‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 43 sur 669 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

De l’aolique élégie, allez filles nouvelles ,

Vous, dont la voix chanta la Liberté Sur les ruines étemelles Où de son ombre encore plane la majesté.

Allez, bàtez-vous, le temps presse :

Ce fanatisme ardent qui menace nos droits,

Il marche, il court , il peut vous gagner de vitesse , En frappant la pensée avec le fer des lois.

Que si je n'avais craint de vous voir prisonnières , Deux compagnes auraient encor.

Pour s’unir à vos chants, retardé votre essor; Allez; peut-être, hélas! serez-vous les dernières!

Célébrez l'Italie; ah ! qui verra jamais L'azur de son beau ciel sans vanter scs attraits?

Qui ne cède aux transports d'une lyrique audace Sur ces bords que les dieux se plaisaient à fuuler. Où des memes zéphyrs qui parfumaient leur trace Le souille harmonieux semble encor exlialcr Les sons du luth divin de Virgile et d’Horace.

Mais sur ces bords charinanls caressés |iar les incis ,

.Sur ces tombeaux romains que la mousse a couverts Comme aux lieux où Venise expire,

L'esclavage hideux s'entoure de déserts.

I .Au murmure éternel des eaux et du zéphire I II mêle, en gémissant , le bruit sourd de ses fers,

I Et son haleine impure aux parfums qu’on respire, j Dans quelque doux climat qu'on se veuille exiler,

1 On trouve donc partout des tyrans à maudire.

Et des peuples ù consoler?

Filles de l'antique élégie ,

Que n'avez-vous scs plaintives douceurs ,

Scs clans inspirés, sa brûlante énergie!...

ùlais avant que des opprcs.scurs ÉtoulTcnt sous les lois la vérité muette ,

Vous leur pouvez du moins prédire leur défaite :

' Eh biens! ils tomberont, ces amants de la nuit.

! La force comprimée est celle qui détruit ;

C'est quand il est captif dans un nuage sombre ,

Que le tonnerre éclate et luit ;

Et la chute est facile ù qui marche dans l'oudire.

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