‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 384 sur 669 · I.ARASL · texte numérisé non relu

I.ARASL

Toujours le frère du soldat.

Consolant le blessé qui survit au combat.

FALIERO

Ces temps-là ne sont plus!

ISRAËL

Mais alors quelle joie

Quand nous fendions les mers |K)ur saisir notre proie ! ,

FAI.ISRO.

En nuailre sur les flots du golfe ensanglanté,

Que mon Lion vainqueur voguait avec fierté ! Tu l'en souviens?

ISRAËL

O jours d'éternelle mémoire!

Que Venise était belle après une victoire!

FALIERO

El nous ne mourrons pas sous notre pavillon !

ISRAËL

Misérable Bertram ! parler dans sa prison ,

Nous trahir, comme un tâche, à l'aspect des tortures! Comptez donc sur la foi de ces âmes si pures,

Sur leur sainte ferveur! El tremblant, indigné.

Le tenant seul à seul vous l'avez épargne?

FAUEEO.

Il pleurait!

ISEAEL.

D'un seul coup j’aurais séché scs larmes.

FAUEEO.

Pcul-èlrc.

ISEAEL,

Dans mes bras, si j'eusse été sans armes , J'aurais, en l'éiouflant, voulu m'en délivrer :

Mon général sait vaincre, et je sais conspirer.

FALIERO

Pourquoi tous tes amis n'oni-ils pat ton courage!

ISRAËL

Ils viennent de partir pour leur dernier voyage. Strozzi vend nos secrets qu'on lui paye à prix d'or;

Il vivra. Mais Pieiro, je crois le voir encor ;

L’œil fier, d’une main sûre et sans reprendre haleine , Il vide, en votre honneur, sa coupc trois fois pleine, S’avance, et répétant son refrain familier:

( Que saint Marc soit , dit-il , en aide au gondolier! « Il s'agenouille alors, il chante, cl le fer toiiilie.

FALtEEO.

Nous le suivrons tous deux.

ISEAEL.

Non : pour vous sur ma tombe Le soleil de Zara doit encor se lever.

MARINO FAMERO. — ACTE V.

FAL1KRU. I

yirespôrc8-iu? jamais. j

ISRAEI-. I

Trop lâclics pour braver I

Le iieiiple niriciiv rassemblé dans la place, j

De condamner leur père ils n'anront pas l'audace. |

Moi, pendanl lont un jour qti*onl rempli ecs débals, ! J'ai su me résigner. Que ferais-je iei-lws?

Je n’ai [toinl de famille el n’ai plus de pairie ;

Mais vous , voire l’iléna , voire é*pousc cliérie...

f ALIERO, avec douleur.

Israël !...

ISRiVE?..

Ab! pardon! ce iium doit vous troubler.

Un marin lel que moi ne sait pas consoler;

Son bon cuMr (]ui t’cnlraîne a iMüsoin d'indnigenee.

ISRAEI..

El,si je dénonçais les Iraîtrcs vérilabics, Périraiciil-ils?

RERETIIDE.

Le soir.

ISRAËL

Je vous dénonce ions.

Finissons; vos bourreaux m'ont lassé moins que vous.

Il rrtombr aitii*.

CEVETIVDE.A Fallero.

îyC doge en sa faveur n’a i-il pins rien à dire?

FAUr.RO.

Cliofdcs Dix, quel que soiiruiret que lu vas lire, J’en appelle.

BXRETIRDE.

A qui donc?

FAUERO, après lui avoir MrrrC la main.

Ils reviennenl. I

ISRAËL, »e relevant. |

Debout j'cnienilrai ni.t sentence. i

SCLNE II. I

K Al.llilVO, ISUAKI-, BEMCTINDE, I.IOM, STÉNO, ; LES Dix, les Merures de la Junte, Gardes.

8ENETINDE.

Le crime reconnu, les témoins écoulés.

Tel est l'arrél des Dix parla Junte assistés :

Israël neriuccio, sois puni du supplice Qu'on réserve au forfait dont lu fus le complice.

Meurs : c'est le châtiment contre loi prononcé. {

Sur le balcon de marbre où le doge est placé ,

Qu.’uid des jeux solennels il contemple In fête, '

Le glaive de la lui fera rouler la tête. |

ISRAËL. 1

Ksi-il prêt ! je le suis. I

IIONI.

Tu n'as plus qu'un moment: '

Un aveu peut encor changer ton chûiimeni. '

Que cl»erehcs-lii ?

ISRAËL

Ces mois oui droit de me conibndre ; i Je cherchais si Bertrani éiait là pour réjiondre. I

LIONI. i

Fidèle à son devoir, il a su le remplir. {

ISRAËL

Oui, comme délateur : quand doit-on l'anoblir? i

BENETINDB.

Ainsi lu ne veux pas nommer d'autres ooupabics? !

FAI.IERO.

A mon peuple ici-bas,

Fl dans le ciel à Dieu.

BENETINDE.

Que Dieu l'ouvre ses bras, C'est ton juge : après nous , tu ii’cn auras pas d'autre.

PALIBRO.

Son tribunal un jour me vengera du vôtre;

Montrant Sténo.

Il le doit. Parmi vous je vois un assassin!

BENF.TU1DS.

Fn vertu de sa charge admis dans notre sein,

A siéger malgré lui Sténo dut sc résoudre.

rtBnu.

c, un seul vœu dans rurne est tombé pour l'ah-

LisoE ,j aliends.

BENETMDE, iTiinc voit emuc.

Piiissé-jc élolifler la pillé Que réveille en mon cœur une ancienne amitié !

A Faiicro.

t Toi , noble, ambassadeur, général de Venise,

> Fl gouverneur «le Rhode à tes armes soumise,

» Duc de Vald-Mnrino, prince, chef du .sénat,

I Toi doge, convaincu d'avoir trahi l'Étal... * Paujint la tcntrncc A Lioni.

Achevé?.! je ne puis.

i.iü'ii.

< Tu nioiims connue trailre.

> .Mauilltscra lu jour où tu fus notre iiiaitrc.

• Tes pabvls et tes liel's grossiront le trésor;

• Ton nom disparaîtra , rayé du livre il’or.

• Tu mourras où ton front ceignit le diadème ;

> E'escalier des Géants, à ton heure suprême.

MAIUM) FALIKnO.

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