‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 492 sur 669 · LES ENFANTS D’ÉDOUAED. - ACTE · texte numérisé non relu

LES ENFANTS D’ÉDOUAED. - ACTE

I e Dt C D'TORK.

Tout jeune que je suis, mieux qu'un autre ù vingt ans.

CLOCESTBR.

Mauvaise heH)C est précoce et croit avant le temps : Le provcrl)C dit vrai.

LB DUC D'YORK

Voilà pourquoi , je gage,

A quelqu’un que je sais l’esprit vint avant l'àgo.

iUSASBTU, ft GioccMcr.

Parlons du roi, milord.

OLOCB9TER, SU duc d'Tork.

A qui donc?

I B DUC D'YORK

A quelqu'un.

GLOC ESTER

Le làclic avait trahi celle qui le dcfeiid.

Forcé de le punir, j’eus peine à ra'y ré.soiidrc;

Mais je vous aimais trop, milady, pour l'absoudre.

LBCRIEIH PUBLIC.

« Arrestation de lord Hivers, conduit de. Northamp- » ton à la forteresse de Pomfrei, par ordre du due de I Gloccsicr, régent du royaume. i Elisabeth.

Qu'entends-je ?

LE DUC D'YORK

Lord Hivers!

ULOCBSTEB, en riant.

Oh! lui; c'est dilfércnl.

Mais enfin?...

GI.OC ESTER

Elisabeth.

Certain duc va se rendre inqiorlun; Et je le renverrai.

G1.0CESTER.

Non pas : laisscz-lc dire;

Sa malice m'enchante cl me fait beaucoup rire.

î Qu'a-l-il fait?

f GLUCESTBH, de même.

1 Hicii.

i ELISABETH.

Encore ?...

Voilà son crime.

GLOCESTBR.

Il est votre {tarent;

ÉLISABETH

Vous le rendez, milord, trop libre en le gâtant.

Bas.

Il est un peu malin; mais il vous aime tant!

GI.UCBSTER.

Et moi donc!... cher enfant : U faut que je l'embrasse. Si jamais celui-là ment à sa noble race!...

ÉLISAOETU.

ICt son frère !

GLOCESTER

Son frère est aussi mon espoir.

Qu'ils pros()èront tous deux, et que je puisse voir (^s rejetons chéris d’une lige si belle.

Ces deux roses d’York fleurir sous ma tutelle!

£li.<^abcth.

Eh bien! proiégez-les; qu’ils voussoienllonjourschcrs, Eux, comme tous les miens : la main de lord Hivers Sur le lit d'Edouard serra deux fois la vôtre;

En veillant sur mes fils, aimez-vous l’un et rauirc! tel on caUüid quelque rumeur «oiu lot feaêlrrt. in CRlKtlR PI BLIC, en üehont.

« Jugement et condamnation de lord Hast ings, pair * du royaume, atteint cl convaincu du crime de haute I trahison. >

l.£ DUC D'YORK.

Haslings!... grâce, mon oncle!

ELISABETH

Il aimait ccl enfant.

Eh quoi! vous faisait-il ombrage ?

CLOCESTER.

, A moi? lui?... Sans témoins, j’en dirai davantage.

I En rembrassant bientôt vous me remercierez ;

' 11 le fera lui-méme.

I LE oie D'YORK.

* Ah? vous nous rassurez.

^ ÉLISABETH

A ton ni«. A tet femmet.

j Va jouer. Laissez-nons.

LE DUC U'VOHK, A Ulocctlcr.

Tenez votre promesse El vous rirez de moi si je manque d’adresse.

GLÜCEMTER.

Le polit écuyer pourra tomber de haut.

lE DI'C D'YORK.

Petit! et vous aussi, vous raillez ce défaut ! Allez, d’autres que moi pécheraient par la taille , ' Si l’on mesurait rhoiiimc au cheval de bataille.

CLOCESTER.

Vraiment !

LE Die D'YORK.

Adieu , bel oncle!

CLOCESTER.

\ revoir, bon neveu !

A pari.

Uuand ils ont tant d'esprit, les enfants virent peu.

l.KS ENFANTS IFÉDOrAIU*. — ACTE I.

SCÈMÎ III. i

ÉLISADETII, GI.OCESTEH.

EU8ADETR.

Parlez : de Lon! Hivers avez-vous n vons plaitulro?

De quoi raccu$c-l-oii?poiir lui que dois-je craindre? |

GLUCESTER.

Mais rien» croycz-moi donc. i

se peDcbanl nirle métier tic la reine.

