‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 371 sur 669 · SCÈNE PULMIÈilE · texte numérisé non relu

SCÈNE PULMIÈilE

ÉLÉNA, FALIERO.

£iena cal aaaiac, le couUo Apiitiÿé sur une Ubie : vile tlurl. FALIERO, qui eiilrc par le rond.

Qu'iU ramaieiU lentement dans ces canaux déserts! Ee vent du midi rè|{nc; il pèse sur les airs ,

Il m'oppresse» il m'accable... Expirer avant Cdgc, Lui, que je vis liicr s'élancer sur la plage.

Franchir d’un pas léger le seuil de ce séjour!

Il arrivait joyeux : aujourd'hui quel retour!

Apercevant la ducbcasc.

Eléna m'ationdait dans ses habits de fêle ;

Sa parure de bal couronne encor sa télé.

Le deuil est là, près d'elle; cl le front sous des fleurs, Elle a fermé scs yeux sans prévoir de malheurs. l..aissons-ics du sommeil goûter en paix les charmes, Ils ne se rouvriraieul que pour verser des larmes. Elëva, eoilormic.

Hélas!

FALIERO

D’un rêve affreux son cœur est agité ;

Moins alfrcux cependant que la réalité:

Bientôt...

LlEXA, <Iv inCmc.

Mort de douleur... en te trouvant... coupable.

D’un sou|>v'on qui l'outrage, ù suite iiiéviiabh*! Jusque dans son repos, dont le calme est détruit ,

De mon funeste aveu le souveuir la suit.

Chère Éléria !

£l Eva, •Ctolliuil.

C}u'eulends-je? où suis-je? qui m'appL-lle? rAtlEHU.

Tou ami.

ËI.ÉXA.

Vous! c’csl vous!

FALIERO

A mes désirs rebelle,

Par tendresse, il est vrai, pourquoi m'allcodrc ainsi? £l£xa.

Que vous avez lardé!

FALIERO

Je lai dû.

£l£ra.

I Vous voici!

j C’est vous!..Dieu!qucls tourments m'a causés votre ab- Jc marchais,J'écoutais: dans mon impatience, [seuu'l , Quand le bruit d’une rame éveillait mon espoir, J'allais sur ce balcon me pencher |>our vous voir.

’ La gondole en passant m'y laissait iimiiobile;

Tout, excepté mon cœur, redevenait tranquille.

J'ai vu les astres fuir et la nuit s'avancer,

Et des {uilais voisins les formes s'effacer,

El leurs feux qui du ciel perçaient le voile sonthro. Eteints jusqu'au deruier, disparaître dans l'ombre. Que l'aitente et la nuit allongent les moments !

Je ne pouvais bannir mes noirs pressentiments.

Je tressaillais do crainte, et pourquoi? je rigugre.

FALIERO

Tu trembles sur mon sein.

I £l£va.

I Quand donc viendra l'aurore?

! Oli! qu'un rayon du jour serait doux |>our mes yeux? j Funeste vision!... quelle nuit! quels adieux!

I II ni'a semblé... j'ai cru... l’abîme était horrible!

I El mes bras, que poussait une force invincible, j Voiisiruinâicni,vousploiigcaicnldanscelabiiueouvcn, I Malgré moi, m:iis toujours, toujours!... Que j'ai souffert ! J'eiitcmlseucor ce cri qui du loinbc^au s'élève,

Qui m'accuse... O bonheur! je vous vois, c'est un rêve!

\ ^ie crains plus.

FALIERO

MARINO FALIERO. - ACTE IV

Loin de moi quel soin vous appelait ?

FAUEKU.

Tu le sauras.

£lS5A.

Si tard , dans l'ombre !

FALIERO

Il le fallait.

Pour vous accompagner, pas un ami?

FALIERO

. Personne.

Él.t1»A.

Pas meme Fernando?

FALIERO

Lui , grand Dieu !

UEXA.

Je frissoime.

Vous cachez dans vos mains votre front abattu.

O ciel! du sang!

Déjà?

ClEaa.

Le vôtre?

FALIERO

Que dis-tu?

Que U est-il vrai!

ELEVA

Parlez!

Qui n’a pu ranimer une existence ôtcinic!

J’ai trouve sur son cœur récliaulTé par ma main,

, Ce tissu malheureux qui le couvrait en vain :

I Quelque gage d'amour!

' ElEüA, qui recoanait «on 6cbari»c.

La force m’abaudoune.

Objet funeste, affreux !

I FALIERO

Ail! qu'aUjc lliit? pardonne.

J’aurais dû t’ôpargiier...

I ELt!fA.

Non! c’est mon cliùtimcni.

Ne m’accusait-il pas à son dernier moment?

Lui qui mourait pour moi!... Fernando!...

I Je l’aUesic

Par son sang répandu, par celui qui me reste ,

Ceux qui causent nos maux gémiront à leur tour.

' Nuit d’horreur !

FALIERO

Que doit suivre un plus horrible jour.

tLÉXA.

Le deuil, à son lever, couvrira ces murailles.

FALIERO

Ce jour SC lèvera sur d’autres funérailles.

elexa.

Quoi!...

FALIERO

Un autre...

FALIERO

ImI mort est ici, mais elle en va sortir.

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