes ou se proiiiO- ' nenlavcc aglUtlon.

Page 1