RÉFLEXIONS SUR LES MESSÉNÎENXES
goiirmanda les parfis avec une iaposse prématurée, et son dernier adieu aux armées qui évacuaient notre so) fut un hymne h la concorde qui rend les peuples in\in> cibles.
i.cR Afcxsènienncs suivantes , oh le poète chante la gloire et les malheurs de Jeanne d’Arc, furent inspirées, ce nous semble, par le même sentiment qui animait les trois premières, c’est-à-dire |»ar le besoin de protester contre le plus f'rand de nos revers. Mais, cette fois . il y eut moins d'amertume dans les re(;rc(s du poete j quelques années avaient dtqà passé sur cette blessure, et lui avaient ôté ce qu'elle avait de vif et de poit^nant. Le spectacle de rerifanlement lent et lalxirieux de nos libertés, les progrès de l'esprit public dans la voie des gouvernements conslitulionnels , nos combats de tribune, une nouvelle éloquence politique, dégagée des formes Apres et de Tcnflure démagogique des tribuns de 05, un sentiinenl de curiosité et presque d'éguïsme qui concentrait raltenlion de la France sur les débats de scs mandataires ; toutes ces choses faisaient croire aux esprits les plus sages qu'il ii'y avait eu à Waterloo ni vainqueurs , ni vaincus, mais seulement un grand homme tombé , et une charte victorieii.se. Le }kh‘Ic comprit parf.titcment ce mouveinetit de ropinioii : aussi n'adressa-l-il pas à l'étranger des imprécations directes et passionnées; il lui rappela seulement notre gloire passée, il évoqua un des plu.R læaux souvenirs de rtiiktoire de nos pères, il chanta la mystérieuse bérmne qui avait purgé notre sot de la domination anglaise. Ce n'était plus un appel aux armes , mais une allusion pleine de mélancidic au plus énergique mouvement du vieux peuple <le France , pour sauver rindépendancc du sol ; mais un moyen délicat de nous tenir en halchie , et une leçon cachée |H>ur leui|K‘rer dans resprit des rois de l’hurope l'ivresse d'uiiepremiérc bataille gagnée toiilre la France.
Le temps changea, les esprits se modihèrent; en France le lendeiiiain ne ressemble Jamais à la veille. Le poete se pliait merveilteuseiiient à ces changements du temps, A celle mobilité de l'opinion ; sitôt qu'un pas était fait vers raveiiir, il en était averti; sitôt qu'une peii-sée généreuse se faisait jour dans cette France si ardente et si cuinimiiiicative , il la recueillait et la popularisait.
Vous souvenez-vous de l'année ? Nous sommes si habitués aux grands événements , que celle année-là, qui en fut si pleine , se confond dans notre mémoire avec toutes celles de la restauration. Pourtant que de choses et que de inoiivcmenls dans le monde à cette é|K>que \ Naples est étoulTéc parl'Autriebe, après avoir essayé d'un parlement , et goùlé d'une liberté 4)rageuse et passagère ; le Piémont , travaillé par de jeunes enthousiastes cl par le voisinage contagieux de la France et de scs institutions libérales , un jour louche à la liberté, cl le lendemain héberge les armées autrichiennes , qui viennent lui rendre avec le sabre son ancien régime et sa dépendance; t'Anlriche , cette ;>olice permanente des idées constitutionnelles , pousse scs lourds bataillons partout où elle a|>erçoit l'ombred'iinecbarte. L'Rspagiie civilisée cherche à tirer du bourbier l'Fspagne monacale, et monlrc sa constitution écrite A des masses qui ne savent pas lire;
la France. tout occupée des fortunes diverses de la charte de Louis 111 . dont on fait tour à tour une lettre morte ou une hdlreà double sens, parait se recueillir sous le ministère faible et froid de M. de lUclielieu , comme pour se préparer à (raver.ser les six années «le M. de Villèle. La politiijuc de l'Angleterre, ici se cache, là se laisse voir, fait son profit du mal comme du bien; et |>endant que de petits hommes d’État, réunis en congrès A Layhach , décident que la révolution napolitaine n'a éléqu'un esclandre , et nomment l'Autriche gendarme de la Sainte- Alliance , celui qui du rocher où U était enchaîné tenait encore le monde en haleine, meurt fauled’air et d'e3j»ace, captif d'un geôlier anglais !
Au bruit de la révolution de Naples, la conspiration du Piémont avait éclaté; or, entre le premier acte et la catastrophe, il ne se passa qu'un mois. On n'eii sut rien en France , car nous avions alors la censure , cette vie arlihcielle des mauvais gouvernements. Sij'at bien consulté les journaux du temps, on leur laissa dire , Je crois, qu'une douzaine d’écoliers de PuniversUé avaient paru au spectacle couverts d'un bonnet ronge , et qu'on avait arrêté plus lard une centaine de têtes folles tentant «le la sédition à Alexandrie. Il en coûta qnciqnes sacs de florins à l’Autriche, et une ombre de guerre. La rétolte apais«‘e, et le niveau passé, tout rentra dans le silence.
Vers le même temps, la Grèce, la Mie Grèce d’Uomère, secouait les chaines dont elle était chargée depuis trois siècles. Celte terre, où le voyageur cherchait des débris de monuments cl non des hommes, commençait A retrouver des générations «|Ui n'avaient pas }>enr de mourir, et prouvait qu'elle n'élait qu'endoriiiic quand on la croyait descendue dans la tombe. Partout des tcnlativcs généreuses, partout du sang versé pour la sainte cause des libertés humaines, partout d'ticlilanls efforts innir hâter un mpjllenr avenir, témoignaient hautement que l'heure était arrivée d'unede ces grandes crises, oii la Providence renouvelle la face d«*s sociétés , et ouvre à l’homme des voies nouvelles de prrfecti<mneinent. La France, quoique soucieuse alors pour ses propres libertés, sympalbisait ouvertement avec une cause ptmr laquelle tant de braves gens mouraient ailleurs; et pendant que l’autorité s'efforçait de j<*ler une teinte de ridicule sur de.s entr«*prises avortées , et les regardait coiiune des soulèvements de place publique, qui. n'ayant pas le succès de notre révohilion, avaitml le tort de p.irailrcla singer, le iKrtiple applaudissait aux lenlalives et adoptait les vaincus. C’est que, malgré nos luttes inléricurCH,luUesqui se passaient la plupart du temps entre des courtisans avides, et dans les antii'h.anihres du palais; malgré des querelles de imriefeiiilies. ropiiiioii populaire, forte de l'appui de ses amis et des fautes mêmes de ses ennemis , sûre «{ne la liberté briserait à la hii les entraves «jui gênaient son développement, entretenait au ^b•ho^8 ce besoin d’expansion cl de sympathies «(iii faisait croire aux nations malheureuses «|ue leur délivrance politique viendrait de la France.
Ccl intén>l généreux dn peuple, eji faveur des motivenieots insurrectionnels «pii «‘dataient en Grèce et en Italie, ne pouvait pas échapper au poète national, qui avait pris
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