L'ABBÉ CHAULIEU ET LE CARDINAL BERNIS
Chaulieu, disciple d'Epicure,
Et des grâces heureux amant,
Quand tu chantais si tendrement
Ces vers , enfansde la nature ,
Qui t'inspirait? le sentiment.
O toi, qui veux suivre ses traces ,
Abbé galant et délicat,
Dont les pinceaux donnent aux grâces.
Cet air coquet de ton état ,
Qui t'inspire cette finesse,
Ces traits choisis 5 cet agrément.
Qui voilent le raisonnement ;,
Et font badiner la tendresse?
Tu me réponds : le sentiment.
Mais viens sur la verte fougère
Voir folâtrer cette bergère ;
Quelle tendre simplicité !
Son amour lui sert de parure;
Il rend touchante sa beauté ;
On la prendrait pour la nature
Sous les traits de la volupté.
Ne dis-tu pas : telle est la muse
De Chaulicu , cet aimable auteur;
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Il me touche, lorsqu'il m'amuse ; Son esprit ne parle qu'au cœur.
S'il tient en main sa tasse pleine , Il est Bacchus, je suis Silène.
Lorsque sur les lèvres d'Iris , Il cueille ces baisers humides , Dont les plaisirs vifs et perfides Suspendent tous les sens surpris , Et livrent les nymphes timides \ leurs satyres, enhardis , Mon âme s'enivre avec elle, Des torrens de sa volupté.
Je songe... Plus d'une beauté Sait les nuits que je me rappelle.
S'il ccvsse d'être Anacréon, Pour s'instruire chez Epicure , Il détruit la demeure obcure Où l'erreur voyait l'Achéron.
A sa voix mon cœur se rassure.
Et mes plaisirs bravent Pluton, Plus froid , éblouis davantage; lîernis , je vois dans ton ouvrage Autant d'éclat et moins d'appas ; Ton esprit obtient mon suiïrage, Mais mon cœur ne le donne pas.
Ta muse est l'adroite ëbquette Qui sait placer un agrément, Faire jouer un diamant, FcmrTie adorable, un peu caillette Toujours en habit arrangé^ Possédant l'art de la toilette ^ Et redoutant le négligé.
DE CUAMFORT. 11']
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