‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 483 sur 669 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Les PBÉr.ÉDE.'iTs, TRIST.\?ii.

TIISTAU.

L'ordre est exécuté.

HAEIE, lomtMint aur un •It'-gc.

Il est mort !

IGü

LOITS.

Ce bourreau s'c.«t toujours trop hile.

Monlrant Olivier.

' Qu’il eu porte la peine, ainsi que cci infâme j Dont les mauvais conseils empoisonnaient mou âme. A leur juge ici-bas je les livre tous deux,

I Juignanl les maiua.

Pour que le mien s’apaise et soit moins rigoureux.

j A rrançoit de Paule en «'agcnoulltanl.

Hélez-vous (le m'absoudre ; il m'attend... il m'appelle, Priez pour le salut de mon ime immortelle :

Saurez-la de l'enfer!... je me repensde tout; f Humble de cœur, j'ai pris la puissance en dégoût ;

I Voyez., je n'en veux plus. Qii'esl-ce que la couronne ?

, , En ae relevant.

j Fausse grandeur... nés'Ull !.. Priez., .je veux, j’ordonne..

I 11 chancelle et tombe murt au pied du lit.

' COITlBt, qui met un genou en terre et lui poae la main sur

le etpur.

Comminc, c’en est fait.

. C0UH1NB, quittant le fmtcull oit il donnait de* Mina m lllie,

I a'inclinc cl dit au dauphin :

I Sire, il n’est plus !

^ tx hEraIT, d’une voU aolennellc.

I < Le roi est mort, le roi est mort. i

I TOI TE LA COLR . en ac prt'cipilanl vers le dauphin.

j « Vive le roi ! i

I PRAIfÇOIS DE PAl'LE.

. Mon lils,

' Considérez sa fin, mctiitez ses avis;

Et n’oubliez jamais sous votre diadème , Qu’on est roi pour son peuple etnon paspoursoi-méme.

EXAMEiN CUITIQI E

DE Loris Xï,

l‘AR M. OL’VIULET.

Vti iiéfi a élô pnriéà un [^roiid lalciil par cc^ ('oût d'imttalions étrangères qui a envahi, depuis quelipies années. In domaine des bi‘aux*arts , et plus s|>écialenrient celui de In littéraUire draïualique ; M. Casimir Delavigne y a ré- )K>ndu par Louis XI. Ce système se combine, comme on sait, de hardiesses quelquefois heureuses et hriltaiites. souvent puériles jus4}u'à la trivialité, pres^iuc toujours i‘epüussanles, tnnlt>t par l'exagération , tantôt par l'iiuinilité rampante des formes. Ce genre admet le mélange ou la succession de tous les styles; il ne se reproche point de licences, par la raison qu'il ne rcconnail point de règles. Parlez-lui du pHnci|ie des trois unités, ce prii)ci)>e étayé de l'autorité des législateurs, et bien mieux , consacré par l’exemple des chefs-d'œuvre qui. depuis Sophocle justpi'à Voltaire, lut sont redevahles de leur dés4^l>éranle iterfeclion ; vous scn*2 accueilli par un sourire d'orgueil et de dédain, et ce sourire, dans la pensée des novateurs, signifie ; Vous êtes des profanes, vous ne valez pas les honneurs de la réfutation. Passez à In ré.iliié , il n'est autre chose <}ue l’aveu explicite de leur impuissance et de leur confusion. Cependant Ms avaient un moyen bien simple de nous réduire au silence : c'était de parler par leurs ouvrages; ils l'onl fait, et nous n'avons pas oublié ce qui en est advenu. Au bout de quelques mois d'un succès obtenu, moitié parla violence malériellc des souteneurs et des amis , inollié par la richesse des décorations et des costumes, ainsi que par l'attrait irrésistible de la nouveauté, leurs pièces, après avoir épuisé la patiente curiosité du public, ont cédé la place à d’autres ouvrages de même force, qui ont subi les mêmes chances d'un succès éphémère cl d'une chute définitive, et, avec in meilleure volonté du monde, Ma été impossible de les en relever. L'impression et la lecture ont achevé leur ruine. L'échafaudage de la calKile une fols écroulé, n’a laissé voir derrière lui que (b*s décombres. Ne nous plaignons pa.s d'un triomphe motnentané qui a seni ù rendre leurs revers plus éclatants et plus instructifs.

