‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 453 sur 669 · I.OUIS, COITIElt · texte numérisé non relu

I.OUIS, COITIElt

LOMS.

Ne crois |»as éviter le sort que lu mcriles :

Tu l'auras; mes tourmciUs, c'est toi qui (es irrites.

A braver ma fureur leur excès l'enhardit ; |

Mais je l’écraserai.

roiTir.R. froUlcmcnt.

Vous l'avez déjà dit.

Sire; failes-le donc. 1

i-ons. :

Certes, je vais le faire.

Ton faux savoir n'est bon qu'a Ironqier le vulgaire, j Ton arlîj'en ri.s; tcssninslqiie me font-ils, tes soins? ‘ Uicii : je m'en passerai, je n’en vivrai pas moins. 1 Je veux : ma volonté suffit pour que je vive ;

Je le sens, j’en suis sûr.

Kssayez-en.

Alors quoi qu'il arrive.

Oui, traître, oui, le saint que j’attends Peut rt'parer d'un mot les ravages du temps.

Il va ressusciter celle force abattue ;

Son souffle emportera la douleur qui me tue.

CaiTIER.

Qu'il se liàie.

tons.

Pour loi, privé île jour cl d’air.

Captif, le cor|)s plié sous un réseau de fer,

Tu verras, à travers les barreaux de ta cage ,

Ma jeunesse nouvelle insulter à la rage.

Tu le verras.

coima Sans doute.

tOl'19, aivec CmoUon.

F.1IIX nnii,

M'.is-lii Irouïé pour loi géiiùrcm à demi?

Va, lu n'cs>|u'un iiigr.'it!

Que je seiuTai Nemours.

Ce fut pour ne pas l'èlre

L’ass.assiu de loii matlre; l.ui, qui voulait sa perle!

F.n clievalier : son bras

Combat, quand il se venge, et n’assassine pas.

Je devais tout au pire, et inc tiendrais infime .

Si scs bienfaits passés ne vivaient dans mon inie. tous.

Mais les miens sont présents, et tu trahis les miens ; Tn le trompes, ce roi qui t’a comblé de biens.

I De quel prix n’ai-jc pas récompensé tes peines ?

De l'or, je t’eu accable et tes mains en sont pleines.

Je donne sans compter, comme un autre promet : Nemours, pour être aimé, fit-il plus?

I COITIER.

Il m’aimait.

Vous, quels sont-ils vos droits à ma reconnaissance ? j Dieu merci ! nous traitons de puissance i puissance ;

' L’un pour l’autre une fois n’ayons point de secret :

I Vous donnez par terreur, je prends par intérêt.

' En consumant ma vie à prolunger la vAlre ,

J’en cède une moitié , pour mieux jouir de l’autre.

Je vends et vous payez; ce n’c.st plus qu’un contrat : Où le cœur n’est pour rien, personne n’est ingrat.

Les rois avec de l’or pensent que tout s’aebète ;

Mais un don qu'on vous doit, un bienfait qu’on vousjcttc. Laissent votre ùmc à l’aise avec le bienfaiteur, ün paie un courtisan, on paie un serviteur; lui ami, sire, on l’aime; et ii’eùt-il pour salaire Qu’un regard attendri quand il a pu vous plaire.

Qu’un mut sorti du cœur quand il vous tend les bras. Il aime, il est à vous, mais il ne sc vend p.as :

Comme on sc donne .à lui, sans partage il se donne , FU, parjure à l’honneur lorsqu'il vous abandonne.

S’il vous regarde en face après avoir failli ,

On a droit de lui dire : Ingrat, tu m’as trahi !

l-filis.d'unpvotx cJiremnle.

Eh bien ! mon bon Coitier, je l'aiincrai , je t'atinc.

COITIER.

Pour vous.

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