I.E DIX D'YORK
N avons-nous plus d’amis?
Elisabeth.
Parlons bas; un espoir nous est encor permis.
I Avec un peu d'Onaremcnt.
' L’archevêque d'Vurk... ce protecteur nous reste ; Mais que peiitunvieillard qui pourvos droitsprolcsle ? ! 11 est vrai qu'à sa voix nus pontifes divins...
Sans doute ilsToseronl... mais Icursprujeis sont vains, Si Butkingliam... mais lui...quclchaus dans ma tête! Pourclierclici’ inu pensée , il faut que je m'arrête.
LE DIX D'YORK, aprè« une pau»c.
I Aclicvcï.
tUSABITII.
Je (lisais.., quoi ?... Qu'ai-jc dil, Ricliard ?
I VivemenL
Qu’ils forceront la Tour.
LE DEC D’Y ORK
: Vous l’espérez !
ÉLISABETH
Trop lard;
Mcconipremls-lu?lropiard..\llcndrc, encorallcndre! Tout un jour, chez Tyrrel, languirs.'uis rien apprendre! Vous-méincs, n’avez-vous aucun avis secret?
{ ÉDOIARD.
Aucun.
ELtS.ABETB.
Que font-ils donc? quoi , rien! pas un billet! Visitez avec soin tuni ce qu’on vous adresse.
Grand Dieu! si jusqu'à vous par force ou par adressis Au moment où je parle, ils s'ouvraient des chemins ; Si...qiiedis-je?àloutehcun',àchaqueinsUnt,scsmiuns,
I,f:S ENFANTS D’ÉDOUAni». — ACTE III.
SM
Scsdeiix mains pour frapper survouspeuvcnlsViciiOrc! les saislwantavrc transport danssesbraa.
Écoulez !
LB M'C b'YOllK.
Qu’avez- VOUS?
tUSVBBTII.
Hélas! j’ai cru rentemire; J’ai cru vous embrasser pour la dernière fois,
El j’en bénissais Dieu : nous serions morts tous trois.
Non pas vous!
tDOlARD.
BLI5ACCTB.
Il faudra que je vous abandonne;
Mon devoir m’y contraint. Votre danger m’ordtmiie De revoir vos amis, d’attendrir, tic pousser, D’enflammer ccscceursfroidsquc la peur vient glacer. Oui, je le dois. D'ailleurs, pour peu que je balance , Tyrrel aura recours même à la violence ;
El que deviendrez-vous, si j'ose l'irriter?
Prenant le dur d'York A part .
Richard, que je te parle, avant de te quitter!
A \oIx baaae.
Tu ne veux pas, mon fils, que ton frère périsse; Dis-iui donc, loi qu'il aime, oh !dis-lui qu'il fléchisse...
Sans que même à voix basse on ose le nommer ;
Sans avoir, après vous, rien que je puisse aimer ; Non, rien; pas un tombeau , pas une froide pierre ;
^ Où portant, chaque soir, mon deuil et ma prière, Fidèle au rendez-vous, je dise : Les voilà !
Quand Dieu voudra de moi, je les rejoindrai là.
ÊPOliABO.
‘ Mourir et vous quitter!... hélas! j'aimais la vie.
.\vec quel dévoueiticiil je vous aurais servie!
Sans rougir, dans l'exil , j’aurais de mes sueurs : Gagné pour vous nourrir un pain mouillé de pleurs; Mais fléchir («locester par une ignominie ,
Faire avec lui marché des droits que je renie , Devenir son sujet, cl le plus vil de tous.
En te relevant.
j Veuve et mère de rois, inc le conseillez-vous?
I BMSABBTH.
I Jamais le sang d’York n'a pu demander grâce !
, Restez, nobles ciil'anis, dignes de votre race;
Gardez celte vertu que je dois admirer;
En entendant ta pvrte s'ouvrir.
Je pleure et j’en suis hère!... On vient nous séparer; G’esi Tyrrel!
l.E tllC D'VOKK.
Quoi ? (levant Gloccster !
tOOl'ARD. qui a pr^td l'orcllle.
Moi , fléchir! moi , céder !
Blisadetp.
Mais, malheureux enfant, s’il veut te poignarder,
11 le peut.
EDOCARD.
j SCÈNE X.
ÉDOLAIU), LK DUC D'YOIIK, Él.ISABETll, TYKllIX.
Il sort d'une orRlc ; le désordre se laisse apercevoir sur scs trait* [ et dan* sa dénurvbe ; mais U sait se contraindre et conscr\cr de la dignité.
Je rallciuls.
LE l)tC D'YORK.
Qu’il ose renlroprctidre ; J'ai du cœur, de la force, cl j’irai ledéiénürc.
