‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 541 sur 669 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

I ÉDOUARD, 1.E DUC D'YORK, CI.OCESTER, TYRREL, DICIITON, FORREST.

GLOCBSTER, malfré ica Rcalea auppllanta de Tfircl, falaani al|;nc A DlRhtoQ et A Porreal.

1 Achevei.

Lea deux asaaaalna courent vert lea enfanta, qui ae rcnveraciit ] aur le lit en pouaaant un cri horrible.

! (1) I/atr (tu Üoti save the King ! eal de beaucoup poalérienr

I à celle époque, maia il est lellemenl de ailuation qu'on doik ; pardonnera aana doute cet anachronUme musical.

' ( NoU He Cauleur.)

EXAMEN CRITIQUE

DES ENFVMS D’ÉDOI ARD,

l'AK M. inAlQlET.

Celle Iragérîle n’est que le développement d’un des innombrables épisodes dont se compose le Richard III de Shakspeare. Dans aucun autre de ses ouvrages, le |)oe(e anglais n'a usé plus largement de tous les privilèges de la lil>er(é dramatique. Sa pièce est un résumé historique de quatorze ans. On y voit figurer quatre rois, Édouard IV, Édouard V, Richard III et Henri VII. sans compter Henri VI, dont les funérailles ouvrent la scène ; plus quatre reines, mères, filles ou veuves de rois ; plus les (rois oncles du Jeune Édouard et ses deux frères utérins ; plus des lords en assez grand nombre pour former une chambre des pairs au petit pied, un archevêque, un évêque, deux prêtres, de^ assassins, des spectres en chair et en os, parlant tout aussi fort que des |»ersonne8 vivantes, et, pour compléter cet ensemble, deux armées en présence, deux armées dontles chefs ontleurs tenlesà quiniepieds l’unde l'autre. Ainsi s'explique la facilité avec laquelle, au milieu d'une mêlée épouvantable, Richard III se rencontre tête h télé avec Henri, et expie enfin par une mort trop tardive et trop honorable celte longue série d'assassinats qui lui ont ouvert Jusqu’au tréne un chemin sanglant. Le spectateur, comme l’on voit, a eu le tem|)S de les suivre pas à pas. Cesl une route qui ressemble à ces v<ûes romaines dont tes deux côtés ne sont décorés que de tombeaux et d’urnes cinéraires. Il y a des voyageurs que ce spectacle amuse } ne leur envions pas leurs Jouissances.

Le goût de M. Casimir Delavigne est sûr, et le |)oefc français connaît son public. Il sVsl bie» gardé de le promener pendanl quatorze ans, ou, ce qui est encore pis, (Mandant trois heures dans ce labyrinthe de crimes et d'horreurs. Il s’est rapi>elé que

Souvent Irop d'abondsncc appau\Tll U matière,

et que si l’esprit peut s’atlacher,8ans répugnance, h l’image d’un événement pathétique et terrible, il repousse avec dégoût le spectacle trop imilti|)lié de scènes d'une froide et

I uniforme atrocité. Dans l’interminable galerie de ^hak- .spt‘are. Il n’a choisi qu’un seul fait. Il l’a ménagé arec art. En le reproduisant, sans le copier, il lui a donné de Justes et régulières proportions ; il l’a orné de riches ac- : cessoires; il a prouvé enfin que par le naturel et les grâces I du style, par ce secret aujourd’hui si méconnu de prolonger une situation sans l'affaiblir, de la sus|>endrc sans la ralentir, de la conduire à sou dénoùinent. sans la tordre et sans lui faire violence, il était possible d'obtenir dn spectateur une attention plus vive, et, littérairement parlant, plus honorable que cet intérêt de simple curiosité qui n'exige rien de l'art, et qui se contente d’une longue accumulation de faits ou de souvenirs historiques.

Dans Richard IH, Himri V! et son fils Édouard ont élé ' poignardés dans leur prison par l’usurpateur ; le duc de Clarence, frère de Richard, a élé noyé par ses ordres dans un tonneau de malvoisie j Rivers, lords Gray, frère et fils [ de la reine, sir Vaughan, l'un de scs plus ardents défen- , seurs, ont reçu la mort dans lescachofs de Ponfrecl ; lord Hastings, lord Buckingham, ont eu la tête tranchée sur un échafaud. On connaît la destinée des deux fils, d'ÉdoiiardlVj la femme de Richard, lady Anne est empoisonnée par son mari. Voilà le résumé de toutes les gentillesses que les enthousiastes de Shaks|>eare s’efforcent de pro|>oser pour modèles à l’imitation de nos ]K>êtes, et, nous devons en convenir, ils ont élé quelquefois crus sur i {larole. Il semblait que plusieurs de nos écrivains avaient . pris au sérieux la grotesque exclamation d'Harpagon ; « Allons vite, des commissaires, des archers, des pré- • vôts, des Juges, des geôles, des potences, des Imur- • * reaux! je veux faire |H*ndre tout le monde. » Tout cela a réussi pendant trois mois, mais sans faire retrouver, ou. jKJur mieux dire, sans remplir leur cassette. Vous verrez j que, imur n'èlre pas obligé de se pendre eux-mêmes, ils ' en reviendront tôt ou lard au goût français. C’est là qu'est la mine inépuisable, c'est là seulement que la fortune et la gloire les attendent.

I Ce n’csl pas en vain que la mythologie a armé Melpo-

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