OI>senoiis bien qiieceqiii manque à In plupart des au- I teiirs que nous avons en vue, c'est beaucoup moins le talent, dont plusieurs d'entre eux ont fait preuve en d'au- ' très genres, que la raison, la mesure et le style. C'est I calomnier la critique que de lui supposer la ]>ensée de I renfermer les compositions théAtrales dans le cercle des formes et des sujets anciens. Elle n’a, au conlraire, cessé de crier aux poètes : Ouvrez de nouvelles voies ; élargissez à votre gré les routes que vos devanciers ont parcourues ; abandonnez, nous ne demandons pas mieux, les traces des Grecs et des Latins, et osez, suivant l'expn^sioii d'Horace, célébrer A voire tour les faits domestiques. Évoquez les événements ou tristement fameux, ou noblement cé!èbri‘s, de nos annales. Ressuscitez ces morts ; illustres, ou ces grands criminels, dont nous avons conservé des souvenirs si différents, et toutefois également utiles; la carrière est belle, elle est immense; mais, pour y marcher avec gloire, songez quels engagements vous I contractez avec la masse éclairée de ce public qui vous ohsene et qui vous écoule. Vous êtes poètes et historiens j tout ensemble. Soyez donc fidèles à l'histoire et à la poésie.

' Gardez-vous de dénaturer les caractères établis par des j U'aditions constantes, et de leur substituer des fantômes créés dans l'inlérél d'une vaine et poriiicieusc popularité. Vous cherchez des effets qui attachent, qui réveillent, qui étonnent le spectateur : rien de mieux ; Boileau vous en a , donné le conseil; mais faites en sorte que ces effets sortent du sujet, qu’ils soient amenés par des moyens naturels, qu'ils n'imposent aucun sacrifice ni à la vérité, ni à la vraisemblance historique, ni au respect dû aux coiivenanm sociales, et aux habitudes morales de la nation à qui vous adressez la parole. Quand vous aurez satisfait à c(« conditions , votre lAche ne sera encore qu’A moitié I remplie. Vous n'avez élevé que In charpente de l'éilifice; i il vous reste à le décorer. Ici est In lâche exclusive du [loète. Tout ce que je pourrais dire â cet égaixl se trouve exprimé par ce vers d'iiii éerivniH que l'on n'accuscra |>as d'avoir manqué d'activité ou de inouvumenl progrès-

EXAMEN CRITIOPK OE LOlUS Xf.

tif d.ins ses (H-ndueltons litl^mlres; eVst rnult^iir de Chartes /.V,de Fénelon, de PhidpjH! //, qui n dit

!tur des sujels nonveatik faisons des vers antiques.

Cequt sif'nifie, je |>ensi\ faisons, OU du moins tâchons dr faire des vers comme les faisaient Racine et Vollairt* ; des vers rhythmiqiies, él«!'ganls, harmonieux; «les vers nobles dans leur simplicité; des vers également éloignés de l'emphase et de In bassesse ; et Pou voit qu'autaiil par If choix des sujets «(ii'il a traités que parla forme de com> posiüonqu'il y a appliquée, si l'auteur du précepte est riiiié inférieur à ses modèles, par son exemple du moins il sVst rapproché d'eux, autant que ses forces le lui ont permis.

Il n’élait point à craindre que M. Casimir Dclavigne se brisât contre l<^ écueils du genre auquel il a consenti à assouplir son génie. Louin Xf est une tragédie moderne dans ce sens que le poiUe y a introduit des personnages qiiVùt repoussé la dignité «lu cothurne antique. Je n’entends pas parler du prévint Tristan , puisqu'il a son p«‘Udant dans le Narcisse de Hrifannicuit ; mais je parle du raéilecin Coitier, si utile ce;>endam à racUim. et «pii en est le principal et l'indispensable régulateur; je parle de ces danses où de malheui'eux paysans sont condamnés à des démonstrations joyeuses, sous peine de la hart; de crtle entrée solennelle du pieux anachorète de la Calabre, au milieu des canli«|ues desjetini's villageoises, et de l'appareil pompeux des symboles les plus révérés de ta religion; je parle du harhier-niinislre, Olivier le Daim; de l'épisode un peu hasardé dus amourettes du dauphin avec la jeune et innocente Marie. Tous ces détails sont nouveaux, il faut en convenir, et ils eussent paru, il y a quelques années, incompatibles avec les formes rt^çues et vvec la sévérité de l’ancienne tragédie. Aujourd'hui ils sont applaudis, iU plaisent même aux esprits délicats, parce que les hommes de goût se rap|»ellcnt qu'ayant voulu peindre les dernières angoisses d'un tyran, victime de ses remords et des inutiles précautions qu'il prend pour s'en afh’anchir,(out était en quelque sorte permis au pcMUepour faire ressortir les couleurs de cet effrayant lai)lcaii; celte instructive agonie. Ces danses de cnm|»ague. ces chants de la piété, ces paroles d'amour, ne soiit-ce point là d’admirables préparations aux mouvements tumultueux qu<‘ >a bientèt nous offrir l'intérieur des (ours du Plessis, aux rugissements du monstre anéanti sous ranathêmo de l'homme de Dieu, aux malédictions du mauvais père qui se venge sur lui-méine et sur son his des souvenirs de sa jeunesse parricide?

