EXAMEN CRITIQUE D’UNE FAMILLE AU TEMPS DE LUTHER
Thécla, en apprenant ce qui s’est passé, redevient mère, et s’écrie avec dés«s|>oir :
El TOUS ne Tiret pii,
quand il a dit : « Je par*' • retenu dan* ro* bra*?
La scène de la réconciliation, scène neuve au théâtre, est d’une simplicité et d'une beauté tout à ^it antiques : nous ne connaissons aucune situation d’un intérêt plus vrai et plus louchant.
La nuit arrive, et la Emilie, heureuse du rapprochc>
ment qui s'est opéré, se sépare Mais Paolo retient
Lui^, il veut savoir la vérité tout entière : celui-ci hésite d’alwrd, puis il avoue enfin qu'il doit abjurer le lendemain. A ce mot, Paolo frémit ; car il entend iinevoix qui lui crie : Sauve Ion frère ! H essaye donc, mais en vain, de le détourner de sa funeste résolution ; il conjure, supplie et pleure^ Lui|;i reste inflexible, et s'éloigne en adressant à Paolo ces paroles chrétiennes ;
Tu *al* Inul : s'il e*t rral que tn m'alnir-a,
Apres racle acrompli non* reaterou* le* mCmrs ;
M je le faU horreur, j'alrocral »eul, el Dieu
J«i|{era qui de nou* *uU son précepte Adieu.
I Mais le démon du fanalisroe l'emporte. Paolo, croyant ' ol)éir â t'ordre de Dieu, frappe Luigi endormi. Toute la famille accourt aux cris de la victime, et là, fidèles à leurs I caractères, Thécla el Paolo, dont le crime n'est pas soupçonné, se disputent le mourant au profit de leur croyance. : Avant d’expirer Luigi abjure, et Paolo, souillé d’un : crime inutile, s’enfuit chargé de la malédiction de sa mère.
Rien de plus simple assurément que celte action; il fallait (|tie le poète fût bien sûr de lui pour oser la transporter en ce temps-ci au théâtre; mais quel sujet si ingrat et si stérile ne serait pus |K>ur M. Casimir Delavignc ^ un moyen assuré de succès? Et ici, quelle richesse de détails, quelle ravissante poésie! Dans Une Famille au I tempe de Luther se trouvent réunies lotîtes les qualités \ qui caractérisent le beau talent de M. Delavigne : une I grande sagesse de conception, un K'ntimenl exquis des convenances, une merveilleuse flexibilité de style, une ! raison toujours élevée, el pour tout dire enfin, un esprit si franc et si vrai, qu’il n’est autre chose que la raison . parée et embellie.
I Comment s’étonner qu'avec un talent si fécond en res- ' sources, chacun de ses ou> rages soit pour l'auteur une . nouvelle occasion de triomphe?
'Eabb îles ÜHati^rfS.
Avis DES iBiTECRB Page ü
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MESSÉNIENNES
Réflexions sur Tesprit et le caractère des Messé-
niennes Ll
Envoi des Messéniennes 17