‹ Œuvres complètes de Chateaubriand (volume 2)Chapitre 209 sur 276 · Prise ici pour le monstre marin d'Andromède · texte numérisé non relu

Prise ici pour le monstre marin d'Andromède

Usurpateur ? Mal fécondé, L'illustre champ de ta victoire Devoit-il renier la gloire

Du vieux Cid et du grand Condé?

Racontez, nymphes de Vincenne, Racontez des faits inouïs !,

Vous qui présidiez sous un chêne

À la justice de Louis!

Oh! de la mort chantre sublime ?, Toi qui d’un héros magnanime Rends plus grand le grand souvenir, Quels cris aurois-tu fait entendre, Si, quand tu pleurois sur sa cendre, Ton œil eût sondé l’avenir?

Le vieillard-roi dont la clef sainte De Rome garde les débris

N'a pu, dans l’éternelle enceinte, À son front trouver des abris.

On peut charger ses mains débiles De fers ingrats ?, mais inutiles, Car il reste au juste nouveau

La force de sa croix divine, :

Et de sa couronne d'épine,

Et de son sceptre de roseau..

Triomphateur, notre souffrance

Se fatigue de tes lauriers ;

Loin du doux soleil de la France

Devois-tu laisser nos guerriers 4?

La Duna, que tourmente Éole,

Au Neptune inconnu du pôle

Roule leurs ossements blanchis,

Tandis que le noir Borysthène > Va conter le deuil de la Seine + Aux mers brillantes de Colchis.

A l'avenir ton âme aspire; Avide encore du passé,

4. Mort du duc d’'Enghien. 2. Bossuet, 3. Le pape à Fontainebleau, 4. Campagne de Moscou,

Ta veux Memphis du temps l'empire Par l'aigle sera traversé.

Mais, Napoléon, ta mémoire

Ne se montrera dans l’histoire

Que sous le voile de nos pleurs :

Lorsqu’à t'admirer tu m'entraînes, La liberté me dit ses chaînes,

La vertu m'apprend ses douleurs.

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