‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 660 sur 669 · SCÈNE XXIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XXIV

PAOLO

Demain! Ce mot uneste A de ma vie éteinte anéanti le reste.

Et, brisé sous le coup, mon cœur sans bullcineiii A semblé de terreur s'arrêter un moment.

Relevez, ô mon Dieu, ma force défaillanic.

Demain!... La voilà donc cette veille sanglante!

Elle avance dans l’ombre; elle expire à minuit : Qu'aura-t-i) fait ce bras quand finira la nuit?

11 tombe inanimé. Dois-je fuir?... Je l'ignore.

Celui que j'aimais tant, que j’aime plus encore,

Cesi là qu'il s'est assis au banquet du retour ;

Là, je l'ai vu, pleurant, souriant tour à tour,

Épaneber de son cœur la gaieté familière;

Là, nia coupc a louché sa coupe hospitalière ;

J'ai rendu vœux pour vœux à sa vieille amitié,

Et du pain qu’il in'olTrail j'ai rompu la moitié.

Se levant.

Arrière ! loin de moi cet acte horrible, inlàme ! Fuyons; sauvons sa vie ; ah ! fuyons...

S'arriMant tout i coup.

Mais son àmc !

II la perd ; il se damne ; cl le ciel, qui pour lui Se fermera demain, peut s'ouvrir aujourd'hui...

Je ne sais quel pouvoir agit sur tout mon être;

L'ardeur d'un vin l'uincuxbouillunnc en moi pciK-ôlre? Par le jeône afl'aibli, devais-je à ce poison Redemander ma force et livrer ma raison!

Avec terreur. «prCa «‘être recueilli un niomnit.

Ce n'est pas sa vapeur qui dans mon sein fcrmonic; | Je lutte contre Dieu dont l'esprit me lournienio;

Oui, c'est Dieu, je m'épuise en cIToris iinpuis.sanis; Dieu qui m'abat sous lui !

iüc laliAjint tomber Agenmiv.

C'c6t Dieu mémo!... Je sens Passer dans mes clieveux son souille qui me glace ;

II va venir, il vient me parler face à face.

Et je tremble, agité de ce frémissement

Dont nous tremblerons tous au jour du jugement.

Paolo!... Par mon nom je l'entends qui m’appelle.

' Si j'obéis. Seigneur, doit-il mourir fidèle ?

Pour le régénérer il sufiil d'un remord :

Dites que son salut doit sortir de sa mort, c Frappe et sauve! *

I se relcrant.

Il l'a dit : voici l'heure !... Ah! pardonne : Colère du Très-Haut, si ta voix* me l'ordonne,

A la voix frissonnant, si je suis plein de toi, l'i) ordre encor! un signe! et marche devant moi.

I S'avançant ver* la chambre de Luigi.

I Marche cl je te suivrai, marche, sainte colère,

I ('onsunie et purifie, immole et régénère.

Mais, un signe ! un seul mol ! Si l’ordre est répété.

' Je ne le verrai plus que dans l'éteruiié.

Ciel! ma mère!

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