‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 207 sur 276 · POUR LE MARIAGE DE MON NEVEU · texte numérisé non relu

POUR LE MARIAGE DE MON NEVEU

Au Ménil, 1812.

L’autel est prêt; la foule l’environne :

Belle Zélie, il réclame ta foi.

Viens, de ton front est la blanche couronne Moins virginale et-moins pure que toi.

J'ai quelquefois peint la grâce ingénue Et la pudeur sous ses voiles nouveaux :

Ah ! si mes yeux plus tôt t’avoient connue, On auroit moins critiqué mes tableaux.

Mon cher Louis, chez la race étrangère Tu n'iras point t’'égarer comme moi :

À qui la suit la fortune est légère;

Il faut l’attendre et l’enfermer chez soi.

Cher orphelin, image de ta mère,

Au ciel pour toi je demande ici-bas

Les jours heureux retranchés à ton père Et les enfants que ton oncle n’a pas.

Fais de l'honneur l’idole de ta vie; Rends tes aïeux fiers de leur rejeton, Et ne permets qu’à la seule Zélie Pour un moment de rougir à ton nom.

Int, 36

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POUR LA FÊTE DE MADAME DE ***, Verneuil, 1812,

De tes amis vois la troupe fidèle

Pour te fêter s'unir à tes enfants :

Tu nous parois toujours fraîche et nouvelle Comme la fleur qu'ils t'offrent tous les ans.

Par la vertu quand la grâce est produite,

Son charme au temps ne peut être soumis ;

Des jours pour toi nous seuls marquons la fuite : Tu restes jeune avec de vieux amis.

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