SCÈNE X
f.l.OCESTF.R , ÉLISABETH.
Jecoulc, milady.
GIOCESTER.
Parlez, que voulez-vous ?
ÉLISABETB.
Sans colère!
GLOCEtTER.
J’écoule.
ÉLI5ABETH.
Sur cc qui ro'alarmaii je n'ai plus aucun doulc, Aucun; soyez-co siïr.
GLOCGATER.
Douiez, ne doutez poml,
yiie m'imporlc?
tUSABETB.
Avant peu si Hivers vous rejoini , Comme vous ralTirmez...
DELAVlüNB.
CLOCESTEB.
La reine en sa présenc.e
Voudra bien par bonté croire à mon innocenre. ConGance admirable !
ÉLISABETH
Ah f j'y crois maintenant ;
Je connais mon erreur : j’y crois.
GLOCBSTER.
j En frissonnani.
ÉLISABETB.
I.ui, condamné par vous ! il ne pouvait pas l'éirc; I/effroi me rendait folle ; il respire.
Peut-être.
[ ÉLISABETH
! Aux jours de Buckingham on n'a pas attenté!
GLOCESTER
I Pourquoi pas?
; ÉUSABITII.
J étais folle, oui folle, en vérité, t Mc voilà de sang-froid ; voyez; je suis tranquille.
Mes enfants, grâce à vous, ont la Tour pour asile.
GLOCESTER
Je leur veux tant de mal !
; ÉLISABETB.
I Ils scraieiu bien ingrats ,
i S'ils pouvaient le penser.
I GLOCESTER
Pas du tout.
ÉLISABETB.
Dans vos hr.is.
Sous vos veux, il n'est rien que pour eux je redoute... Pourtant dans cet écrit...
GLOCESTEI.
I Encor...
j ÉLISABETB.
C'est qu'on ajoute...
Pardon !
Quoi ?
GLOCESTER
ÊUSABETB.
Qu'a la Tour... Mais c'est faux ; je le sais.
GLOCESTER
Achevez : qu'à la Tour?...
: ÉLISABETB.
J Leurs jours sont menacés.
Mais je ne le crois pas; non , je vous le proteste.
GLOCESTER
Pourquoi donc? milady, c'est vrai comme le reste.
I ÉLISABETB.
I D'un soupçon outrageant, pardon! cent fois pardon!
IVS KNFAXTS ïrÉnorARD. - ACTE U.
Ail ! je vous le (lemamic avec lonl ral»am!o»i. l/amour, le iR'sespoir d'une mère éperdue ;
Que leur vie en danger soit par vous défendue.
GLOCESTIR, avec doucour.
Caltnez‘VOUS donc ; quel bras pcul les allcindrc ici ?
tUSABETH.
O mon Dieu! de Hivers vous me parliez ainsi.
GLOCESTER. rn «ouriaaL
8ans doute.
ÊI.ISABETB.
C'csl ainsi que je vous vis sourire.
GIX)C ESTER.
Eh bien !
EUSABETB, avec explo«ion.
Hivers est mort !
GLÜCSSTEK.
Vous osez le redire ?
Elisadeth.
Oui , contre l'évidence en vain je me défcud.'> :
Oui , mort ; cl vous voulez tuer mes deux enfanta !
GLOCESTER
Moi!
ÉM8ABCTH.
Vous leur protecteur, leur père !... C'est horrible! El c'est vrai , cependant, c’est vrai, mais iiiq)ossilile. Vous ne le pourrez pas : je serai, là, debout ,
Sur le seuil de leur porte, à leur ciicvel , partout ,
Et le jour, et la nuit , sans sommeil , sans rclàclie, L’œil ouvert, la main prête à repousser un lâche ,
Un monstre...
GLOCeSTER.
Milady !
ZLISABBTB, quMe regarde en face.
Je n’ai pas peur de vous.
Buckingham vit; il s'arme, il soulève pour nous .
Ses partisans , les miens, le peuple, Londre entière ; U viendra , nous viendrons, lui, tous, moi la [ireaiière. Les sauver, vous punir.
I S'ils sont de mes amours les fruits illégitimes.
Leurs droits n’cxislcnt plus; ils vivent ; vous régnez.
GI.OCESTER.
j Qu’entends-je!
I Eiisabeth.
C’csl en vain que vous vous indignez.
I Crime ou non , j’y consens : leurs droits, je vous les [ En les désliéritanl ma honte vous couronne, [donne; S'il faut, pour le sauver, que le fils d'Édouard Soit... ah! l'horrihle mot! un bâtard, on bâtard !
I Eh bien ! il le sera : je signe tout.
I Vous, reine!
j Vous me feriez penser qu’on a dit vrai.
tLISABETH.
I La haine,
■ Le croira, le dira; que m’importe? Ils vivront, j Pour prix du déshonneur imprime sur mon froiii .
' Pour prix du crime enfin <!onl je me rends coupable , I Car c'en est un , milord , affreux, abominable,
I Hendez, rendez-lcs-inoi , ces enfants adorés !
I Hcniiez<moi mes deux fils ! Ah! vous me les rendrez. I Pitié! c'est à genoux, mains jointes, que leur mère Vous demande pitié...
GLOCESTER
C’en est trop.
ELISABETH
{ Mon TO. !
Ah ! mon frère !
J GLOCESTER
! De vus aifroius ce titre est le plus grand.
M'immoler vos deux fdsen les déshonorant ! Elisabeth, l'aiuchant a »e« v^icmenu.
l'ilit' !
Gl OCESTER, qui la rcpOUMC.
j Pour m'épargner l'horreur <le vous entendre ,
^ Je sors.