‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 575 sur 669 · I..a paresse, Peblo, est un grand péelié · texte numérisé non relu

I..a paresse, Peblo, est un grand péelié

PEBLO.

Celui qui l'a inventé ce péché-Ià, était sans doute ; un saint homme à qui sa goutte ne pcrinctlail |>as de I fermer l’œil.

' FRÈRÈ ARSÈNE.

J Ou qui connaissait le prix du temps; mais vous,

< quand vous ne le perdez pas, vous l'employez mal.

I PEBLO, retournant vers le balcon d’un «Ir mutin.

J’aime mieux l'employer à dormir qu’à réveiller les I autres.

FRÈRE AE8ÈNB.

Où allez'vous?... remuant sans cesse!

j PEBLO.

I Eaissez-moi me recoucher, je ne remuerai plus.

I FRÈRE ARSÈNE

I Rcpoiidanl toujours, même avant d'entendre.

PEBLO, A part.

I Elsl-ce injuste? quelquefois je ncréi>onds pas quand

< j'ai entendu.

FRÈRÈ ARSÈNE.

Curieux à l’excès!

PEBLO,

Comme s’il ii'y avait que moi de curieux dans la maison.

DON JUAN Ü’AUTÏ\ICHE. - ACTK Ml.

fhkHk

Ou'ciU-ccà dire, petil uioinilluü révolté que vous clés?

PEBIO, A |)irt.

Oh! niuinilloii !... ü croit qu'il inc fuit l>icn de la |>ciiie.

PRfctB AR.st^E.

Encore un coup, de qui parlez- vous? est-cc de moi?

PEBLO.

Dieu m’en garde, père Arsène ! c’est du prieur qui vient toujours m'adresser en douceur un las de méchantes questions sur vous.

PiftHË AMENE, A t»art.

Ce prieur, il rend dévotement compte de toutes mes actions ; s’il est la créature de Dieu, il est encore j plus celle du roi. (4 pebio.) Parle à cucur ouvert, mon enfant, que te demande-t-il?

PEBM), 4 part.

11 u’csi pas curieux, lui!

FRERE ARSENE.

Eh bien ?

PEBLO.

Ce que vous faites, |>èrc Arsène, ce que vous dites cl ce que vous écrivez.

frEre arnEne.

11 ne peut guère en demauder davantage; et tu lui réponds?

PEBLO.

Que vous faites des horloges; que vous dites : quelle heure est-il? et que vous écrivez votre confession.

FRERE ARSENE.

C’est bien, très-bien même; je suis content de toi : je te crojais un peu médisant...

PEBLO.

Moi, père Arsène !

frErr arsEne.

El si lu l’étais, bien que lu profiles des peines que je me donne pour ton éducation, il faudrait nous séparer, parce que le fàTC prieur pourrait prendre les paroles au pied de la lettre. C’est un saint lioimne, Pebio, un bien saint boinnie; mais d'une dévotion vétilleuse, qui s’eilarouche de tout, sc cabre |>onr rien, fait une montagne d'un grain de sable, et d'un misère sans conséquence un bel et bon péché i mortel.

PEBLO, i part.

Il sc gène pour médire de son supérieur. frEhe amène.

J’aime pres<iuc mieux la franchise brutale du frère gardien.

PEDItl.

Do |H‘rc Pacùiiic, mon oncle ?

frère ARSENE, A part.

Son oncle!... |»anvre orphelin ! les iiiuincs n'uiit jamais que des neveux.

PEBLO.

Vous avez tort, car le prieur s'csl bien radouci depuis la mort du dernier abbé. J’entends les frères sc conter entre eux que malgré scs soixante-treize anssonnés, il grille sous son air froid d'élrc nommé à la place vacante. Comme le chapitre se rassemble aujourd’hui |>our rélcclion, il ne dit plus de mal de l>cr$onoc, aCn de gagner des voix; au lieu que mon oncle Paeôme, son bon ami, dit du mal de tout le inonde, afin d’éter des voix aux antres.

PRtRE ARSENE.

Dti mal de tout le monde?... El de moi aussi, ii’estcepas?

PERLO.

Comme d'habitude; en sa qualité d'ancien marin vous savez qu’il cric toujours : la disciphne, la discipline!.... et il prétend, bien à tort, mais il le prétend...

FRERB ARSENE.

Quoi donc ?

FEBI.O.

Que vous mettez les jeunes moines eu rébclliun contre les vieux.

FRÈRE ARSÈNE

Moi qui ne cherche qu’à rapprocher les partis !

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