‹ Œuvres complètes de Casimir DelavigneChapitre 80 sur 669 · DITHYRAMBE · texte numérisé non relu

DITHYRAMBE

< L'aslre éclalanl du jour a fini sa carrière,

> La mer vient d'englomir ce globe radieux ,

• L'ombre edàce déjà les sillons de lumière

> (jui marquaient dans le ciel son cbeinin glorieux.

> Les feux dont la nuit se décore

• N'ont rien de comparable aux brillantes clartés

> Dont il ébluuiss.ait nos regards enchantés.

> Dieux! ne verrons-nous plus les pompesdcl'aurore

> üu le soleil doit-il encore

> Inviter les humains à ses solennités 1 >

.Vinsi , dans l'ombre immense où se perdait leur voix , Gémissaient les humains, hètes naissants du monde , Cjuand le char du soleil pour la première fois Cioorut s'ensevelir dans l'onde Et livra les vallons , les montagnes , les bois ,

A l’faorreur d'une nuit profonde.

Hais bientôt des mortels dissipant les douleurs , L'astre consolateur chasse la nuit obscure :

■ Reprends, dit-il à la nature,

> Reprends ta forme et tes couleurs.

> Vallons, couvrez-vous de verdure;

> Que l'émail du printemps renaisse sur les fleurs,

• Que de l'or des moissons la terre sc couronne,

> Qu'un pavillon d'azur s'étende dans les deux;

■ Et vous, devant mon char que la gloire environne, > Mortels, baissez les yeux! >

Le soleil , vainqueur des ténèbres ,

Aux humains fut ainsi rendu :

Qui peut rendre à nos cris funèbres L'astre que nous avons perdu ?

Le flainbean renaissant du monde Peut de sa lumière féconde L'cmlicllir et le ranimer ;

! Nous seuls avons droit de nous plaindru ,

Et l'astre qui vient de s'éteindre i Ne doit jamais sc rallumer.

j On a vu des clartés légères ’ .\pparaitre un moment sur l'abîme des Ilots ;

X peine on distinguait ces lueurs passagères ,

, Et leurs feux expiraient aux yeux des matelols

Mais toi , qui t'élevas par delà le tonnerre , j Du soleil auguste rival ,

. I Comme lui tu brillais en éclairant la terre,

{ Et tu niarcliais d'un pas égal !

Vainement un orage, éclatant sur nos tètes.

Voulut de tes rayons obscurcir tous les traits.

' Fidèle dans sa route, an milieu des tempêtes,

! Ton char ne dévia jamais ; j Une splendeur divine a marqué son passage,

I Et rétcmclle nuit fut ton premier nuage.

Tandis que ma douleur s'exhale en vains adieux , D'où vient qu'à mon oreille une douce liarinonie Apporte dos accents joyeux ?

D'où vient que, sans respect pour le deuil du génie, Elle insulte à ces pleurs qui tombent de nos yeux?

I Pardonnez, troupe divine ,

Qui sur la double colline I Formez ce riant concert ;

Je vois roiubrc fortunée Que vos mains ont couronnée.

Et dont vous chantez les vers.

j Vous lui montrez ces demeures,

I Où, charmant le cours des heures Par de folâtres amours .

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