DITHYRAMBE
< L'aslre éclalanl du jour a fini sa carrière,
> La mer vient d'englomir ce globe radieux ,
• L'ombre edàce déjà les sillons de lumière
> (jui marquaient dans le ciel son cbeinin glorieux.
> Les feux dont la nuit se décore
• N'ont rien de comparable aux brillantes clartés
> Dont il ébluuiss.ait nos regards enchantés.
> Dieux! ne verrons-nous plus les pompesdcl'aurore
> üu le soleil doit-il encore
> Inviter les humains à ses solennités 1 >
.Vinsi , dans l'ombre immense où se perdait leur voix , Gémissaient les humains, hètes naissants du monde , Cjuand le char du soleil pour la première fois Cioorut s'ensevelir dans l'onde Et livra les vallons , les montagnes , les bois ,
A l’faorreur d'une nuit profonde.
Hais bientôt des mortels dissipant les douleurs , L'astre consolateur chasse la nuit obscure :
■ Reprends, dit-il à la nature,
> Reprends ta forme et tes couleurs.
> Vallons, couvrez-vous de verdure;
> Que l'émail du printemps renaisse sur les fleurs,
• Que de l'or des moissons la terre sc couronne,
> Qu'un pavillon d'azur s'étende dans les deux;
■ Et vous, devant mon char que la gloire environne, > Mortels, baissez les yeux! >
Le soleil , vainqueur des ténèbres ,
Aux humains fut ainsi rendu :
Qui peut rendre à nos cris funèbres L'astre que nous avons perdu ?
Le flainbean renaissant du monde Peut de sa lumière féconde L'cmlicllir et le ranimer ;
! Nous seuls avons droit de nous plaindru ,
Et l'astre qui vient de s'éteindre i Ne doit jamais sc rallumer.
j On a vu des clartés légères ’ .\pparaitre un moment sur l'abîme des Ilots ;
X peine on distinguait ces lueurs passagères ,
, Et leurs feux expiraient aux yeux des matelols
Mais toi , qui t'élevas par delà le tonnerre , j Du soleil auguste rival ,
. I Comme lui tu brillais en éclairant la terre,
{ Et tu niarcliais d'un pas égal !
Vainement un orage, éclatant sur nos tètes.
Voulut de tes rayons obscurcir tous les traits.
' Fidèle dans sa route, an milieu des tempêtes,
! Ton char ne dévia jamais ; j Une splendeur divine a marqué son passage,
I Et rétcmclle nuit fut ton premier nuage.
Tandis que ma douleur s'exhale en vains adieux , D'où vient qu'à mon oreille une douce liarinonie Apporte dos accents joyeux ?
D'où vient que, sans respect pour le deuil du génie, Elle insulte à ces pleurs qui tombent de nos yeux?
I Pardonnez, troupe divine ,
Qui sur la double colline I Formez ce riant concert ;
Je vois roiubrc fortunée Que vos mains ont couronnée.
Et dont vous chantez les vers.
j Vous lui montrez ces demeures,
I Où, charmant le cours des heures Par de folâtres amours .