‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 396 sur 669 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

COMMINE, œiTIEU.

i COITIBR, sortant d'une cabane, fl Richard cl fl quelques payaatu.

Rentrez , prenez courage ;

Des fleurs que je prescris composez son breuvage ; l’ar vos mains exprimés, leurs sucs adoucissants Rafraîchiront sa plaie cl calmeront ses sens.

CüVXlXB, «ana voir Collier.

j Effrayé du portrait, je le vois en silence I Chercher un cliàlimenl pour tant de ressemblance.

COITIER, lui frappant aur l’épaule.

Ali! seigneur d’.Argcnlon, salut !

COMMIXE.

Qui m’a parlé?

Vous? pardon!... je révais.

! COITIER.

Et je vous ai troublé?

i comixE.

D’un règne à son déclin l'avenir est sinistre.

COITIER. •

Sans doute, un roi qui meurt fait réver un ministre.

CONIIIXE.

' Mais vous, maître Collier, dont les doctes secrets Ont des maux de ce roi ralenti les progrès,

Celle heure à son lever chaque jour vous rap|>ello :

' Qui peut d’un tel devoir détourner votre zèle?

COITIER.

Le roi! toujours le roi ! Qu'il attende.

roRxnc.

Du moins,

.Autant qu'à ses sujets vous lui devez vos soins.

L0i:is M. — ACTK 1.

A qui souflrc par lui je (luis plus<|u'à lui-mêiue.

Vous Taccusez toujours.

Vous le dallez.

Qui vous irrite?

CUITIEIt.

Un crime : hier, sur ces rcmpaiis Un pâtre, que je quille, arrêta ses reî^ards ;

Des archers du Plessis l'adresse meurtrière Faillit, en se jouant, lui ravir la lumière.

CUXMtVE.

Qu'il se plaigne: le roi deviendra son appui

COlTlEft.

Qu'il se taise : Tristan pourrait i>en$cr à lui.

CüHinE.

Sur ce vilinsiruraenl jelez voire colère.

CUITIER.

J'impute au souverain les excès qu'il tolère.

La crainte est sou excuse.

CUITIER. •

Il crainl un assassin ,

Fl la iiiorl qu'il veut fuir, il la porte en son sein.

La terreur qu'il ré|>aiidsur sou cœur se rejette,

11 tourne contre lui sa justice imjuiète;

Liii>mêiue est le bourreau de ses nuits, de scs jours ; Lui, dont l'ordre inhumain... .\h! inallieureux Nemours!

CURRIXi. I

Nemours était coupable.

CUITIER.

Et je le crois vicliine.

Je rends à sa mémoire un culte légitime.

Moi , serviteur obscur, nourri dans sa maison .

Je l'ai vu cultiver ma précoce raison. '

Ses dons m'ont soutenu dans une élude ingrate.

Quand Montpellier m'admit sur les lunes d'Ilippucralo L’iieriniiie des docteurs cxmquise leniemcni Para ma pauvreté d'un stérile orneinent.

Je crus Nemours : j'osai , séduit par scs paroles, , Secouer, pour la cour, la |>oudrc des écoles. '

Ma rudesse étonna : ma brustjuc lilierlé '

Heurta ce vieux res|>ecl par la foule adopte. I

On me vit singulier et l'on nie cnil habite. I

La slu}>eui' à mes pieds mit celtecoiir stTvilo,

Quand j'osai gouvcrner,.saiisprcndrc un front pliisduux, La santé de celui qui vous gouvernait tous. i

Nemours fit ma fortune ; et moi , moi , son ouvrage ,

Je n'ai pu de son roi lléchir l'aveugle rage !

Brillant de force alors. Louis, plein d'avenir.

Méprisa cette voix qui devait l’en punir.

Frappa mon bienfaiteur, et jeta sa famille Dans la nuit dcscacliois creusés sons la Bastille.

Un de ses liU, un seul, voit lu clarté des cietix;

J’ai soustrait avec vous ce dépiU précieux.

Je vous l'ai coidié ; suit pitié , soit justice, l>c ce pieux larcin Uoiiiiiiine fut complice^

Oui, vous!

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