‹ Œuvres complètes de Chamfort (volume 2)Chapitre 101 sur 106 · LETTRE XV · texte numérisé non relu

LETTRE XV

Paris , i*'^ janvier 1788.

J'irai vous porter ce matin, mon cher Chamfort , les ^œux d'un ami fidèle, affectueux, dévoué , et qui n'aspire aux jouissances d'une fortune indépendante que pour prouver à vous et à Ein très-petit nombre d'autres mortels, que si jusqu'alors il ne jouissait pas assez du charme de leur société , c'est qu'il ne jouissait pas de luimême, et que, pour disposer de son âme, dc; ses principes, de ses talens , il s'était vu obligé d'immoler son temps et ses goûts personnels.

Je passerai donc chez vous , mon ami ; mais comme vous pourriez être en course pour les devoirs du jour , je vous prie , par ce billet, de me prévenir si la lettre que vous destinez à la consolation de M. Cérutti sera prête assez tôt pour pouvoir trouver place dans le numéro qui paraîtra vendredi , il faudrait pour cela que je l'eusse

DE CHA.MFORT. /j35

mercredi soir au plus tard. Ma question a pour motif, moucher Ghamfort, d'abord la nécessité de pourvoir d'avance à nos mélanges, ensuite le désir de faire ce que vous m'avez persuadé être équitable et décent , assez à temps pour que la sensibilité de M. Cérutti en reçoive un adoucissement , et non un double choc , ce qui arrive td\ijours dans les querelles renouvelées.

Bon jour, mon très-bon ami , L. G. D. M.

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