FRÈRE ARSÈNE, DON QUEXADA, PERI.O
. FRÈRE ARSÈXE, A Quexada.
Qu’avez-vous, mon vieil ami ? vous avez l’air dé- I courage.
I DOX QrSXADA.
i On le serait à moins.
J FRÈRE ARSÈXE.
j Un obstacle vous abat; moi, il m’excite, il me réveille, il met enjeu tous les ressorts de mon inlelli- * gencc.
I PEBLO, A pari.
I ranime il s’agite ! comme il inarcbc! ce matin il se traînait à peine; maintenant il sauterait presque.
I FRÈRE AR9ÈXR.
Je lutterai, je remporterai... (a Quexada.) Ranimezvous donc; vous n'étes plus riiominc d’autrefois.
I DOX QUEXADA.
' Si fait! frère Arsène, si fait! mais j'ai là devant moi cette tour de Ségovie qui m’apparait comme un spectre : elle paralyse mes facultés.
FRÈRE ARSÈXB.
I De la peur! eh! qui rêve sa défaite est vaincu d'a- I vancc. (Baa.) N'avons-nous pas perdu la bataille de i Pavie pendant trois heures? et pourtant... (uaui, «ve I Impatience.) Mais jc n'ai que deux heures à moi.
I PEBLO.
i II nc pense pas plus à sa goutte !...
PREBEAR8ÈXE.
Quoi? celte lélc jadis si féconde en expédients
iiU'AMied.) celte tète vieillie ne peut donc plus rien enfanter?
I PEBLO. occupé A relIrcT l’écheUc de la fenélre.
I.CS moines descendent au jardin pour se rendre à I l'élection dans la grande salle du cliapiire. Vous n'y ‘ allez pas, frère Arsène?
PRÈRI ARSÈXE.
! l,.aisse-moi en repos avec ton élection !... (a part, en I «e levant.) J’y pense, ce prieur, il est le maître : niais I si je le devenais à mon tour!... (Haut.i Don Quexada , ' vous rappelez-vous une élection qui a fait bien du bruit dans le monde?
tî(M>
IK)N JUAN D’AUTRir.HK. — ACTE 111.
!»«>?« giKJiAïu.
Je lie l'üulilierai de ma vie. IMcii ! que j’ai écrit de leures dans ce leiiqis-l.à, sans compler les posl- ^
s^riptum! \
mÈRK ARSÈNE. I
C’csi justement ec que vous allei faire encore. A celte table! A celte table!
PEBLX). regardant loujoui-*.
lisse foniioMl en groupes; iU en ont au moins pour un quart d'Iicurc il intriguer sur le seuil de la |)ortc avant d’entrer.
IRÈRE ARSENE, prcnAitl Aur Ia table tlca pUluiCA Cl du papier. •
Tu crois? !
fERM). I
Mon oncle cric frère Timoibée prècbc, cl le prieur, radieux comme un soleil, donne sa liénédiclioii à tout le monde. j
frEreak>eve.
Vite! ici, mon enfant, eide la plus belle écriture.
PEBLü, un genou en terre, prêt A écrire «ur un miwel.
Je vais m'appliquer.
FRERE ARSÉRB.
Kt moi... {Cherchant une place, et sc mettant *iir »on prie- ' Dieu) moi, là; atieniion! Je dicte: à lui, IVblu; pour le pm*e Timothée: ♦ Mon éloquent ami. » A vous, i Quexada, pour le père procureur: i Mon révérend ^ frcTC, n {terirant A M>n tour, t Moii Irès-clicr ganlicn.. »
PEBLO. '
C’est écrit. (4 part.) Si je sais on il veut en venir!.,.
FRERE ARSÈNE, 4 Peblo.
< J'approuve la sainte ambition que vous avez do
> prt'cbcr devant la cour; mais comment me résigner
* volontairement à penlro le fruit de vos liomélics » édifiantes? « (a don Queiada.) • Vous m’avez souvent » oflerl votre voix et celle de vos amis ; si je croyais
» faire tort à notre bon prieur en les acceptant, je les '
• refuserais encore, mais... »
DÜ^ Ql'EXADA. I
Un peu trop vile! frère Arsène, un peu trop vile!
FRÈRE ARSEl^E. A pari. |
Pauvre homme! il est usé.
PERLO.
« Homélies cdifinnies. > |
FRERE ARSEXe, A Pcblo, en continuant luUmêmi' aa lotlrc commencée.
« Si le chapitre inc confère aujourd’hui, grâce à
> vous et aux vdtres, un titre qui me permette de
> faire avec quelque dignité une excursion à la cour,
» heureux de vous y suivre, je vous y promets mon
> appui. »
PEBt.O, en <V;Hvanl.
Kst-ce qu'il voudrait devenir ahl>é, par hasard ?
DOX QIEXARA.
« Je refuserais encore; mais... ♦
FRERE ARSExb.
« M.iis quelques suffrages au premier tour de scrutin » me causeraient une bien sensible joie, sans nuire à > la nomination du plus digne. Votre frère et ami. i Y es-tu, Poblo?
PEBLO.
J’attends.
DOX QrEXADA.
Le voilà dans son élément, trois lettres à la fois! frEre arsExe.
« Priver le roi, frère Timotbée, d’im talent comme » le vôtre, c’est péilier; mais passer tout un carême
♦ sans vous cnleiidre , ce serait faire doublement pê-
* nilcnce. »
PEBLO.
Cette phrasc-!à doit lui aller au camr.
prErb aisExe.
Écris, écris. (UmoI »ur Ic Ocraat de la acABCla IcUrc qu'il vient d’achever.
« Mon très-cher gardien, franchise enticre avec t vous, qui êtes la franchise même! je veux cire » abbé. Votre voix cl toutes celles que vous avez » enrôlées sous vos ordres, je vous les demande au » nom du I>e! enfant qui vous remettra co billet. Vous » connaissez son père cl je le connais aussi; conduisez » donc ma galère à bon port , ou , de par Dieu! je I coule In vôtre. Simple moine, je parlerai : abbé, je » jure de me taire. Sur ce, mon très-cher gardien, » vogue ma g.alèrc, et Dieu sauve l'honneur de votre » pavillon! » ^courant a pcbio.) Donne, que je signe, cl plie la lettre.
PEBLO.
Oh! vous aurez toutes ces voix-là; mais si vous faites passer à voii-c Iwrd mon oncle et son équipage, ce sera tin vrai triomphe.
FRERE ABSEXE, gaicoirnt.
Auquel tu auras plus de part que tu ne penses, mou gentil Peblo.
PEBLO.
Ah! par exemple!...
frEre aesèxe.
Car tu dois être mon messager auprès de lui.
PEBLO.
Gardez-vous bien de me cJioisir, père Arsène, il ne peut pas souffrir les cnfaiii.s.
DON JUAN D’AUTRICHE. — ACTE III