SCÈNE PULMIÈilE
ÉLÉNA, FALIERO.
£iena cal aaaiac, le couUo Apiitiÿé sur une Ubie : vile tlurl. FALIERO, qui eiilrc par le rond.
Qu'iU ramaieiU lentement dans ces canaux déserts! Ee vent du midi rè|{nc; il pèse sur les airs ,
Il m'oppresse» il m'accable... Expirer avant Cdgc, Lui, que je vis liicr s'élancer sur la plage.
Franchir d’un pas léger le seuil de ce séjour!
Il arrivait joyeux : aujourd'hui quel retour!
Apercevant la ducbcasc.
Eléna m'ationdait dans ses habits de fêle ;
Sa parure de bal couronne encor sa télé.
Le deuil est là, près d'elle; cl le front sous des fleurs, Elle a fermé scs yeux sans prévoir de malheurs. l..aissons-ics du sommeil goûter en paix les charmes, Ils ne se rouvriraieul que pour verser des larmes. Elëva, eoilormic.
Hélas!
FALIERO
D’un rêve affreux son cœur est agité ;
Moins alfrcux cependant que la réalité:
Bientôt...
LlEXA, <Iv inCmc.
Mort de douleur... en te trouvant... coupable.
D’un sou|>v'on qui l'outrage, ù suite iiiéviiabh*! Jusque dans son repos, dont le calme est détruit ,
De mon funeste aveu le souveuir la suit.
Chère Éléria !
£l Eva, •Ctolliuil.
C}u'eulends-je? où suis-je? qui m'appL-lle? rAtlEHU.
Tou ami.
ËI.ÉXA.
Vous! c’csl vous!
FALIERO
A mes désirs rebelle,
Par tendresse, il est vrai, pourquoi m'allcodrc ainsi? £l£xa.
Que vous avez lardé!
FALIERO
Je lai dû.
£l£ra.
I Vous voici!
j C’est vous!..Dieu!qucls tourments m'a causés votre ab- Jc marchais,J'écoutais: dans mon impatience, [seuu'l , Quand le bruit d’une rame éveillait mon espoir, J'allais sur ce balcon me pencher |>our vous voir.
’ La gondole en passant m'y laissait iimiiobile;
Tout, excepté mon cœur, redevenait tranquille.
J'ai vu les astres fuir et la nuit s'avancer,
Et des {uilais voisins les formes s'effacer,
El leurs feux qui du ciel perçaient le voile sonthro. Eteints jusqu'au deruier, disparaître dans l'ombre. Que l'aitente et la nuit allongent les moments !
Je ne pouvais bannir mes noirs pressentiments.
Je tressaillais do crainte, et pourquoi? je rigugre.
FALIERO
Tu trembles sur mon sein.
I £l£va.
I Quand donc viendra l'aurore?
! Oli! qu'un rayon du jour serait doux |>our mes yeux? j Funeste vision!... quelle nuit! quels adieux!
I II ni'a semblé... j'ai cru... l’abîme était horrible!
I El mes bras, que poussait une force invincible, j Voiisiruinâicni,vousploiigcaicnldanscelabiiueouvcn, I Malgré moi, m:iis toujours, toujours!... Que j'ai souffert ! J'eiitcmlseucor ce cri qui du loinbc^au s'élève,
Qui m'accuse... O bonheur! je vous vois, c'est un rêve!
\ ^ie crains plus.
FALIERO
MARINO FALIERO. - ACTE IV
Loin de moi quel soin vous appelait ?
FAUEKU.
Tu le sauras.
£lS5A.
Si tard , dans l'ombre !
FALIERO
Il le fallait.
Pour vous accompagner, pas un ami?
FALIERO
. Personne.
Él.t1»A.
Pas meme Fernando?
FALIERO
Lui , grand Dieu !
UEXA.
Je frissoime.
Vous cachez dans vos mains votre front abattu.
O ciel! du sang!
Déjà?
ClEaa.
Le vôtre?
FALIERO
Que dis-tu?
Que U est-il vrai!
ELEVA
Parlez!
Qui n’a pu ranimer une existence ôtcinic!
J’ai trouve sur son cœur récliaulTé par ma main,
, Ce tissu malheureux qui le couvrait en vain :
I Quelque gage d'amour!
' ElEüA, qui recoanait «on 6cbari»c.
La force m’abaudoune.
Objet funeste, affreux !
I FALIERO
Ail! qu'aUjc lliit? pardonne.
J’aurais dû t’ôpargiier...
I ELt!fA.
Non! c’est mon cliùtimcni.
Ne m’accusait-il pas à son dernier moment?
Lui qui mourait pour moi!... Fernando!...
I Je l’aUesic
Par son sang répandu, par celui qui me reste ,
Ceux qui causent nos maux gémiront à leur tour.
' Nuit d’horreur !
FALIERO
Que doit suivre un plus horrible jour.
tLÉXA.
Le deuil, à son lever, couvrira ces murailles.
FALIERO
Ce jour SC lèvera sur d’autres funérailles.
elexa.
Quoi!...
FALIERO
Un autre...
FALIERO
ImI mort est ici, mais elle en va sortir.