‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 375 sur 669 · I SCÈNE V · texte numérisé non relu

I SCÈNE V

EALIERO, LIONI, BERTRAM.

FALIERO, rruitlemcnt i Lioni.

ClEXA . I)«» nu dogr.

(a: nom vous Iruuhio. J'éconlc,

Eli hieii , que savez-vous?

mahino fauero. - acte iv.

J'ciais seul, en proie à la tristesse Qui suit parfois cl'un bal te tumulte et Tivressc,

De je ne sais quel trouble agité sans raison. ,

Un homme, estait lui, client de ma maison ,

Que j'Iionorai longtemps d'une utile assistance , |

Et qui m'a dû tantôt quelque reconnaissance, I

Héclame la faveur de me voir en secret.

Écarté par mes gens , il insiste : on l'admet.

4 Devant Dieu , me dit-il, voulcz-vous trouver grâce? j > Ne sortez pas demain. i Je m'étonne; à voix basse, I l/œil humide , il ajoute , en me serrant la main : |

< Je suis quitte avec vous; ne sortez pas demain. *

Et pourquoi?... Les regards inclinés vers la terre, Immobile , interdit, il s'obstine à se taire.

J'épiais sa pâleur de cet œil pénétrant

Dont je cherche un aveu sur le front d'un mourant ;

Je le presse ; il reprend d'une voix solennelle : t Si la cloche d'alarme à Saint-Marc vous appelle ,

» N’y courez pas, adieu!. » Je le retiens alors :

On l'entoure à ma voix , on Tarrétc; je sors.

Quatre rameurs choisis sautent dans ma gondole ,

Il y monte avec moi : je fais un signe , on vole.

Et je l'amène ici, pour qu'au chef de l'Éial '

Un aveu sans détour dénonce ralientai. !

rALIERO.

n n'a rien dit de plus?

Liom.

Mais U doit tout vous dire. | Je ne suis pas le seul contre qui l'on conspire.

Si j'en crois mes soupçons , Venise est en danger : |

Qu'il s'explique , il le faut.

FAUERO.

Je vais l'interroger.

Il t'aMied entre Bcrlrun cl Üoni qui c»t appu] e mir le ilcw de «on

Approchez : votre nom ?

N’ayez aucun effroi.

LIOXI.

I Si lu ne caches rien, ta grâce est assurée.

FAUERO.

I Je sauverai vos jours , ma parole est sacrée ;

' Vous savez à quel prix?

BERTRAM

Je le sais.

I FAUERO.

I Descendez

I Au fond de votre cœur, Bertram ,et répondez, Quand vous aurez senti si votre conscience Vous fait ou non la loi de rompre le silence...

LIORI.

Quels sont les intérêts dont tu vas di$|K>$er.

FAUERO.

El quels jours précieux vous pouvez exposer.

BERTRAX.

J’ai parlé; mon devoir m'ordonnait de le faire.

I Et maintenant il vous force à vous taire.

Si je vous comprends bien ?

BERTRAX.

I II est vrai.

LIOM.

I L’Éiemcl

I Te défend de caclicr un projet criminel.

Ce projet, quel csl-il?

BERTRAM

Je n'ai rien à répondre.

Lioxr.

Mais ton premier aveu suflil pour le confondre.

BERTRAX.

Une voix m'avait dit : Sauve ton bienfaiteur.

UO:iI, bai au do^e.

On le révère ;

On cite à Riallosa piélé sévère :

l‘ar1cz-lui du ciel.

Oui. Ikrlratn, regardei-nioi.

Je suis donc menacé ?

la; rlief de ce coniplol ?

Quel csl raiitciir.

.Seigneur...

l.èvc les veux.

Qu'il me pardonne; , J'ai voulu vous sauver, mais .sans trahir personne.

MARINO KALIEBü. - ACTE IV.

IIOFII.

Scrais-tu son complice?

r.tuno.

Ou seulement un bruit , !

Quelque vague rapport vous aurait-il instruit?

SIITRII.

Je ne mentirai pas.

IIOVI. j

Alors que dois-je eraindre ? j Quel poignard me poursuit?où, quand doit-il m'atlein- Comnient? [<lrc,

BEBTRAH. i

De ce péril j’ai dû vous avertir ;

C'est h vous désormais de vous en garantir.

Ma Uebe est accomplie.

LIOVl.

Et la nôtre commence :

Les douleurs vont bientôt...

BERTRAJI, t«UAnl un pa* Tcr« le doge. r

Quoi! vous?... I

FILIUO. ;

Notre clémence [

Suspend encor l'emploi de ce dernier moyen.

Bac i Llooi.

Réduit au désespoir il ne vous dirait rieiî.

uojfi.

Bac au doge. A Bcrlram.

11 faiblit. Tu l'entends» nous voulons tout connaître. Songe que Dieu l'écoute.

£t qu'il punit le traître.

BERTRAM

Malheureux ! i

Que lu peux mourir dans les lonnncnls Sans qu'on te donne un prétreà tes derniers muiucnls.

* BERTRAI.

Dieu! qu'enlcnds-je?

FALIERO

Oui, demain.

UUNl.

N'accordons pas une lieun;.

Non, pas meme un instant; qu'il s'explique ou qu’il BERTRM. [meure, j

Je ne résiste )>ius. i

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