‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 635 sur 669 · LL ICI · texte numérisé non relu

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Le plus cher.

PAULU, a part.

Il craindrait ma présence, S'il n’était devant moi fort de son innocence :

On m'a trompé.

Ll'IGI.

(Consens !

PAOLO

Me prumcis-lu qu'un jour, Comme à seize ans, pour Rome épris d’un pur amour, \ celui qui de Dieu sur la terre est riinage...

Tu consens?

LllGl.

1 PAOUK

I Nous irons rendre un dernier liomiuagr?

Linei.

' Kh ! comment ferais-tu pour ne pas consentir?

I Tu verrais sur le seuil , si tu voulais partir,

^ Les souvenirs vivants de notre premier :\gc ,

I En le tendant les bras , t'arréter au passage.

Reste ! Ton ciel natal , Paolo, le voici I

Ce toit , c'est ton berceau; ce vieux foyer noirci,

Où nos tremblantes mains se ri^:liauiïaient ensemble, I Nous réunit enfants, vieillards, qu'il nous rassemble. Nos deux cbilTres, c’est là que lu les as laissés; Comme d’anciens amis sc tenant embrassés ,

Ils sont unis encor; pourrions-nous ne plus l'étre?

; ResieIEh! paroùnousfuirîDanscelencloscliamjvéïrc I Tu ne peux faire un pas, regarder, respirer,

I Sans qu'un parfum connu qui revient t’enivrer,

. L'allée où, chancelant, tu courais sur ma trace.

Le fleuve où de la mort tu m'as sauvé, la place Où, plus âgé que loi , je vengeai ton afTioni, j La croix qui si souvent vit s’incliner tou froiu ,

L’eau qui fuit, l'air qui passe ou le vent qui soupire, Emprunte, en s’animant, une voix pour le dire :

, « Resieîaimeencor ton frère aux lieux où lu l’aimais; ' » Es-tu sûr, si tu pars , de le revoir jamais? »

! PAUI.O.

Et toi , si lu me suis dans la ville éternelle ,

. Pourras-tu l’admirer sans oublier pour elle , De ton pays natal le soleil éclipsé , j Sans rajeunir de joie en rêvant au passé?

I 11 a brillé pour toi son ciel, où la prière 1 Ne montait qu'à travers l’azur et la lumière?

I »Son pavé triomphal a tressailli sous loi ;

Ses débris l’ont parle; du cirque, où pour la fui De scs héros chrétiens mourut la sainte armée,

; Tu sentis palpiter la poussière animée.

Quand Rome eu deuil suivit sonS:mvcur au tombeau, TupIeuraisîMaisqucljour! qu’il fulgr,'mil,qu’ilfulbeau! Qu’il l’enivra ce jour, où des voiles funèbres.

Rome, en ressusciianl, décliira les léuèbre.r! i Tous les cbanls, tous les bruits à la fois rciiaissauis,

^ (jCS cortèges sacrés, ces nu.ages d’encens ,

Ces palmes qui du Christ couronnaient la victoire, j I ;n homme, un prêtre, un Dieu, qui planait danssa gluire I Entre Rome cl les cieux, cl des cieux cnlr'ouvcris, Répandait les pardons sur Rome et l'univers;

Quel spectacle!... O Luigi, les transports qu’il inspire N’onl-ils pas à leur tour une voix pour le dire :

UNE FAMILLE AU TEMPS DE LUTIIKIl.

• Yi('ns! le grand jour approche; ah! viens venez tous i > Pleins de la même foi, brûlés des mêmes feux [deux, I » (^u'il versait par torrents dans votre ûine embrasée,

» De ses divins pardons recueillir la rosée! » iriGi.

Paolo!...

PAOLO

Tu viendras! Et quand nous sentirons grâce à flots sacrés s'épancher sur nos fronts , Puissent nos cœurs noyés dans celle joie intime.

Dans ce bonheur de croire où la raison s'abîme , Mourir, et confondus , voler d'un même essor Au sein de l'Étemel pour s'y confondre encor.

Oui, réunis aux cieuxî.. Tu pleures!.. Ah ! mon frère, On te calomniait; mais qu'un aveu sincère Me punisse du moins de t’avoir soupçonné.

Toi, que je jugeais mal, loi, que j'ai condamné, Apprends...

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