‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 73 sur 669 · IXE ALTRE · texte numérisé non relu

IXE ALTRE

Hélas! demain à son retour I/O soleil pour Argos ramènera le jour;

Mais il ne luira plus pour Troie.

l’XE TROYEXXB.

O détestable nuit! è iicrfîde sommeil!

D'où vient qu'aulour de moi brille une clarté sombre! Quels affreux burlcoienU sc prolongent dans ronibre! Quel épouvantable réveil!

l'XI JBCXB TROTEXXE.

Slhénélus massacre mon frère.

* IfïE JErXE TROTEXXE.

\jax {mursuil ma sœur dans les bras de ma mère.

I XE AI'TRB.

Ulysse foule aux pieds mon père.

IXfc TRU\EXV£«

Nos palais sont détruits, nus ienqdes ravagés ; Femmes, enfants, vieillards, sous lofer tout succombe, Par un même trépas dans une même loiubc Tous les citoyens sont [dougés.

I XE ACTRC.

Adieu, < bamps où fut Troie, adieu, terre chérie ;

Lt vous, iiiàues sacrés des héros cl des rois ,

j Doux sommets do l'Ida, beau ciel de la patrie ! Adieu pour la dernière fois!

I l'XBTROVEXXE.

Un jour , en parcourant la plage solitaire ,

Des forêts le tigre indompté Souillera de ses pas l'auguste sanctuaire,

I Séjour de la Divinité.

IXETROYEXXE.

I Le pâtre de l'Ida, seul près d'un vieux portique , Sous les rameaux sanglants du laurier domestique . Où l'ombre de Priam semble gémir encor , U.licrcbera des cités raiiliquc souveraine ,

. Tandis que le bélier bondira dans la plaine I Sur le tombeau d'Hector.

tXE AUTRE.

I Ut nous, tristes débris battus par les tempêtes,

La mer nous jettera sur quelque bord lointain.

rXE ACTEE.

I Des vainqueurs nous verrons les fêles :

Nous dresserons aux Grecs la table du festin.

Leurs épouses riront de notre olMussaiice;

I Ft dans les coupes d'or où buvaient nos afeux ,

. I)el>ou(, nous verserons aux convives joyeux ! Le vin, l’ivresse cl l’arrogance.

I IXETROYEXXE.

I (ihanicz celte Ilion proscrite par les dieux ;

! Ghantez, nous diront-ils, misérables captives , j Fl que l'hymne troyen retentisse en ces lieux.

I O fleuves d’Ilion, nous chantions sur vos rives,

I Quand des murs de Priam les nombreux citoyens , j KnHchisdans la paix, triomphaient dans la guerre , j Mais les hymnes troyens I Ne retcnUronl plus sur la rive élrangère î

I l'XB AITSK.

I Si tu veux entendre nos chants ,

Uends-nous, |)eu[)le cruel , nos époux et nos pères,

^ Nos enfants et nos frères!

j l’ais sortir Ilion de scs débris fumants î ^ M<iispuis4|uc nul cllorl aujourd'hui ne peut rendre ‘ La splendeur à Pergame on cendre,

I/a vie aux guerriers phrygiens.

Sans cesse nous voulons pleurer notre misère ,

Kl les liyimies troyens Ne retentiront pas sur la rive étrangère.

I CIIOEliR.

' .\dieu, mânes sacrés des héros et des rois! i Adieu, terre chérie !

I Doux sommets de l'Ida, beau ciel de la patrie, i Vous eutcudez nos cltaiils pour la dernière foi.s !

Ki'Xt \iiu»> il v*ir..-.

Khiirtt /*»*».

SmoMiDc

Les minisires fougueux du lyrao d'Éoliu Troublaient au loin les airs de leurs longs sifllcmenb El des rochers émus jusqu’en leurs foiideincnls .Vuiphitrile insultait la cime ensevelie Sous ses monts écumanis.

Lu torrent pluvieux s’échappait des nuages.

Et les pâles clartés que vomissaient leurs Haucs Sillonnaient les llols turbulents I)c cet océan sans rivages.

Le front déjà voilé des ombres du tré|>as,

Seule sur un esquif, Danaé gémissante Levait au ciel ses yeux éteints par répouvaule ,

Ses yeux... Sou jeune lils reposait dans scs bras. Enfin, avec transport sur sou cœur elle presse Ce fils, Tunique objet de ses mornes douleurs,

Puis Je ses froides mains doucement le caresse ,

Et lui dit, le couvrant de baisers et de pleurs :

« Si jeune lu ne peux coimaitre

> Toute Thorreur de notre sort,

• Pauvre enfant, tu souris peut-être

• \u flot qui t’apporte la mort.

» Pbébé, que ton céleste frère

> Abaisse ses regards sur moi ;

> Fils de Latonc, souviens-toi

> Des infortunes de ta mère.

t Hélas! rallumant son fland)eaii,

« Que Taurore tarde à paraître^

) Dieux ! quelle nuit et quel berceau

• Pour un enfant qui vient de naître !

» O mon ûls! il n'est plus d’espoir!

» Déjà Tablme nous dévore :

! » Sur mon sein je le presse encore .

« Mais je ne dois plus le revoir. »

Cependant Jupiter a ircssailU de crainte :

Pâle , iTs’csl élancé , le courroux dans les yeux ;

C’est un père, un amant, c’est le maître dirs dieux , j 11 jiorlc sur sou front cette majesté sainte ' Qui consterne la terre et fait trembler les cieux : i La foudre à son as|>cct se lait épouvantée :

I A ses pieds les autans déposent leur fureur;

De la voûte du ciel , qu’elle avait insultée ,

La mer précipitée

Dans scs gouffres sans fond relomlic de tcrreui.

Il parle; Danac tremble à sa voix chérie ,

Se courbe sous sa gloire , et frissonne, cl s'écrie :

1 Grâce , dieu redouté ; ne nous consume pas » l>c Tcclal dévorant dont la gloire est armée.

» El toi, lève, ô mon fils, ta tète inanimée ;

» C’est ton père, tends-lui les bras!

^ » Il m'exauce, aucun bruit ne frappe mes oreilles ;

! > La nuit a rallumé ses astres radieux ;

; * Tu souris, les ticaux yeux SC ferment, lu sommeilles; I Dors , mon ûls , sur la foi des dieux. >

Elle dit , et Tesquif , sous un ciel sans nuage ,

^ Poussé par les zcpbirs, glisse jusfpi'au rivage.

Danac sur des fleurs dé)H)se son trésor,

I Cet enfant qu’à regret les flots semblent lui rendre ,

' L’écoute respirer, Teutend, l’écoute encor,

I Ne peut se lasser de Tentcndrc ;

I Et le cœur agité d'un doux frémissement,

SeiUanl son sein piessé j>.ar la hoiiclic vcrjucille I De Tcnfanl qui s’éveille ,

Uciul un pieux liominnge à son céleste amant.

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