C.VSTON
I Des exemples pieux, des leçons de Louis,
Les souvenirs pour vous sont-ils évanouis?
Ou parmi scs vertus votre âme ardente et Aère I Ne sut-elle admirer que la valeur guerrière?
Ail! si vous l’aviez vu de scs royales mains Forcer devant Tunis les rangs des Africains!
' Combien plus redoutable à sa jeune noblesse,
' De scs sujets contre elle il soutint la faiblesse !
Les plaintes des hameaux s'élevaient jusqu'à lui.
; Pour écouter les pleurs du pauvre sans appui.
D'un chêne encore fameux l’ombrage tutélaire I Semblait à sa justice un digne sanctuaire.
Et l’amour de son {iciiplo heureux de rctilourcr, ixi plus sublime encens qu'un roi pût respirer.
Tels étaient scs plaisirs; cependant la naissance D'un droit presque divin consacrait sa puissance;
Et nous, que lu fortune a seule couronné.^,
1,ES VÊPRES SICILIEN NES. - ACTE II
Sur un trône conquis , d ccucils enTÎronnés ,
Nous croyons b justice une vertu vulgaire.
Il nous semble plus grand , surtout plus téméraire , Quand un empire entier cherche en nous son recours, De braver ses douleurs que d'en tarir le cours.
■OSTrOIT.
Gaston !
GVSTOS.
Tous ces rivaux , dont l’imprudente ivresse Eu partageant vos goûts les flatte et les caresse.
Aux frivoles amours sans frein abandonnés.
Essayant sur le luth des citants efleminés...
aOSTFORT.
Un tel délassement nuit-il à leur courage?
Je plains l'austérité d'une vertu sauvage ,
Sans pitié pour les arts , ornements de lu paix ,
Et dont l'éclat tranquille ennoblit ses bienfaits.
Ne peut-on aux exploits qui donnent la victoire Unir le soin plus doux d'en célébrer la gloire?
Cet espoir les excite et plaît à leur fierté ,
Il enflamme la mienne; oui, la postérité Dira que les enfants des bords de la Durance Ont offert les premiers cette heureuse alliance ,
Et saura respecter aux mains de ces guerriers Ud luth que leur vaillance a couvert de lauriers.
OASTOS.
Pendant ces jeux trompeurs qu'un vain délire anime, La Sicile murmure et sent trop qu’on l'opprime.
Des pontifes divins le pouvoir respecte Plie en se débattant sous notre autorité ;
Prompte à nous censurer , leur adroite éloquence Ressaisit par degrés sa première influence ;
D'un fanatisme ardent le peuple est possédé ;
Par les grands soutenu, par leurs conseils guide,
Il s'essaye à braver un sceptre qui lui pèse ,
Il s'agite sans but, il s'irrite, il s’apaise :
Cet esprit inquiet , ces vagues mouvements Sont les avant-coureurs de grands événements :
Du nom de Procida souvent il nous menace ;
De ce lier citoyen je redoute l’audace.
Ne peut-il nous tromper par un retour prochain?
On dit qu'il a juré de venger Conradin ;
Oo dit...
HOSTFORT.
Dans tous les temps la rumeur populaire Excita mes mépris bien plus que ma colère.
Irai-je, recueillant ces discours mensongers.
Quand tout semble tranquille inventer des dangers , Suivre de mers en mers un sujet qui s'exile.
Pour exhaler sans crainte une liainè inutile?
I Lui , qu’il ébranle un joug par le temps alfernii!
Vain projet! Lorédan n’est-il pas mon ami?
J'aime à me reposer sur sa reconnaissance.
Je le plains , si jamais, trompant ma confiance.
Il tente... A ce penser puis-je encor m'arrêter ?
' Un faux bruit répandu doit peu m'inquiéter ;
Et si nous concevons de plus justes alarmes.
Nous sommes tous F rançais, et nous avons des armc.s !
j OASTOS.
Eh ! que sert la valeur contre b trahison ?
Comment se garantir des poignards, du poison , j Des complots meurtriers tramés dans le silence?
Plus docile aux avis de mon expérience...
I KOSTFORT, Apercevant Cl i»rluce*<c.
I 11 suffit, cher Gaston ; de ces grands intérêts, j Par un devoir pressant mes esprits sont distraits.
! Sommes-nous descendus à ce point de détresse.
Qu’il faille pour l’État craindre et veiller sans cesse ? Plus tard, libres de soins, demain, dans quciqucsjours. Nous pourrons à loisir poursuivre ce discours.