Mais voici ce qui frappera le lecteur attentif, c'est que ces détails mêmes si familiers, si peu concordants eu apparence avec l'orgueil de la vieille Melpomène, sont constamment relevés ou par lus grâces , ou par l’énergie do style ; «(ue jamais un mot bas n'ose s'y n>on(rcr; que le rbylbme et la césure y sont constaimnent respectés; que le Sens est toujours clair : et que si le langage est celui de la nature, c'est celui d'une nature choisie cl appropriée 3UX exigences d'une société d'élite. Car, même au theàire, on veut bien qu'un paysan soit un paysan; mais on ne iui demande pas, quand malheureusement pour lui il

habile les environs du rh-.ssis*lês-Ttmrs. de charm«*r les oreill<>s de son patois tourangeau.

Collier n*e.st«iu*un in«*<lecin, mais c'est le méilecin de Louis XI. et de Louis XI sur le s«‘uil du (oiuIhmu. Il est donc le malire de la destinée d’un prin«*e lâclu’ et su|H*rstiUtHix qui b? ménage par jM*ur, et qui le sacrifierait sans scrupule, si un miracle qu'il a l'audace d’espérer lui rendait la santé et la vie.

Vb ' (raltrc, st JkiDsts tu «levlcn« inuUle f

Tout le caractère de Louis XI est dans ce vers, qui est presque sublime par le jour rapide qu’il jede sur l'âme du monstre couronné. Coitier connaît bien son inat.ide; voyei avec quelle énergique vérité H trace l’image d«* sa siluation auprès du roi ( net. I. sc. iv ).

Il terait mon tjrati.sije nVtaU le tkii.

I Et toute la tirade, en complétant cette pemsée. met à nu le mobile de sa conduite hardie cl les motifs de sa séciiri(é. Ce n’est plus un médecin qui parle, c’est un philosophe éloquent, c'est uii profond auatomisti* du cœur ; humain ; et là, {«oinldeinols sonores, point d'hypiTlmtes, point d'ainpiificatiou. Tout est serré, précis, nerveux ;

' c'est Voltaire qui écrit sous la dictée de Montaigne.

I Je ne veux pas dissimuler une objection que j'ai en- I tendu faire contre rinvraisemblatice de la mission de I Nemours, envoyé par le duc de bourgogne à Louis XI, et I qui se présente à sa cour sous le nom du comte de Rhétel. j Comment, a-t-on dit, ce roi qui avait dans toute l'Eiiropi' I des agents afKdés auxquels il prodigiiail ses trésors, qui devait surveiller avant tout les démarches de son retlou- (abie vassal Charles le Téméraire; comment ce prince aiij quel ses juges les plus sévères n'oiit jamais refusé la finesse, la ruse et la science de la politique lu plus déliée; comment Louis XI, en un ra«>t, peut-il ignorer rexislence de Nemours? Comment ce fils, couvert encore enfant du j sangd'un père immolé sur iiriéchaFaud,etdouir(‘spril de vengeance, gramli avec lesannéi-s, doit être pour le meurtrier un sujet {HTpéUiel d'iiiie prévoyante impiiélude, peut-il se flatter de se dérober, sous un iioiii qui n'existe plus, aux regards d’un tyran soupçonneux? S'il est reconnu, comme il l'est cflectivcmeul dans la tragédie, il est perdu, et sa haine im]iuissan(e descend avec lui dans la tombe.

L’objection est spt'cieuse, et je ne prétends ni raffaiblir, ; ni la réfuter complètement. Je me Ironie à faire observer que s’il y a invraisemblance, c’est du moins une de celles que Ton pardonne facilement à uii poêle dramatique, quand il a su eu tirer d'admirables effets. J'ajouterai qiu? ce qui est moralement improbable n'est pas |>our cela strictement impossible ; ((ue, quelque habile que fût la politique de Louis XI, elle a pu être déjouée dans cette circonslance * par les iuslructioiis combinées deCoinmine et de Coitier. j rimet l'autre sauveurs du jeune liériüer des d'Armagnac. I Quant au danger |>ersotinel du prince, son couragi*, ou j plutôt sou fanatisme hiial, siiflU |>our expliquer son nu- ; (lace; celui qui veut fmpper le bourreau de son père doit

EXAMEN CRITIQUE DE LOUIî^ XL

suivre le seul chemin qui mène jusqu’à lui, et il est évitient qu’au moment de son départ, à celui de son arrivée nu terme de son voyage , le sacriflee de sa vie est consommé.

