DO:VA FLOR1RDB
De toute la puissance de mon âme, plus que je ne |>cux le dire , plus que je ne pouvais l'imaginer quand il était heureux.
El vous voulez que je l’épargne ?
HOXA PLORIÜDE.
C’est votre clémence qui le veut; c’est votre justice. Que lui reprochez-vous, sire? csl-il coupable?
Il vous aime, il s’est fait aimer!... ah! croyez-moi, il a commis le plus grand, le plus impardonnable des crimes, le seul qui n'admetlc pas de grâce. Un cloître n'a point assez d'austérités pour l'cn punir, les cachots n'ont point assez d'entraves : tout son sang versé goutte à goutte ne siiflimit pas pour l’expier.
IMI5A FLORCSDE.
Son sang!... juste ciel! que dites-vous?
V'oijs m'avez entendu, vous s.ivcz qui je suis et ce que je peux, hésitez-vous encore?... Mais qui ose pénétrer ici?
DOIXA FLOM^DE.
Accueillez ma prière, sire. Don Juan a pu vous j irriter par un mot indiscret; mais s’il r.i dit, il ne le > pensait |us. Il vous respecte, il vous Imnorc; il met- | trait sa gloire à mourir pour vous. Je vous en conjnre, qu'il trouve grâce devant son maître. Ah! sire , soyez m.'ignaninie et pardonnez!
Je ferai plus, madame, j'oublierai ; mais â deux! conditions : don Juan ne saura pas de vous qui je suis...
UUXA PI.ORIXDE.
Je le jure.
DORA FIORIRDB.
Sire, vous oubliez que vous ôtes chez moi.
Il est vrai, senora; un roi se croit partout dans son palais.
SGÈMi IX.
PIIILIIM'EII, DONA n.OUIM)E,DON QUEX.ADA.
C’est VOUS, don Qiicxada! venez, vous arrivez à propos.
IMJN JI’AN D’AUTRICHE. — ACTE II
ÎSÎ7
D0?( QCBXADA.
J« craignais dolre en reianl; (saïuamuonaPiorindc.) mais en vayani madame ; je comprends que, si mon élève m’accuse de lenieiir, le seigneur comte doit m'allcndrc sans impatience.
reiuppE II.
Vous savei déj.î que vous êtes ap|)clé ici pour un mariage ?
DOV QlCXAtA.
Je i’ai su par don Juan » et je ne puis vous dire avec quelle saii.sfaction j’ai appris que Votre Excellence y donnait son consenlement.
PEIIUPPB II.
On vous a trompé.
Dorv IjtlXAOA, 1 part.
Je l’avais prévu.
Oeux personnes s’opposent à cette union : dona Florinde...
DOIA FLORINDE.
Ab! sire, par pitié!..,
DON ÇCEXADA.
Votre Majesté s’est fait connaître?
POILIPPE II .
Seulement de madame, qui ne me trahira pas. Je vous le répète, deux personnes, dona Florinde cl
DON Ql'EXADA.
Il suflirait d’une seule, pour que la chose fiU impossible.
Don Juan va rentrer, recevcz-Ic; dilcs-Iui que madame ne veut pas le suivre à l’auicl, cl que sa résolution ferme, inébranluble, est de ne plus le revoir,
DONA PLURINDE.
Sire, don Juan ne le croira pas.
DON ocexada.
En effet j’oserai représenter liiimbicmcnl à Votre Majesté que je crains...
PHILIPPE il.
Qu'il n'ajoiitc pas foi aux paroles de son second père, lui, ce modèle de Icdncation cbrétiemic! car ce sont là vos paroles.
DON (fCEXADA.
Sa Majesté est trop bonne de se les rajqKîlei'.
PHILIPPC ti.
On vous avez trahi la confiance qu'on a placée en vous, ou vous avez pris sur lui une autorité sans bornes. I
DON Ql'EXADA.
J'y ai mis tons mes soins.
pmiippE II.
Il a pour vos ordres un respect filial?
DON QIEXADA.
Cola doit être.
Si cela n’étail pas, vous auriez commis une bien grande faute, seigneur Quexada;et vous savez que, moi régnant, aucune faute n’est impunie. Voyez-Ie donc ; parlcz-hii , et qu’il sorte d’ici, pour n’y revenir jamais. V’oilà votre mission, rcmplisscz-là ; aiilremeni, mettez ordre h vos affaires : il ne roc reste pins qu'à vous plaindre !
DON QIEXADA, i pirl.
Que saint Jacques me soit en aide !
(DoroUiCe enlrc avec la mantlUc de dona Florinde.^
Madame, permeltez-moi do vous offrir la main pour vous accompagner chez voies.
dona riORINDB.
Ah! sire, vous vous laisserez loucher par mes prières.
(lli Mrtoiit cl Dorolbéo Ica auU.)