Prise ici pour le monstre marin d'Andromède
Usurpateur ? Mal fécondé, L'illustre champ de ta victoire Devoit-il renier la gloire
Du vieux Cid et du grand Condé?
Racontez, nymphes de Vincenne, Racontez des faits inouïs !,
Vous qui présidiez sous un chêne
À la justice de Louis!
Oh! de la mort chantre sublime ?, Toi qui d’un héros magnanime Rends plus grand le grand souvenir, Quels cris aurois-tu fait entendre, Si, quand tu pleurois sur sa cendre, Ton œil eût sondé l’avenir?
Le vieillard-roi dont la clef sainte De Rome garde les débris
N'a pu, dans l’éternelle enceinte, À son front trouver des abris.
On peut charger ses mains débiles De fers ingrats ?, mais inutiles, Car il reste au juste nouveau
La force de sa croix divine, :
Et de sa couronne d'épine,
Et de son sceptre de roseau..
Triomphateur, notre souffrance
Se fatigue de tes lauriers ;
Loin du doux soleil de la France
Devois-tu laisser nos guerriers 4?
La Duna, que tourmente Éole,
Au Neptune inconnu du pôle
Roule leurs ossements blanchis,
Tandis que le noir Borysthène > Va conter le deuil de la Seine + Aux mers brillantes de Colchis.
A l'avenir ton âme aspire; Avide encore du passé,
4. Mort du duc d’'Enghien. 2. Bossuet, 3. Le pape à Fontainebleau, 4. Campagne de Moscou,
Ta veux Memphis du temps l'empire Par l'aigle sera traversé.
Mais, Napoléon, ta mémoire
Ne se montrera dans l’histoire
Que sous le voile de nos pleurs :
Lorsqu’à t'admirer tu m'entraînes, La liberté me dit ses chaînes,
La vertu m'apprend ses douleurs.