ACTE III
(oui bus à la lélc trtine bonne vinj^Uiine de suf- . frages prini les jeunes moines ; le frère gardien, mon oncle, en coruniamle à peu près aillant parmi . les vieux, qu'il mène haut la main coinme son ! ancien équipage; et tous deux ils travaillent à se souiller desvoi\; ils tirent chacun de leur cùté tous les électeurs qui sont entre deux ûges, et ils s'agacent, et ils sc molestent, et ils se détestent : eVst une l)énédicliun.
FRÊaS ARSâf«E. I
Sais-tu pour qui votera le frère Timothée?
PEBLO. I
Peut-être bien pour le )>èrc procureur qui a des | cliances, parce qu'il donne a dîner au vieux Jéronimo, et à ce gros léjoni de cellérier : ce qui lui fait deux ^ voix.
FRâKC ARSXfIE.
Il est vrai que ce sont les deux estomacs les plus reconnaissants de la communauté. ,
PEBLO. '
Mais je connais quclqiruD pour qui le fK*rc Timothée voterait de préférence.
PRERt ARStSb.
Qui donc?
PEBLO.
Vous. j
FRERE ABSE^E j
Kst-cc que j'ai des prétentions?
PEBLO. ,
Hier il m'a pris sur ses genoux, et, en me donnant des cédrats conûts, il m'a dit : vTouuaoi deux ou trou rois ut imiuntie toodo frèrcTUnoUiée.) < Notre vénérable pcro ’ I Arsène, celte lumière de la communauté, que lu as ^ le bonheur de voir tous les jours, il jouit d'un grumi . I crédit auprès du roi ; rap|>clle-mui souvent à son » souvenir; qu'il ait la bonté inriiiic de m'appuyer un | » peu, cl j’aurai l'insigne honneur de prêcher ce ca- » rénic devant la cour. > '
frerb ARSEie.
Comme si Dieu était là plutôt qu’aillcurs! (a ivbio.) ! En réclamant ma protection, il ne t'a rien dit de Charles-Quiiil? i
PEBLU.
Charles-Quint!... je ne le connais pas.
FltËltE AR}>EXE I
(Enxouriant.) O gloire hmiiainr! (Tombant au «.) Ilaïu! il n’y n de réel que la douleur.
PEBIO. I
Mil vous voulez «lire ccl eni|>crcur que personne *
ne voyait, qui est mort ici tout récemment, et dont on fera les funérailles dans trois jours.
prEre arsEne.
Oui, dans trois jours; (a p^irt.) ils ont au moins rempli mes intentions en accréditant ce bruit qui m'épargnera bien des importunités.
PEBLO.
Ixirsqu'il en parte de votre enqwreur, il se signe* rail presque ; il s'incline bien bas pour dire ; < Jésus, mon Sauveur! » et plus bas encore quand il dit : « Feu Sa Majesté, l'empereur et roi !... »
pnerb ar^Evb.
Assez, assez! ton l)abil m'amusait d'abord, mais à la longue...
PEBIO.
On SC lasse de tout. C'est justement là l'elTet que le couvent a produit sur moi.
frEre arsexe.
Qu'est-ce que vous dites, Pcblo? .Vlicz dans ma cellule; allez donner un coup d'œil à mes horloges : je crois que le numéro quatre est en retard.
PEBLO.
J’y vais, père Arsène ; mais j’aurai beau pousser les aiguilles, le temps n'en ira pas plus vite.
prEeb arsExe.
Si je me lève pour courir après vou.s '. .
PEBLO, qiil Mirt en tauUnl.
U m'atlrapcrail avec sa guulle.
F!U:UK AllSÈNE.
Il a raison le malicieux petit vaurien : une vie inactive est fasiidieii.se comme un livre qu'on a trop lu. El ii'cire réveillé de son néant que par les piqûres de CCS insectes du cloître! de ce frère PacAme!.. Ah! quand vous voyez un vieillard impitoyable pour la jeunesse, soyez sûr qu'il a été trop indulgent pour lui-méme. Peblo s'est plaint dernièrement à sa mère des duretés de son oncle : elle est venue me voir dans rermiiagc voisin, sc jeter à mes pieds; elle m'a tout avoué, en me priant d'adoucir l'oncle en faveur du pauvre enfant. Je lui parlerai, je le dois. Frère Pacôme, il y a seize ans!... Que dis-je? est-il le seul qui étouffe le cri de la nature par respect humain? et moi, moi!... (En «c ifyvast )Qucl supplicc que de n'avoir rien à faire ! le remords a trop de prise sur vous. Ilcuroubcineiii voici le jour! Me> yiux s'étaient fatigués à
DON JUAN D’ALTRICHK. — ACl'E III.
l'eue |uilc lueur île la lampe, et Ils vont se rarraicltir en cliangeanl de lumière, (s'appnxhani <ie is ïenéirc, *pr«-^ iTPir iieipt U lampi'.) Tranquille vallée de Sainl-Jusl, elle sort des vapeurs... Il me semble qu’elle a vieilli eomme moi. Que je la trouvais lielle, lorsque, la traversant dans toute la ponqw de ma gloire, je pris la résolution d'y mourir! Kli bien! depuis deux jours, n’y suis-je pas mort de mon virant?... C’est une idée i|ue je veux exécuter en graml, avant que la nature la prenne avec moi tout à fait au sérieux : mes funérailles me feront passer une journée, une de ees journées dont les douze heures si vides, si longues, si lentes, ne commencent jamais assez l6t et finissent toujours trop tard.(aevcnanl«ur le ilevauldc la acèue.) Enfin la cloche sonne le premier office ; je vais donc me récréer en cliantant au lutrin les louanges de Dieu... .\h! jadis! jadis! moi qui me sentais à l’étroit dans des États si vastes que le soleil ne s’y coucliait jamais, je portais le sort des empires dans mes yeux, je poussais d’un geste une moitié de l'Europe contre l'autre; d’un mot je la remuais dans ses entrailles , et mainle . nant c’est un des événements de ma vie que de chanter au lutrin.
SOÈINli IV.
FRÈRE ARSÈNE, PEBLO.
P£BLO.
Mon père , je vous avertis qu*on va venir vous cberdicr pour les matines.
FKKRE ARBâNB.
Toujours les mêmes versets, psalmodiés du mémo Ion! lumporte, j'ai du plaisir à mditendre, et toi, Peblu?
PBBIO.
Si jdi ai, pt^re Arsène! comme tout le monde. tA part.) Il chante faux.
FtlSRE ARSENfc.
Je crois que voici les religieux qui viennent me prendre.
PEBl.O.
Oli! fuites donc quelque chose pour le frère limullice; il prêche si bien! les sermons qu’il débite sont les seuls que j'aie entendus d'un bout à l'aulio sans...
FRERE ARSE!^E
Sans tlormir,(sévèrcmeui.) Vous dormez donc au sermon, l^cblo.
Hamc! père Arsène, vous me rêveillcE la nuit, il
j faut bien que je me rattrape le jour ; vous-méiiic di-
, manclie dernier, si je ne vous avais pa.s tiré par voire robe...
I frErf. AR»>EVE.
I Je ne sais pas ce que vous voulez dire.
i PEBLO.
Kl à trois reprises encore, an point que le niüireaii a failli me rester dans la iimin...
FRERE arsEve
Taiscz-vüiis, raisonneur!
I PEIUO. A |wrt.
' llaisouneiir! il commet tous les pêchés qu'il me reproche.