VNE SEMAINE DE PAÎUS
Ouvrez, ouvrer encor les grilles <le Sainl-Cloudî Vumissoz des soldais pour nous livrer bataille.
sabre csldaiis leurs mains; dans leurs rangs,la nii- Maisde la Liberlé Tarsenal est partout. [traille; Que nous importcà nous rinstrument qui nous venge! Une foute intrépide agite en rugissant I.a scie aus dents d'acier, le levier, le croissant; Sous sa main citoyenne en amie tout se change :
Des foyers fastucui les marbres détachés,
Les grès avec effort de la terre arrachés ,
Sont des boulets pour sa colère ;
Et , soldats comme nous, nos femmes et nos sœurs Font pleuvoir sur les oppresseurs Cette mitraille populaire.
Qu'ils aient l'ordre pourcus, le désordre est pour nous! Désordre intelligent qui seconde l'audace,
Qui commande, ol>éil, marque à chacun sa place, Comme un seul nous fait agir tous,
El qui prouve à la tyrannie.
En brisunl son sceptre abhorré,
Que, par la patrie inspiré.
Un peuple, comme un homme, a scs jours de génie.
Quoi! toujours sous le feu, si jeune, au premier rang ! Ketenons ce martyr que trop d'ardeur cnilamme.
Il court, il va mourir.... Relevons le niouraiil :
O Liberté, c'est une femme!
Quel est-il ce guerrier suspendu dans les airs?
De son drapeau qu'il tient encore Il roule autour de lui le linceul tricolore,
Et dis}>araU au milieu des éclairs.
Viens recueillir sa dernière parole^
Grande ombre de Napoléon !
C'est à loi de graver son nom Sur les piliers du nouveau pont d’Arcole.
Ce soleil de juillet qu'enfîn nous revoyons.
Il a brillé sur la Daslille.
Oui, le voilà, c'est lui! La Liberté, sa fille,
Vient de renaître à ses rayons.
Luis pour nous, accomplis l'œuvre de déltTrancc; .\vaiice, mois sauveur, presse ta course , avance :
Il faut trois jours à ces héros.
.Abrège au moins (>our eux les nuits qui sont sans gloire; Avance, ils n’auront de repos Que dans la tombe ou la victoire.
Nuits lugubres! tout meurt, lumière et mouvcincnl. De celle obscurité mueUe et sépulcrale Quels bruits iiiaUendus sortent par intervalle?
\a*. cliquetis dti fer qui heurte pesamment Des débris entassés la barrière inégale;
Ces cris se réjmndant de moment en moment :
Qui vive?... -Citoyens. -Garde à vous, senliuel'c.s! L’ndicu de deux amis, dont un embrassement Vient de confondre encor les ànics fraternelles;
Les soupirs d'un blessé qui s’élcinl lentement El sous l'arche plaintive un sourd frémissement. Quand Tonde, en tournoyant, vient refermer la toinUe D'un cadavre qui tombe...
Au Louvre, amis! voici le jour!
Battez la chargel Au I.ouvre, au I^uvrcl Balaye par le plomb qui se croise cl les couvre, Cliuciin, pour mourir à son tour,
A'icnt remplir le rang qui s’entr'ouvre :
Le baiailloii grossit sous ce feu dévorant.
Son chef dans la poussière en vain roule expirant ;
Il .saisit la victime, il Tcnlèvc, il remporte,
Il s’élance, il triomphe, il entre... Quel tableau !
Dieu juste! la voilà victorieuse et morte Sur le trône de son bourreau?
Allez, volez, lomliez dans la Seine écumanic.
D'un pouvoir parricide emblèmes abolis !
Allez, chiffres brisés, allez, pourpre fumante ,
Allez, drapeaux déchus, que le meurtre a salis! Dépouilles des vaincus , par le fleuve entraînées. Dépouilles des martyrs que je pleure aujotinriiiii , Allez, et sur les flots, à Saint-Cloud , portcz-lui Le bulletin des trois journées!
Victoire ! embrassons-nous. - Tu vis? - Je te revois î
- Le fcT de l’étranger m'épargna comme loi. [courage ! -Quel triomphe?- En trois jours. - Honneur à ton
- Gloire au tien ! - C'est ton nom qu’on cite le premier. -N’en citons qu'un. - l.<equei? - Celui du peuple entier : Hier qu'il était brave, aujourd'hui qu’il est sage!
- Du trépas, en mourant, un d’eux m'a préservé.
- Mais ton sang coule cncor.-Ma blessure est légère.
- El loti frère? - Il n'est plus! - L’assassin de ton frère ,
Tu Tas puni?- Je Tai sauvé.
Ah! qu’on respire avec délices;
El qu’il est enivrant l’air de la liberté!
Coiiinicnl regarder sans Herlé Cas murs couverts de cicatrices,
Ces drapeaux qu'à Textl redematulaicnt nos pleurs,
Et dont nous revoyons les glorieux syintmlcs Voltiger, s’enlacer, courlter leurs trois couleurs j Sur ces nobles enAmls, Torgueil de nos écoles? [rier.>! I Des fleurs à pleines mains, des fleurs pour ces giier-
UNE SEMAINE DE l'ARIS.
Jcicz-lcur au hasard des couronnes civiques :
Ils ne tomberont, vos lauriers,
Que sur des ti!tcs héroïques.
Mais lui , que sans l’abattre ont j.adis éprouvé Le despotisme et la licence ,
Que la vieillesse a retrouvé Ce qu'il fut dans radolesccncr,
Entoiirons-le d'amour! Français, Américains,
De baisers et de pleurs couvrons scs vieilles mains ! La popularité, si souvent infîdéle.
Est fille de la terre et meurt en peu d'instants;