Quel Iravail délicat I

Ccl ouvrage de femme csi d*un goûi, d’un éclat!...

ELISABETH

11 est vrai ; je suis femme , et comprentîs vos paroles : Je dois me renfermer dansées travaux frivoles.

Vous ai-je dit cela?

Elisabeth.

Je me le dis pour vous. j

Mon Dieu ! de ses secrets que PÉiat soit jaloux;

J’y consens : gardez-les; restez-cn seul le maître ;

Je les ai trop connus pour vouloir les connaître. i Mais je suis soeur, milord : je suis mère, cl je crains, tsi-un Ion? que l’excnsc en soit dans mes chagrins : * Iæ malticur rend timide; à force de souffrance, | J ai contre l’avenir perdu toute assurance.

Quittez ce ton léger que dément votre cœur.

Milord , et parlez-moi comme un frèi-c à sa smur.

ULOCESTEB.

Fh bien ! à votre gré gouvernez votre esclave, ^ Kl parlons gravement de ce qui n’est pas grave :

Ixird Hivers arrête ! quel forfait est le sien ?

Que lui reprocbc-t'On ?... rien , ahsolmncnt rien. ^ Mais à notre Édouard plus je le crois utile ,

Moins je vois ses dangers avec un œil tranquille. Elisabeth.

Quels dangers?

clocesteb.

Vous savez que vos augustes nœuds | Ont, dans scs intérêts, dans son orgueil haineux ,

Ulcéré jusqu’au cœur celle vieille noblesse ,

Que rien ne satisfait et qui d’un rien sc blesse. !

Quand on vil vos parents des emplois revêtus,

On cliereha leurs aïeux; je comptais leurs vertus; hivers, qu’avaient poussé mes amis cl les vôtres.

Vint sur lesbancsdespairss'asseoirparini nousaiitro.s ; Pont les noms sc perdaient dans la nuit du passi- ;

Ue njoi de parvenu fut alors prononcé :

Mot banal, et des cours injure favorilc

Lors(|u’auprès des grands nomss'élèveungrand mériie. *

Sa fortune croissant avec scs ennemis,

I L'iHrriticr du rnyaunic à scs soins fut remis.

On murmura plus haut ; mais on craignit les armes Que vous teniez du roi subjugué par vos cliarmes.

EUHACETO.

.Milord!...

GLI>CESTER.

Qui n'clU fléchi sous un tel asociulaiU?

J’y cède, comme lui , reine, en vous regardant.

Mais enfin ce dépit, que retenait la crainte.

Depuis votre veuvage éclate sans conimnte.

• Votre frère, dil-on, maltrcdu jeune roi, »

C’est oc parti haineux qui parle et non pas moi :

< Couverne son esprit ainsi que sa personne ,

• Cl mcUrail volontiers les mains sur sa couronne. »

Ei.is.abeth.

Qui? lui , mon noble frère!...

GLOCESTEB.

Eh non , mille fois non !

Ce sontvos deux enfants qu’on poursuit sous son nom; On voulait, prévenant le sacre qui s’apprête ,

Pour aller jusqu’au roi faire tomber sa tête.

Elisaretii.

Mais c’est affreux! milord.

clocesteb.

Sans doulc , c’csi affreux ; El de tous CCS complot l’artisan ténébreux , Quelesl-il? f.ord llastiiigs.

Elisabeth.

J’en frémis: à rcnlcndre,

II avait pour mes fds un dévouement si iciidn*!

A qui donc se fier?

clocesteb.

A moi, qui l’ai puni.

Ganicz-vous cependant de croire tout fini ;

Leur parti n’est pas mort avec ce chef habile.

Il fallait à Kivers assurer un asile ;

Il fallait plus encor, que le bruit des verrous Par un acte apparent saiisfii leur courroux.

Voilà le double but où je voulais atleindrc,

El le complot détruit, tout cnliné, pourquoi feindre? llcndaiit pleine justice à Hivers méconnu.

Je rembrassc, cl lui dis : Soyez le bienvenu.

De tout ce que j’ai fait tel est l'aveu .sincère :

F!li bien ! ai-je à ma sœur répondu comme un frère ?

ÉLISABETH

Sous ccl amas d'horreurs mon cœur l'este abattu; Peul-on se faire un jeu de noircir la vertu!

CLOCESTEB.

Eh ! (}iie diriez-vous donc , si dans leur folle haine Ils osaient insulter jusqu'à leur souveraine ?

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