I.ARASL
Toujours le frère du soldat.
Consolant le blessé qui survit au combat.
FALIERO
Ces temps-là ne sont plus!
ISRAËL
Mais alors quelle joie
Quand nous fendions les mers |K)ur saisir notre proie ! ,
FAI.ISRO.
En nuailre sur les flots du golfe ensanglanté,
Que mon Lion vainqueur voguait avec fierté ! Tu l'en souviens?
ISRAËL
O jours d'éternelle mémoire!
Que Venise était belle après une victoire!
FALIERO
El nous ne mourrons pas sous notre pavillon !
ISRAËL
Misérable Bertram ! parler dans sa prison ,
Nous trahir, comme un tâche, à l'aspect des tortures! Comptez donc sur la foi de ces âmes si pures,
Sur leur sainte ferveur! El tremblant, indigné.
Le tenant seul à seul vous l'avez épargne?
FAUEEO.
Il pleurait!
ISEAEL.
D'un seul coup j’aurais séché scs larmes.
FAUEEO.
Pcul-èlrc.
ISEAEL,
Dans mes bras, si j'eusse été sans armes , J'aurais, en l'éiouflant, voulu m'en délivrer :
Mon général sait vaincre, et je sais conspirer.
FALIERO
Pourquoi tous tes amis n'oni-ils pat ton courage!
ISRAËL
Ils viennent de partir pour leur dernier voyage. Strozzi vend nos secrets qu'on lui paye à prix d'or;
Il vivra. Mais Pieiro, je crois le voir encor ;
L’œil fier, d’une main sûre et sans reprendre haleine , Il vide, en votre honneur, sa coupc trois fois pleine, S’avance, et répétant son refrain familier:
( Que saint Marc soit , dit-il , en aide au gondolier! « Il s'agenouille alors, il chante, cl le fer toiiilie.
FALtEEO.
Nous le suivrons tous deux.
ISEAEL.
Non : pour vous sur ma tombe Le soleil de Zara doit encor se lever.
MARINO FAMERO. — ACTE V.
FAL1KRU. I
yirespôrc8-iu? jamais. j
ISRAEI-. I
Trop lâclics pour braver I
Le iieiiple niriciiv rassemblé dans la place, j
De condamner leur père ils n'anront pas l'audace. |
Moi, pendanl lont un jour qti*onl rempli ecs débals, ! J'ai su me résigner. Que ferais-je iei-lws?
Je n’ai [toinl de famille el n’ai plus de pairie ;
Mais vous , voire l’iléna , voire é*pousc cliérie...
f ALIERO, avec douleur.
Israël !...
ISRiVE?..
Ab! pardon! ce iium doit vous troubler.
Un marin lel que moi ne sait pas consoler;
Son bon cuMr (]ui t’cnlraîne a iMüsoin d'indnigenee.
ISRAEI..
El,si je dénonçais les Iraîtrcs vérilabics, Périraiciil-ils?
RERETIIDE.
Le soir.
ISRAËL
Je vous dénonce ions.
Finissons; vos bourreaux m'ont lassé moins que vous.
Il rrtombr aitii*.
CEVETIVDE.A Fallero.
îyC doge en sa faveur n’a i-il pins rien à dire?
FAUr.RO.
Cliofdcs Dix, quel que soiiruiret que lu vas lire, J’en appelle.
BXRETIRDE.
A qui donc?
FAUERO, après lui avoir MrrrC la main.
Ils reviennenl. I
ISRAËL, »e relevant. |
Debout j'cnienilrai ni.t sentence. i
SCLNE II. I
K Al.llilVO, ISUAKI-, BEMCTINDE, I.IOM, STÉNO, ; LES Dix, les Merures de la Junte, Gardes.
8ENETINDE.
Le crime reconnu, les témoins écoulés.
Tel est l'arrél des Dix parla Junte assistés :
Israël neriuccio, sois puni du supplice Qu'on réserve au forfait dont lu fus le complice.
Meurs : c'est le châtiment contre loi prononcé. {
Sur le balcon de marbre où le doge est placé ,
Qu.’uid des jeux solennels il contemple In fête, '
Le glaive de la lui fera rouler la tête. |
ISRAËL. 1
Ksi-il prêt ! je le suis. I
IIONI.
Tu n'as plus qu'un moment: '
Un aveu peut encor changer ton chûiimeni. '
Que cl»erehcs-lii ?
ISRAËL
Ces mois oui droit de me conibndre ; i Je cherchais si Bertrani éiait là pour réjiondre. I
LIONI. i
Fidèle à son devoir, il a su le remplir. {
ISRAËL
Oui, comme délateur : quand doit-on l'anoblir? i
BENETINDB.
Ainsi lu ne veux pas nommer d'autres ooupabics? !
FAI.IERO.
A mon peuple ici-bas,
Fl dans le ciel à Dieu.
BENETINDE.
Que Dieu l'ouvre ses bras, C'est ton juge : après nous , tu ii’cn auras pas d'autre.
PALIBRO.
Son tribunal un jour me vengera du vôtre;
Montrant Sténo.
Il le doit. Parmi vous je vois un assassin!
BENF.TU1DS.
Fn vertu de sa charge admis dans notre sein,
A siéger malgré lui Sténo dut sc résoudre.
rtBnu.
c, un seul vœu dans rurne est tombé pour l'ah-
LisoE ,j aliends.
BENETMDE, iTiinc voit emuc.
Piiissé-jc élolifler la pillé Que réveille en mon cœur une ancienne amitié !
A Faiicro.
t Toi , noble, ambassadeur, général de Venise,
> Fl gouverneur «le Rhode à tes armes soumise,
» Duc de Vald-Mnrino, prince, chef du .sénat,
I Toi doge, convaincu d'avoir trahi l'Étal... * Paujint la tcntrncc A Lioni.
Achevé?.! je ne puis.
i.iü'ii.
< Tu nioiims connue trailre.
> .Mauilltscra lu jour où tu fus notre iiiaitrc.
• Tes pabvls et tes liel's grossiront le trésor;
• Ton nom disparaîtra , rayé du livre il’or.
• Tu mourras où ton front ceignit le diadème ;
> E'escalier des Géants, à ton heure suprême.
MAIUM) FALIKnO.