‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 64 sur 669 · L L’ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

L L’ACADÉMIE FRANÇAISE

de toutes la plus sublime et la plus inattendue , serait encore d'écrire comme eux. Ainsi , messieurs , la pureté du langage et la candeur dans l'expression de la pensée, donnent aux ouvrages de l'esprit ce charme qui en établit d'abord les beautés originales , et celle vérité qui les fait vivre toujours. Mais, pour que les tableaux soient fidèles, pour que les vices du siècle s'y montrent sans voile , et que la tragédie , plus sincère , devienne une représentation animée de Thistoire, les lettres réclament l'appui d'une liberté sage. Que d'espérances o'avons-nous pas droit de fonder sur cette protectrice naturelle de tout ce qui se rattache à la dignité humaine ? La première pensée du monarque fut pour elle ; nous la verrons, à l'ombre de celte puissance auguste , ouvrir une plus noble carrière aux travaux de l'imagination, un champ plus vaste aux jeux du théâtre. Affranchie de ses entraves , puisse-t-elle répondre à ce bienfait d'un petit-fils de Louis XIV par quelques-uns de ces immortels ouvrages , non moins glorieux au génie qui les enfante qu'au prince assez grand pour en jouir et les protéger ! Avec les acclamati«>D8 du peuple , qu'elle lui porte les hommages des arts , les vœux reconnaissants des lettres \ Au milieu des fêtes d'un nouveau règne , il a voulu l'associer aux pompes de sa puissance pour mêler un éclat durable à tant de magnificences passagères. Ah ! qu'elle soit rornement solide de son trûne , qu’elle en soit à jamais la décoration vivante, comme dans ces solennités où , sacrée avec lui , elle s'est mise devant Dieu et devant les hommes, sous la garde de ses serineiils.

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