A MES AMIS
r uçaro^ . .
aniit.
IImi sr.t.
O mes amis , que ce lianquel m'cnchanic ' J'aime CCS jeui , ce désordre et ces cris.
Des vins fumanls la pourpre clincelanX' , Ces fruits c|iars et ces joyeux débris.
Dans soixante ans, quand l'%e impiloyalilil'cra trembler les flacons dans ma main , Puisse Bacclius nous rassembler h table ,
Ft nul de nous ne manquer au festin !
Nous chanterons d'une voix moins sonore ; Mais que Bacclius dicte nos derniers vers ; Buvons  lui ; qu'un Jus brillant colore j Nos fronts pülis par quatre-vingts hivers
Plongeons nos sens dans une heureuse ivresse : Le lierre , amis, sied bien aux eheveux blancs ; Ses rameaux verts couvrent de leur jeunessi'
1 Les vieux ormeaux dépouillés par les ans.
VU WLLON D’ARGENTOL.
Qu4ni juval ioitnicct venloi audirA cubAnIcm ’
Aul QoUJai hibcrnuf aqua» quum fiulerit AuUai-, Securum Moino», imhr« juvanle. icqiii *■
Hua mihi continuai 1 .... .
Tiari.ik
RcIraiU! d' Argenlol , vallon tranquille cl sombre, Qu'liabilcnl le travail, la paix et le bonheur,
Que j'aime à respirer ce reste de fralclicur,
A l’ardeur des étés écliappé sous Ion ombre !
Le léphire se plaît dans tes longs peupliers;
Ces monts, où denx forêts balancent leur verdure , Environnent ton sein d'une double ceinture. Courbez-vous sur mon front, rameaux buspllallers; Source fratebe , où ma main recueille une onde pure , Reviens par cent détours aux bords que tu chéris; Poursuis : que ton murmure, en cbarnianlmcsorcillcs, Se mêle au bruit léger de cet essaim d'abeilles ,
Qui vole en bourdonnant sur les buissons fleuris.
Des chênes ébranlés mutilant les racines ,
Puissent les noirs torrents , dont le cours inégal Dans un lit de gravier gronde an pied des collines , Mc jamais obscurcir ton paisible cristal !
Puissent le dieu des champs cl ses nymphes divines Ecarter loin de toi le chasseur inhumain ,
Quand, l'oreille aux aguets, sortant du bois voisin , La biche au pied léger ou le chevreuil timide Vient se désaltérer à la source limpide.
Ah ! si jamais le ciel , soigneux de mes plaisirs ,
Fixe ma vie errante au milieu de ces plaines ,
Je veux que leur enceinte enferme mes désirs ,
Que mon travail soit libre ainsi que mes loisirs ;
I J'y veux couler en paix des jours exempts de peines, j Quand l’ardent Sirius blanchit l'azur des deux ,
Quel bonheur de fouler des herbes verdoyantes ;
Ou dans les nuits d'hiver, quand un vent pluvieux Vient battre à coups pressés les vitres frémissantes. De réver i ce bruit qui vous ferme les yeux !
Si je meurs entouré de riantes images ,
Je ne veux pour tombeau que ces gazons épais.
Les passants, fatigués de quelques longs voyages . Pourront s'y reposer sous des peupliers frais :
Mon ombre écartera de leur couche tranquille L'insecte malfaisant, le reptile odieux :
I Un regret , un soupir, en quittant ces beaux lieux. Me paieront au deU mes soins et mon asile.
Voilà mes seuls désirs : puissent-ils plaire aux dieux !
! O vallon fortuné , paisibles promenades.
Tout ce Ciste imposant que Paris va m'oITrir,
Ces palais , ces jardins et leurs tristes Malades ,
Du besoin de vous voir ne me sauraient guérir;
Entre vos monts altiers , au bruit de vos cascades. Que ne m'cst-il donné de vivre et. de mourir !
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