AMÉLIE. LORÉDAN
LORÊDAIV.
Oubliez mon oiïensc, ei partagez ma joie...
Quel nuage soudain sur vus traits se déploie !
aiiZlii. I
Dans les austérités d'un asile pieux . !
Morte à de faux plaisirs, cachée à tous les yeux. i Que ne puis-je. le front courbé dans la poussière. | l'inir mes tristes jours consumés en prière? j
lohZda?«.
Dieu! quel vœu formez-vous? et qui peut mériter | Des pleurs que de mon sang je voudiais racheter?
AVCLIB.
Hélas! vous savez trop si j'ai droit d'en répandre.
LURÉDAn. j
J'explique leur langage et crains de vous comprendre. ' Oui . malgré nos liens, vos devoirs, vos serments, ! Je doute encor... l^laigiiez l’horreur de mes tourments. Oui , quand de nos guerriers l'essaim vous environne, i A de noires terreurs mon esprit s'abandonne;
Sans cesse je vous suis d'un regard curieux,
Au sein de nos tournois, dans ces murs, en tous Iicu.x. Aux degrés de l’autel arrosés pr vos larmes.
Je porte près de vuus mes brûlantes alarmes;
Je m'indigne, en voyant ce tribunal de Dieu j
Où le pardon du crime est le prix d'un aveu , |
Qu'un mortel, quel que suit sou sacré caractèrt*, I Reste de vos chagrius le seul dépositaire Kt qu'à votre frayeur il ail droit d'arracher l'n secret qu'à l'amour voire cœur peut cacher.
Muntfort même est l’olijet de ce triste délire : !
Cest à vous qu'il consacre et son glaive et sa lyre; S'il vous chante, ses vers ont un charme plus doux; Qu'il combatte à vos yeux cl tout cède à scs coups. Je n'en puis plus douter , je sais qu'il vous adore ;
Je le sais... Esl-il vrai? l'ignorez-vous encore?
En proie à la fureur de mes soupçons jaloux ,
Je tremblais que Montfort... Madame, qu’avez-vous ?
AltLIE.
Moi, seigneur!
LOEÉDAIf.
A ce nom vous cliangcz de visage!
AlSUB.
Ah! c'est trop m’abaisser à souffrir un outrage ; J'ai honte du reproche où vous vous emportez , Je dois me l’épargner , et je veux...
loiXdaix.
Arrêtez...
Qu'aujourd'bui.qu'à l'insiant.si mon malheur vous U>u- L'arrêt de mon rival sorte de votre bouche! [ebe, 11 le faut : c'csi de vous qu'il doit le recevoir;
Vous seule vous pouvez lui ravir tout espoir.
Blessez, pour le guérir, sa fierté trop sensible ;
Un amour dédaigné cesse d'être invincible.
.M.idame, dilcs-lui qu'il prétendrait en vain S'armer contre mes droits du pouvoir souveraio, M'arrachcr votre main à la mienne encliatnée; Nominez-lui votre époux, hâtez notre hyménéc.
AXUlE.
Qu'ordonnez-vous, grand Dieu? Moi lui dire... Ah sci- Qu'aitendcz-vous de moi ? [gneur !
LORE0A*f.
iMon repos, mon bonheur.
Vous détournez les yeux, vous gardez le silence...
Et vous voyez Montfort avec indifférence?
Je n'examine plus pourquoi vous hésitez.
Je n'exige plus rien; je vous laisse... Écoutez :
Vous savez quel empire il a pris sur mon âme;
l'ardente amitié qui tous deux nous enflamme Je puis tout immoler sans regret, sans effort,
Tout, hors ce bien suprême où j’attache mon sort.
Je le chéris lui seul après vous et mou père;
C'est l’ami de mon choix, c’est mon hùle et mon frère; Mais si dans un ami je dois craindre un rival , fremblez qu'à l'un de nous ce jour ne soit fatal.
SCÈM* V.
AMÉLIE
De sou injuste empire il m’accable d’avance;
Il roininaiKle eu tyran, il m’accuse, il m'ofreiisc.
LES VÊPRES SICILIENNES. — ACTE 1
Ob! que lie notre hymen le joug sera pesant ! Dans les soins de Montfort quel respect séduisant t De ta mort , Conradin , il ne fut pas complice... Qu'ai-je dit? Ne crains pas que ton sang s'arilisse; La colère des cieux consumera ta sœur,
Plutdl qu'un tel secret s'échappe de son cœur.
Au pied de tes autels ,^6 mon souverain maître. Rends la force A ce cœur honteux de se connaître ! J’y cours : que la vertu m'élève è cet effort De remplir mes serments, de détromper Montfort !
Le faible doit trouver dans ta bouté suprême L'appui que sa raison cherche en vain dans soi-mciue.
\CTE ÜEI XIEME