‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 72 sur 669 · CANTATE · texte numérisé non relu

CANTATE

Aux bords du Simois, les Troyennes captives , Ensemble rappelaient , par des hymnes pieux , be leurs félicités les heures fugitives,

Et le deuil sur le front , les larmes dans les yeux , Adressaient de leurs voix plantives Aux restes d’Ibon ces étemels adieux :

caoscB.

D'un penpie d'exilés déplorable patrie ,

Ton empire n'est plus, et ta gloire est flétrie .

ESI TBOYESSB.

Des rois voisins puissant recours.

Que de fois llion s'arma pour leur défense !

D'un peuple heureux l'innombrable coneours S'agitait dans les murs de cette ville immense :

Ses tours bravaient des ans les progrès destructeurs. Et , fondés par les dieux , ses temples magnifiques Touchaient de leurs vofiles antiques An séjour de leurs fondateurs.

CSS TSOTISSS.

Cinquante fils, l'honneur de Troie,

Assis au banquet paternel ,

Environnaient Priam de splendeur et de joie ; Heureux père, il croyait son bonheur éternel !

EVE AETRE.

Royal espoir de ta famille ,

Hector , tu prends le bouclier ,

Sur ton sein la cuirasse brille , l.e fer couvre ton front guerrier.

Aux yeux d'Héciibe, qui frissonne.

Dans les jeux obtiens la couronne.

Pour en couvrir ses cheveux blancs;

.Vax’ m rbr XAA»t^;rî*f A jUlA ifti,

Kl'IlIPIKt-

Du ciel allumant la colère ,

Déjà le crime de ion frère Tappréle des jeux plus sanglants.

T!fE riLLE.

Polyxène disait à ses jeunes compagnes :

Dépouillez ce vallon favorisé des cieux ;

Cest pour nousque les fleurs naissent dans cescainpu- Le printemps sourit à nos jeux. [gnes.

Elle ne disait |>as : vous plaindrez ma misère Sur ces bords où mes jours coulent dans les lionncurs ; Elle ne disait pas : mon sang teindra la terre Où je cueille aujourd'hui des fleurs.

CBOBtR.

D'un peuple d'exilés déplorable patrie,

Ton empire n'est plus, et ta gt&ire est flétrie.

l'.Ve TROYENMI.

Sousl'azur d'un beau ciel , qui promet d'heureux jours , Quel est ce passager dont 1a nef couronnée j Dans un calme profond s'avance abandonnée *

Au souffle des amours ?

I iriBAlTRB.

I II apporte dans nos iuiir.iilles ’ Le carnage et les funérailles!

I Neptune, au fond des mers que ton iridcul vengeur I Ouvre une tombe à l'adultère!

' Et vous, dieux de l'Olympe, ordonnez au tonnerre I De dévorer le ravisseur.

1UNETROYB5?IB.

Mais non , le clairon sonne et le fer étincelle ;

Je vois tomber les rocs, j'entends siffler 1rs dards; Dans les champs dévastés le sang au loin ruisselle ,

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lÆS TROYENN'ES.

Les chars soiU heurlcs |».ir les chars.

.Vchillc s'élance ,

Il vole, (ont fuit;

L’horreur le devance ,

Le trépas le suit,

La crainte et la honte Sont dans tons les vcu\ ,

Hector seul aflronte Achille et les dieux.

l.VE ACTBX.

Sur les restes d'Hector qu’on épanche une eau pure , Vpporter des parfums, faites fumer renccus.

Autour de son l)ùcher, vos sourds gémissements l'ormcnt un douloureux niurimire ;

Ah ! gémissez, Trovciis, soldats , baignez de pleurs Une cendre si elièreî...

Des (leurs, vierges, semez des fleurs !

Hector dans le tombeau précède son vieux })èn'. cuuei'R.

Des fleurs , vierges , semez des fleurs!

Hector dans le tombeau précède son vieux |»ère.

I VE TROYE!t’IE.

Ilion, Ilion, tu dors, et dans tes murs Pyrrhus vtille ennaimné d'une cruelle joie;

Tels i|uc des ioiijts errants par des sentiers obscurs, Les Crées viennent saisir leur proie.

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