I.OUIS XI, — ACTE IV
rBAÜÇOtS OE PAVLB.
Ah! cruel!
LOUS
Juste, mais rigoareux ; |
J en contiens : j*ai puni... non, j'ai commis des criutes. ! I>ans l'air le nœud fatal étoulTa mes vicliiiies;
L'acier les dikliira dans un puits meurtrier;
L'onde fut mon bourreau , la terre mon geôlier ; |
Des captifs que ces tours couvrent de leurs murailles I Géiuisscnt oubliés au fond de ses entrailles.
rRAtÇOIS DE PAt LC.
Ah! puisqu'il est des maux que tu peux réparer.
Viens ! '
Lotis, Uebout.
Où donc ?
PRAT^ÇOIS DE PAl'LF..
Ces captifs, allons les délivrer.
LOI is.
L'intcrél le défend.
PRAXÇOIS oc PAl'LE, aux pieda du roi. ^
La charité l'ortlonnc : |
Viens, viens sauver ton âme.
Lon^
En risquant ma couronne : ;
Roi, je ne le poux pas. '
rcAsçois DS PAnc.
Mais lu le dois, chrétien.
LOlIS.
Je me suis repenti, c'est assez.
PRAXÇOIS DE PArtC, »e relevant. j
(ic n'est rien. |
LOUS. 1
Vai-jc pas de mes torts fait un aveu sincère?
PRANÇOIS DI PAtJLC.
Ils ne s’cflfacenl pas tant qu’on y persévère.
Lorw.
L’Église a des pardons qu’un roi peut acheter.
rRAflÇülS DBPACI.R. I
Dieu ne vend pas les siens : il faut les mériter. I
LOCIS, aven ddMJtpoir.
Ils me sont dévolus, cl par droit de misère !
Ah! si dans mes tourments vous descendiez, mon pi>re, | Je vous arracherais des larmes de pitié! |
Les angoisses du corp.s n'en sont qu'une moitié, Poignante, iniolérahie, et la moindre peut-être.
Je ne me plais qu'aux lieux où je ne puis pas être.
En vain je sors de moi : fils rebelle jadis,
Je me vois dans mou |>ère et me crains dans mon fils. . Je n’.ai pas iiii ami : je hais ou je méprise; {
L'elTi oi me tord le cœur sans jamais lâclicr prise. I
DELAVIGaZ.
Il n'est point de retraite où j'échappe aux remords;
Je veux fuir les vivants, je suis avec les morts.
Ce sont des jours affreux ; j'ai des nuits plus terribles. L'ombre pour m'abuser prend des formes visibles;
Le silence me parle, et mon Sauveur me dit,
Quand je viens le prier : Que me veux-tu, tiiaudii? l'u démon, si je dors, s'assied sur ma poiirine :
Je l'écarte ; un fer nu s'y plonge et m'assassine :
Je me lève éperdu; des flots de sang humain Viennent battre ma couche, elle y nage, et ma main, Que penche sur leur gouffre une main qui la glace. Sent des laml>eaux hideux monter à leur surface...
rRAVÇOIS DE PACLE.
Malheureux, que dis-tu?
tous.
Vous frémissez : eh bien!
Mes veilles, les voilà ! ce sommeil, c'est le mien;
C'est ma vie; et mourant, j'en ai soif, je veux vivre; El ce calice amer, dont le poison m'enivre.
De toutes mc.s douleurs cet horrible aliineui,
La peur de l'épiiiscr est mou plus grand tourmcni!
PRARÇOIS DS PACI.C.
Viens donc, en essayant du pardon des injure.s.
Viens de ton agonie apaiser les tortures, lin acte de bonté te rendra le sommeil,
El quelques voix du moins béniront ton réveil. N'bcsilc pas.
Lotus.
Plus lard !
PRAXÇOI9 DR PAtlIB.
Dieu voudra-t-il alleiitire
LOll$.
Demain !
PRAXÇOIK DR PAIU s.
Mais dès domain la mort jmmiI te surprendre. Ce soir, dans un instant.
imuH.
Je suis bien euft-i im‘,
Bien défendu.
PRAflCOIS DE PA1FI.R.
L'est-on quand on n'est pas aimé?
En l'cnlraliuQi.
Ah! viens.
Lons, qui le repouMe.
Non, laisse-moi du temps |H>ur m'y résoudre.
PRAîtÇOISOE PAliLB.
Adieu donc, meurtrier, je ne saurais l'alisoudre.
LOCIS, avec terreur.
Quoi! me condamnez-vous?
LOnS XI. - ACTE IV.
rR\:VÇOIS DE PAtTE.
Dieu peut lotit panlonnor :
Lorsqu'il Msiic encor, dois-je le condamner?
Mais profile, ù mon fils, du répit qu’il l’accorde ; iMeiire, conjure, oluiensdesa miséricorde Qircnfm Ion coMir brisé s'ouvre à ces inalbcnrciix. Vardonne, et que le jour recommence peureux. Quand lu voulais fléchir la célesic vengeance.
Du sein de leurscacliots, du fond de leur soufl'rance, .V la voix qu'ils couvraienl leurs cris ont répondu ; Fais-les taire, cl de Dieu tu seras entendu.
Je me tais.
Pas un cri!
Par leur vi"ilanrc
Fs-(u bien défendu ?
Nemours, je t’appartiens.