Te couvrir de mon corps...
EOUl'ARD.
Richard!
I B DCC D'YOHk.
Mourir |>our
TYRRBL, A part en entrant.
Envers moi la rigueur est étrange, Sort maudit ! sur quelqu'un il faut que je me venge. Reine, vous ne pouvez demeurer plus longtciD[>s; Retirez-vous.
ELISABETU.
Silél!
EDOl'ARD.
Eucor qucb|uc$ instants!
ELlSADETIi.
Mais vous mourrez tous deux!
LEDIT. D'VURB.
Eli bien! tous deux.
Elisabetu, avec désespoir en tombant assise.
El moi.
Les deux (K^inces s'élancent vers «ll« ; E<louardl se» genoux, et Richard sur son sein.
Moi, je resterai donc seule dans la nature.
Ignorant jusqu'au lieu de votre sépulture;
Pus un.
TYRREL, de même.
Et ISABETH.
Quel cluiigcmenl! ce langage m’étonne.
Le montrant aux prlucc* avec terreur.
Scs irailssoiil égares! ses yeux... ali! je frissonne.
TtSSIll.
Viiiis rcslci dev.inl moi iiiuclle de slupeur ; Qn’.ivei-vous.
LKS ENFANTS D’ÉUOÜARI). — ACTE 111.
Ulj
tUSABKTB.
Vos regards...
TTRBEI.
Kh bien ?
tUS^BETH.
lU me foiU |>cur.
TYKREL.
Pour qui?
tUSXBETB.
Pour GUI, Tyrrcl. Sans Joute e’est faiblesse; Mais pensez au trésor qu*en partaiil je vous laisse.
TYRREL, •'auimant par degré*.
Quoi! me soupçonnez-vous de quelque trahison?
EMSABBTH.
Vous!
TYRRBL.
Pour veiller sur eux j'ai toute ma raison...
ÉUSi^BETH.
.Ne vous ofiensez pas,
TYRRBL.
Tout mon sang-froid^ j'espère.
LB DIT D'YORK, U* « la reloe.
Parlez-lui de son fils.
Busabktd.
Tyrrel, vous êtes père...
TYRRBL.
Pourquoi renouveler ce souvenir alfrcux?
Je n'en ai plu.s de fils, et vous en avez deux.
ÉU9ABETH.
LcB pouasant dan* lea bra* de Tyrrcl.
Que J'aime, que j'adore... et que je vous contie.
TTRREL.
A moi!... Celte (erreur, rien ne la jusiidc.
J’ai reçu votre foi, vous devez la tenir;
Mais s'il faut vous contraindre a vous en souvenir. Qu'un autre à vos enfants prête son assistance ;
Avec violence.
Pour moi jeu fais serment
ELISABETH, effrayé-
Je pars sans résistance.
TYBBEL.
N'hésilcz plus.
Blisabeth.
J'ignore oi'i je dois les revoir :
l.aissez-niüi les bénir; c’est mon dernier devoir. Eleiidanl Jet maiiu «iir la léle de mti (Us , qui sool tombé»
& genoux devant elle.
Les voilà prosternés sous mes mains, sous mes larmes! Ils pcuvcnl devant loi paraître sans alarmes ,
Pieu ; quel mal ont-ils fuit? Ils iront, si tu veux , t'es deux êtres si purs, si lions, si mallicureiix ,
I Pu respect filial ces deux parfaits moilèlcs,
Uéunir dans ton sein leurs âmes rralcrncllcs;
< .Mais, pour qu'on les chérît, toi qui les as formes ,
ISc me les ôte pas, ces anges bicn-aimés.
j Jetant un regard »ur T) rrel.
Qu'un ami gcucrcux protège leur enfance , i Qu’ils restent sur la terre ; et que je les ilevance ,
. Quand ils prendront leur vol vers l'asile de pais,
! Uii la mère et les fils ne se quittent jamais.
I Bu Icj embrauanC.
I Ailieu!
j iDOlARD.
I C'en est donc fait!
BLISABBTn.
Daa a Edouard.
Veille sur ton frère,
I naa «U duc d'York. A Tyrrcl.
I Veille sur F-douard ! Ah ! redevenez (wre ,
Tyrrel !
I Tvaati..
i Assez, assez.
ELISABETH, iaca enfant*.
Je vous laisse avec Pieu.
serrant *on (lU aîné daiu se* brai.
Edouard K..
I LB DCC D’TOBK.
Et moi donc!
TYRREL.
' Triste spectacle!
I fil.is\BLTK, aprci le* avoir embra»*é« tou* deux l plu*icurs reprise*.
Adieu!