‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 385 sur 669 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

» Verra le criminel, [>ar scs pairs comlainné,

» Périr où le héros fn* }iareii\ couronné. ■ontniittletporlraiU des

» Kiitre nos souverains, conlre ranliqiie usage,

. Tu ne revivras pas dans ta royale image.

> .A la place où ton peuple aurait dù le revoir,

» l^e tableau sera vide, cl sur le voile noir

> Dont la main des bourreaux recouvre leurs victimes,

> On y lira ces mots : Wis à mort pour scs crimc.s î t

rxiisBu.

IWrds sacrés, ciel natal, palais que j’élevai ,

Flots rougis de mou sang , où mon bras a sauvé Cc8 fiers patriciens qui, sans moi, dans les chaînes, Uameraient aujourd’hui sur les flottes de (iénes ,

De ma voix qui s’cteinl recueillez les accents.

Si je fus criminel , sont-ils donc innocents?

Je ne les maudis pas : Dieu lui seul |>eul maudire. Mais voici les destins que je dois leur |tfédire :

Faites pour quelques-uns, les lois sont des fléaux ; Pointd appuis dans un [>eupleoùron n’a |>oinld'ég:m\. Seuls héritiers par vous des libertés publiques.

Vos filssuccoml>eroni sous vos lois despotiques. Esclaves étemels de tous les conquérants ,

Ces tyrans détrônés flatteront des tyrans.

Leurs trésors passeront , et les vices du père Aux vices des enfants légueront la misère.

Nobles déshonorés, un jour, on les verra ,

Pour quelques pièces d’or qu'un juif leur jettera, Prostituer leur titre, cl vendre les décombres De ces palais déserts où dormiront vos ombres,

U’un peuple sans vigueur mère sans dignité,

Stérile en citoyens dans sa fénrondité, l.orsquc Venise enfin de débauche aflaiblic.

Ivre de sang royal , opprimée, avilie,

Morte, nolfrira plus que deuil, que désespoir, Qu'opprobre aux étrangers, étonnés de la voir;

Kii sondant scs cachots, en comptant scs victimes, IlsdiroiU : » Elle aussi, miscà mort j>our scs crimes! »

Par respect pour ton rang nous l’avons écouté,

El tant que lu vivras lu seras rcs|K!clé.

Tu nous liravcs encor : le |teuple te rassure;

Mais autour du palais Tainenieiil il mnriuure. iVaUemts rien que de nous; d’une part de les i)iens Tn pourras disposer |H>ur la veuve et les liens. Ihs-iions quels sont les vœux ; car tou lieure est prol*arle. [chaiiie;

FAUEBO.

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