‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 77 sur 669 · A MES AMIS · texte numérisé non relu

A MES AMIS

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IImi sr.t.

O mes amis , que ce lianquel m'cnchanic ' J'aime CCS jeui , ce désordre et ces cris.

Des vins fumanls la pourpre clincelanX' , Ces fruits c|iars et ces joyeux débris.

Dans soixante ans, quand l'%e impiloyalilil'cra trembler les flacons dans ma main , Puisse Bacclius nous rassembler h table ,

Ft nul de nous ne manquer au festin !

Nous chanterons d'une voix moins sonore ; Mais que Bacclius dicte nos derniers vers ; Buvons  lui ; qu'un Jus brillant colore j Nos fronts pülis par quatre-vingts hivers

Plongeons nos sens dans une heureuse ivresse : Le lierre , amis, sied bien aux eheveux blancs ; Ses rameaux verts couvrent de leur jeunessi'

1 Les vieux ormeaux dépouillés par les ans.

VU WLLON D’ARGENTOL.

Qu4ni juval ioitnicct venloi audirA cubAnIcm ’

Aul QoUJai hibcrnuf aqua» quum fiulerit AuUai-, Securum Moino», imhr« juvanle. icqiii *■

Hua mihi continuai 1 .... .

Tiari.ik

RcIraiU! d' Argenlol , vallon tranquille cl sombre, Qu'liabilcnl le travail, la paix et le bonheur,

Que j'aime à respirer ce reste de fralclicur,

A l’ardeur des étés écliappé sous Ion ombre !

Le léphire se plaît dans tes longs peupliers;

Ces monts, où denx forêts balancent leur verdure , Environnent ton sein d'une double ceinture. Courbez-vous sur mon front, rameaux buspllallers; Source fratebe , où ma main recueille une onde pure , Reviens par cent détours aux bords que tu chéris; Poursuis : que ton murmure, en cbarnianlmcsorcillcs, Se mêle au bruit léger de cet essaim d'abeilles ,

Qui vole en bourdonnant sur les buissons fleuris.

Des chênes ébranlés mutilant les racines ,

Puissent les noirs torrents , dont le cours inégal Dans un lit de gravier gronde an pied des collines , Mc jamais obscurcir ton paisible cristal !

Puissent le dieu des champs cl ses nymphes divines Ecarter loin de toi le chasseur inhumain ,

Quand, l'oreille aux aguets, sortant du bois voisin , La biche au pied léger ou le chevreuil timide Vient se désaltérer à la source limpide.

Ah ! si jamais le ciel , soigneux de mes plaisirs ,

Fixe ma vie errante au milieu de ces plaines ,

Je veux que leur enceinte enferme mes désirs ,

Que mon travail soit libre ainsi que mes loisirs ;

I J'y veux couler en paix des jours exempts de peines, j Quand l’ardent Sirius blanchit l'azur des deux ,

Quel bonheur de fouler des herbes verdoyantes ;

Ou dans les nuits d'hiver, quand un vent pluvieux Vient battre à coups pressés les vitres frémissantes. De réver i ce bruit qui vous ferme les yeux !

Si je meurs entouré de riantes images ,

Je ne veux pour tombeau que ces gazons épais.

Les passants, fatigués de quelques longs voyages . Pourront s'y reposer sous des peupliers frais :

Mon ombre écartera de leur couche tranquille L'insecte malfaisant, le reptile odieux :

I Un regret , un soupir, en quittant ces beaux lieux. Me paieront au deU mes soins et mon asile.

Voilà mes seuls désirs : puissent-ils plaire aux dieux !

! O vallon fortuné , paisibles promenades.

Tout ce Ciste imposant que Paris va m'oITrir,

Ces palais , ces jardins et leurs tristes Malades ,

Du besoin de vous voir ne me sauraient guérir;

Entre vos monts altiers , au bruit de vos cascades. Que ne m'cst-il donné de vivre et. de mourir !

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