‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 184 sur 276 · LA FORÊT · texte numérisé non relu

LA FORÊT

Forêt silencieuse, aimable solitude,

Que j'aime à parcourir votre ombrage ignoré!

Dans vos sombres détours, en rêvant égaré, J'éprouve un sentiment libre d'inquiétude! :

Prestige de mon cœur! je crois voir s’exhaler

Des arbres, des gazons, une douce tristesse :

Cette onde que j'entends murmure avec mollesse, Et dans Je fond des bois semble encor m'appeler, Oh! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière Ici, loin des humains! — Au bruit de ces ruisseaux, Sur un tapis de fleurs, sur l'herbe printanière, Qu'ignoré je.sommeille à l'ombre des ormeaux! Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles : Ges genêts, ornements d’un sauvage réduit,

Ge chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit, Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles. Forêts, dans vos abris gardez mes vœux offerts!

À quel amant jamais serez-vous aussi chères?

D’autres vous rediront des amours étrangères :

Moi de vos charmes seuls j’entretiens vos déserts !,

ITT.

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