La plus grande, la plus terrihle scène de l'ouvrage, et, j'ose ajoiuer, une de plus belles que l'on puisse admirer au TliéàlrtvErançais, est sans contredit celle de la confeasion {art, IV, sc. \i). Quel spectacle que celui de ce roi si longtemps redouté, déjà serré |>ar les étreintes glacées de la mort, forcé d'avouerses crimes devant un ikiiivre ermite, dont il implore un pardon qui ne sera point accordé, parce que , partagé entre ses lâches terreurs et ses hahilmies sanguinaires, il refuse celui des tiinlheureiix. des innocents t|u'U tient enfermés dans les souterrains meurtriers de son château ! Il prie, le misérahle ; et ce- |MU)dant, toujours roi, quoique pénitent, il sc tient debout devant son juge. Mais, lorsque de ses lèvres déjà pâles et Hélries tombe l'aveu qu’il a empoisonné son frère, une majesté royale, une majesté ]>iesque divine a passé sur le front et dans l'attitude du pK*trc ;

Et conlrc les remords ton cœur cherche un refus^ t Tremble , JVUls ton rrère, el je dev iens ton Ju^c.

LcrsftC sons U fsiile aiu pieds du tribunal,

Balsae donc m.ilntenanl, rourbe Ion front royal.

Rentre dans le n«>ant, maJtalO périssable :

Je ne vois plus le roi, i'Ccoulo le eoupablu.

Fralriclde, 1 seuoux !

Louis foudroyé, cédant à l'ascendant de la vertu el de la religion, obéit, el déroule ta série de ses crimes. Sans oublierles innombrables vieil mes qu'ila fait périrdaiisTair, dans les Rols, dans les puits meurlriei*$ (les oubliettes), il passe au récit du supplice de d’ Armagnac, cl au raffinement de barbarie qui força trois enfants innocents à assister au supplice de leur |>ére,el à ne sortir de dessous l'échafaud qu'inondés de son sang. Cepetidani. malgré l’énormité de ses crimes, le ministre «ruiie religion de chanté el de clémence est prêt à pardonner, si le grand coupable brise les lcrs des innocents qui gémissent dans les cachots de son donjon. Louis refuse, réclame un délai.

Adieu donc, mcurtrlcrjje ne saurais t'absoudre.

— Quoi, me condatmK-z-%’ousT — Dieu peut tout pardonner; l.orsqu'il bCsUc enror, dois-je te cundamniT f ^aU proOle, ô mon QU. du rCpil qu’il l'accorde ; ricure, conjure, obtiens de sa mUCricordc t>u'cnflo ton cœur brisé s'ouvre A ces maibourciu ;

Fardoonc, el que le jour rccuinmcoce pour eux.

Quand tu \oulals fltHrliir la cCteslc vriiKcanee, bu sein de leur cachot, du fond de leur soiilTranrr,

A U voix qii’IU couvraient leurs crU ont répondu ;

FaU-les taire, et de bleu lu seras cnleodii.

François dePaule s’éloigne; Louis s’agenouitic el s’efforce de prier. Dans ce moment un fantôme effrayant s’élance; il était caché derrière les rideaux du lU •’ c’est Nemours; un poignard brille dans scs mains; la |M)in(e louche la ]>oitriiie du roi , et lui commande le silenctt. Inutile de faire l'analys*' d’une scène merveilleuse que le lecteur a sous les yeux; 4|u'il me soit seulement jiermis de lui faire reniarqiPT par quelle ingénieuse gradaUon

ce fils, si ardent dans scs Justes ressentiments, si impétueux dans ses passions juvéniles, si opiniâtre, si dévoué dans ses projets de vengeance, maître de la vie du roi, qui la demande servilement à genoux, se traînant même ' aux pieds de Nemours, est amené cependant à ne pas trouver (mur lui de supplice plus grand que de lui laisser ; la vie. Cela est l>eau ; poiii-quoi? Nemours a entendu la confession de Louis, l’aveu de ses terreurs, de ses remords,

) de ses souffrances physiques et morales. En ;>ermetLint de ' vivre à un être si malheureux, Nemours n’est que trop I vengé. Il le laisse seul avec lui-méme ; il le laisse en télé à tête avec son plus implacable bourreau.

