‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 424 sur 669 · KM011S · texte numérisé non relu

KM011S

Vous allez les connaître : i

Pourlrès-puissant seigneur le duc Charles, mon maiirc, | Premier pair du royaume, et prince souverain... |

tons.

Je connais les Etals dont je suis suzerain; l^oiulc , passons aui faits.

REioeis.

A vous donc, roi de France, !

Son frère par le sang, comme par l'alliance, |

Moi , venu par son ordre et parlant en son nom , !

J'expose ici les faits pour en avoir raison.

Je HIC plains qu'au mépris de la foi mutuelle, I

Vous avez des cantons embrassé la querelle. I

Prêtant aide et secours à leurs déloyautés.

Vous les protégez , sire ; et (piaiid ces révoltés |

Mousjellenl lièremenl le gage des batailles, I

Vous recevez leurs chefs, présents dans ces murailles.

LOIIS.

Eiifm ?

Leur ehàliiuetil.

tous.

Vous, eonileî

ytiels que soient vos pouvoirs, c'est par tropexiger ; Car je dois les entendre avant de les juger.

IfUOt'M, avec empurtenicni.

Fb! sire, dans vos mains la hache (unjonis prête A frappé pour bien inuins une plus noble tête. l.ol iS , te levant.

Laquelle?

vexm RS.

Dieu le sait; quand il vous jugera,

Dieu qui condamne aussi vous la i>réseiitera.

LOLI8.

La vôtre est dans mes mains.

5EI0CRS.

Et vous la prendrez., sire ; Mais écoutez d'abord ce qui me reste à diix\

COllME.

Comte!...

lOI'IH, qui «'aMlcU.

Ix* Téiiiéraiîcesl bien représenté ; Jamais ce nom par lui ne fut mieux mérité; Convenez-en, messieurs!

A fVcinoiir*.

• Mais achevez.

tons , «iveoicnt.

Je ne les ai pas vus, cl ne les verrai pas.

Poursuivez. |

XEMUIRK. j

Je me plains que Cbibannc et Braticas, ' Comme à la paix jurée, à l'honneur intidèles, i

Ont la lance à la main surpris nos citadelles.

Et malgré les seriuenisquc l^ouis de Valois,

Que le roi très-chrétien a prêtés sur la croix.

Ont, en lâches qu'ils sont , par force cl fcionie Fait prévaloir des droits qu'uii traité lui dénie.

Loi LS.

S'ils ruiil fait, que le tort leur en soit imputé;

ils ont agi tous deux contre ma volonté. ^

XEXUIRS. )

J'en demande une preuve.

Mais décisive.

LUCIR.

Kl vous l'aurez.

XEXOIBS.

.Mais prompte ,

REXUL RS

Je l'ose ,

Quoi qu'il puisse advenir pour mes jours ou iiiacausi>. Soyez donc attentifs, vous, leur maître après Dieu ; Vous , féaux chevaliers; vous, seigneurs de haut lien, Dont jamais l'écusson , terni par une injure,

Lui vinl-ellc du roi, n'en garda la souillure.

Cliarles, sur les griefs dont cet écrit fait fui.

Attend cl veut justice, ou déclare par moi Qu'au nom du bien public cl de la France entière ,

Des lions de Bourgogne il reprend la bannière.

Pour tout duché, comté, Hef ou droit féodal.

Qu'il lient de la couronne à litre de vassal,

De riiominage envers vous lui-même il se relève,

El sa fui qu'il renie, il la rompt par le glaive.

Il s'érige eu vengeur du présent, du passé.

Du sang des nobles pairs tratireu.<^emeiit versé;

Devant Dieu contre vous et vos arrêts injustes Sc fait le champion de leurs ombres augustes.

Les évoque à son aide; cl comme chevalier,

('.uimne pair, comme prince, en combat singulier,

Au jugement du ciel pour a's droits sc confie :

LOUIS XL — ACTE IL

-las

JeUntfton l

Sur quoi , voici sou gogo , et ce gant vous défie !

^^iii le relève?

i.r riArPRlV , qiil s'élance et le ramasM:. '

Moi, pour Valois et leslis!

Tors l.tS CHEVALIERS

Moi , moi, sire!

LOUIS , qui s'est levé. .

Vous tous! lui le prcaiier, mon fils! i Mon fils, si jeune encore, cl son bras les devance!

Bien, Charles!... Pàquc-I )ieii!c'esiuncnfanl de France!

LC UAtriilH, attendri.

Mou père!...

LOUIS, froldrment. |

Assfi ! assez ! 1

Au héraut.

Prends ce gant , Toison-d’Or: |

Montrant le dauphin. '

Froisse par ctxlle main , il est pins noble encor. i

A Hemoura. |

Vous i qui je le rends, bénissez ma clémence : {

Si je ne pardonnais un acte de démence ,

Quand ce gage en lontbant m’insultait aujourd’hui , Votre tête à mes pieds fdt tombée avec lui. i

J’estime la valeur, et j’excuse l’audace.

Il faut rassurer Cliarle en signant ce traité; l’entrevois qu’il se perd par sa témérité.

Son digne lieutenant, Campo-Basso, qu’il aime. Se vendrait au besoin et le vendrait lui-méinc : Pour trahir à propos il n’a pas son égal. L’orgueil de mon cousin doit le mener i mal ; Et si , comme à Morat , le ciel veut qu’il l’expie , L’arrêter en chemin serait une œuvre impie.

Aprè* une pauM*.

Mais mon fils...

COMMIVE.

Que d*espoir dans sa jeune valeur!

Digne appui de son père, avec quelle chaleur Il s’armait pour venger une cause si belle !

LOUIS

Il serait dangereux s’il devenait rebelle coaaiHB.

Quoi, sire...

LOUIS

Je m’entends; et, par moi-môme enfin , Je sais contre son roi ce que peut un dauphin .

Mais, diles-moi, ce comte, il connaît votre fille?

COMMISE, étonné.

Lui?

Aux cbcrallers.

Que nul de vous , messieurs, ne soit juste à ma place! Cest le roi qu'on outrage , et je laisse à juger Si je me venge en roi do qui m^sc outrager.

A Hcmouri.

Je garde cet écrit; nous le lirons ensemble,

(>omte; cejour permetqu’un lieusaini no ils rassemble ; Nous nous y reverrons en amis, en chrétiens.

Et j'oublierai vos torts pour m'occuper des miens.

5E10URS , en tortanl.

J’ai fait mon devoir, sire, et j'aurai le courage Fût-ce au prix de mes jours, d'achever mon ouvrage.

LOUIS, qui fait ligne à tout Ic monde de ic retirer et A Trlilan d'attendre au fond.

Commioc, demeurez!

l LOUIS , viveraenl.

I Itépondez.

I C01I115E , avec embarras.

1 J'ai SU qu’admis dans ma famille...

I J'étais en France.

LOUIS

Après ?

UOXIIHE.

J'ai su confusément

Qu'il la vit.

LOUIS

Qu’il l'aima? Parlez-moi franchement.

coxaiHB.

. I/O comte ù sa beauté ne fut jtas insensible.

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