‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 4 sur 669 · NOTICE BIOGR APHIOCE SI R I/AUTEUR · texte numérisé non relu

NOTICE BIOGR APHIOCE SI R I/AUTEUR

maiiifeftle en faveur du duc de Bordeaux. On aurait peine à concevoir cette siii{julière fantaisie, si l'on ne savait comliien les coiimieiUateurs sont habites ù torturer i'esprit de leur texte.

L’année 1B33 fut pniirM.De!avi(;ne un temps d’épreuve et de souffrances. L’assiduité de ses travaux littéraires minait soiirdeinenl sa constitution : des crises nerveuses, des douleurs de foie qui lui laissaient à peine un instant de relâche, nécessitèrent un nouveau voya(;c.

Cependant ces maux aigus n’avaient point altéré son courage. Dirait-on que ce fut au milieu des souffrances les plus vives que fut com|»08é Don Juan d'Autriche^ cotte comédie d’une gaieté si vive et si franche? Dés qu’on sut que M. Delavigne com)Mi8ail un ouvrage en prose , certaines gens pleins de bienveillance }K>iir l’auteur allèrent criant pvirioiitque l'ouvrage serait détestable. De ce qu’il écrivait bien eu vers , mérite qu'ils consentent à reconnaître, ils eu tiraient la conclusion for peu logique qu’il écrirait mal en prose : révénement n’a pas justifié leur prédiction. L'ouvrage est écrit de main de rnaîlre.

M. Delavigne avait à peine conquis ce laurier <|iril voulut en ajouter un autre à sa cmironne. Six mois ne s’éta ont pas encore écoulés depuis la première représentation de Don Juan trAutriche ^ qu’il fil doïiner Une famille au temps de Luther : et celte pièce , d*im genre Ircauconp plus sévère , obtint encore un de ces brillants succès auxquels l’auteur est accouliimé.

Nous n'avons pas parlé dans celle notice d’une foule de {loésies diverses , ni des circonstances qui tes oui fait nailrc. Si nous n’avions pas craint de tomber dans des longueurs, nous aurions pu conduire avec nous le lecteur tantôt à Rouen , où rinaiigiirnUon de la statue du grand Corneille inspire à l’auleiir des vers dignes de celui qu'il célébré, tantôt dans celte jolie ville du Hâvre,où le nouveau ihéAlre s’ouvre sous scsaiispices par un discours étincelant d’esprit et de vene. Nous raiirions entendu saluer d’une voix amie un noble rival , dans une épltre où se trouve une uiaguitiipio pcinliire de la liberté constitutionnelle, la sente liberté que le poêle ait aimée et cbaiilécUaus ses vers.

tu talent si flexible et d'un ordre si élevé ne pouvait manquer d'envieux : aussi la critique la plus amère a-l-elle, en mainte occasion, aiguisé scs traits contre lui.

Les uns l'ont accusé de marclier en imitateur servile à la suite de scs devanciers ; les autres , d'emprunter tous ses sujets , faute d'invention. Certes , si le reproche , tout injuste qu’il est, pouvait s’adresser à deux ou trois pièces dont l’auteur a puisé le fond et rien que le fond dans la source commune à tous, riiistoire, celte accusation ne tomlKTait-clIe pas d'elle-méme devant les nombreux ouvrages dans les<|iicls il n'a suivi d'autre guide que son génie ? Parce que l’auteur de GU Blas consacre un chapitre aux ridicules dramatiques, parce qu’un I>eintre de nos jours représente sur la toile deux enfants près d'étre immolés, f.iut-il en conclure que les Comédiens appartiennent h Le Sage, ou tes Enfants d*/^douard, h Paul Delarocbe? et le Don Juan d’Autriche, qui le réclame ? et te Paria , celte création si neuve et si riche , h qui donc en faire honneur? et V/^cole des Eieitiards et Louis XI , qui oserait les revendiquer?

D'autres critiques ne sachant quel riva! sérieux susciter â M. Dcl.ivigne, l'ont opi>osé sans cesse à lui-inéme ; cl toutes les fois qu’ils jugeaient une de ses pièces, ils la mettaient toujours au-dessous de celle qui l’avait précédée; Us n'acconlaient enfin droit de lH)urt;eoisie liUéralre à un ouvrage que |K>iir le contester plus vivement au dernier venu.

Heureusement pour les lettres, dont il est l'ornement, et pour sa tranquillité personnelle. M. Delavigne est peu sensible A ces tracasseries de bas étage; il poursuit sa carrière d'études consciencieuses cl de succès bien (égittmes , sans se laisser enivrer par la flatterie , ni abattre |Nir la censure. Son goût pour la retraite , son aversion |M)(ir l'intrigue, en font un homme à part et tout à fait isolé sur une roule où les gens de lettres ne marchent qu'en bandes armées de toutes pièces. Il aime mieux encourir une critique injuste que de faire la moindre démarche pour obtenir l’éloge le plus mérité, et comme ü ne travaille que pour le public indé|>cndant, c’est lui seul qu’il regarde roinuie sou véritable juge.

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