Une secousse aussi violente achève de briser les ressorts de la vie du roi ; il touciie au moment fatal ; mais, a.vant : d’expirer, il veut à son tour se venger de Nemours. II charge de ce soin l'exécrable fidélité de Tristan; el il J n’est «{ue trop promptement oI>éi. Vaincu néanmoins par les sollicitations du dauphin et de François de Paule, le roi ' fait un effort sur lui-méme, et accorde le pardon. Mais . Tristan parait el annonce que l'ordre est exécuté. « Ce , bourreau s'esl toujours trop hâté, • Telle est la réponse ' de Louis ;el, suivant la coutume des tyrans, les deux conseillers, les deux exécuteurs de ses cruautés, sont ren- : voyés devant les juges d’ici-bas. Quelques minutes s'écoulent, et Louis a comparu au tribunal de Dieu.

H faut voir dans la lettre d’Étienne Pasquier à M. de Tiard, imprimée en tète de celle étlition, comment ce savant et judicieux historien a jugé Louis XI. M. Casimir Delavignene imuvaitse prévaloir d'une autorité plus grave, ni prendre un guide plus sûr pour montrer sur la scène un roi très-divcrsemenljiigé pardes biographes dupesvolon- I taires de leurs intérétioude leurs |>assions. « C’étaitun esprit prompt, remuant el versatile.» Voyez-le dans la tragédie. Il apprend la mort de Charles le Téméraire; à l'instant même les ordres sont donnés à tous ses généraux {>our qu'ils aient à surprendre les places du duc de Bourgogne, et à rendre à ta couronne les riches provinces qu’une haute imprévoyance lui avait accordées en apanage. « Fin et feint en ses entreprises. » Louis dissimule avec l'ambassadeur de Charles, mais le comte de Rhétel se remettra I en route avec ses dé|>éehcs. Tristan est appelé; Louis ne ; s’explique point avec son confident ; mais Tristan l’a de- I viné, Ca compris. Un incident élevé sur la route prévicnj dra à jamais le retour de l’envoyé auprès de son maître.

I Machiavel, qui n'a écrit son Prince que quelques années après la mort de Louis XI. a beaucoup d'obligations à cc : roi. L'auteur a dû s’inspirer souvent de souvenirs. I A eut-on cmxire un jMtlil acte de feinlise? C’est le Tarfufe ’ du quinzième siècle préludant délicieusement au Tartufe du dix-septième. Il vient de confisquer en toute humilité tous les fiefr de Ch ries : mais voici le correctif.

En hrarr qu’il OUtt, le noble duc ext mort ;

Mcuicur*. cc fut tiAurd quand on noua vit il'xcconl.

Il in‘a Tuiilii du mal, el m’s fait A Péromie

Paaocr troia de ce* tiull* qu’avec |»cinc un pardonne- :

Mala tout rcMcnlinu-nl «'êleliit aur mi cereiM'il ;

Il était mon couatn, la cour prendra le deuil

I J'ai à iieinc prononcé le nom de Comminu. Cet liisto-

EXAMEN CRlTIQtlK DE WViS XU

ri«n, nénnmoins., Joue dnns Loutu XI un riMe assez im- | pressenlir Tavcnir de raclion à laquelle ils vont prendre portant. C*estlui qui fait rexpotilion de la pièce, d'abord | |Kirl.

en relisant à haute voix la partie de tes Mémoires où sont ' Intérêt , poésie, ridétité de mœurs, fableaiix pathétiques consignées les époques les plut maiv|uantes et les traits ou terribles, grandes leçons morales |toiir les |N.'uples et les plus caractéristiques du régne de Louis XI, ensuite, (tour les rois; tels sont, en résumé, les litres de la Iradans une conversation familière avec Coitier, où ces deux géüiedc Louis XI h restiinc et à l'ailiniration des conhommes, courtisans chacun ü leur manière, mais égale- | naisseurs; c'est une tragédie qui, tenant une des prement cupides, également ambitieux, se font de ces demi- mières places dans la collection des œuvres de M. Oisifflir con5dences qui éclairent l'avenir du drame, et qui, dans , Uelavigne, ne peut manquer d'en conserver une égalele développement des deux caractères, annoncent ou font meut distinguée dans le réi»ertuire du ThéAtre-Français.

DBLXVICtIE.

ÔO

I;KS enfants DEDOlIARf),

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